Dans les bidonvilles parisiens

En France, certains bidonvilles sont accessibles en métro. Les bénévoles de l’association Agir pour la santé des femmes s’y rendent régulièrement pour accompagner les grossesses de femmes rroms, ces oubliées de la santé publique. Reportage.

© Géraldine Magnan

Debout devant sa cabane, Isabella* conserve un sourire triste. Oui, elle se sent bien. Non, cette semaine, elle n’a pas eu de contraction. C’est vrai, la veille, elle n’a pas été reçue en consultation à l’hôpital. Elle s’y est pourtant bien rendue, mais on lui a répondu qu’elle n’avait pas de rendez-vous. Coutumiers de ces couacs, les bénévoles de l’association parisienne Agir pour la santé des femmes (ADSF) ne s’en étonnent même plus. Depuis quatre mois, ils rendent régulièrement visite aux femmes de ce camp rrom de Saint-Denis (93), en lisière de Paris, à deux minutes à pied d’une station de métro. Objectif principal : assurer un suivi de grossesse minimal, en incitant et accompagnant les patientes à rejoindre le droit commun. A chacune de ses maraudes, l’association compte trois bénévoles : une sage-femme, un gynécologue ou une infirmière puéricultrice, ainsi qu’un travailleur social et un logisticien. Dans ces bidonvilles, les besoins des femmes et des enfants sont énormes. « Sans nous, la grossesse de cette femme ne serait pas suivie », chuchote…

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