Morts maternelles, au-delà des chiffres

La France est l’un des rares pays au monde à disposer d’un comité d’enquête sur la mortalité maternelle qui documente et expertise chaque décès en détail. Son rapport sur la période 2010-2012 vient d’être rendu public, soulignant les progrès réalisés et les marges d’améliorations possibles en termes de qualité des soins.

Entre 2007-2009 et 2010-2012, le taux de mortalité maternelle est resté stable en France : 10,3 décès pour 100 000 naissances vivantes ont été enregistrés sur les deux périodes. C’est ce qu’indique le cinquième rapport de l’Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM) rendu public en septembre. Ce chiffre général, qui va retenir l’attention du plus grand nombre, cache en réalité les évolutions diverses des causes de décès et de la qualité des soins. AUDIT QUALITÉ « La mort maternelle, et cela est très particulier par rapport à d’autres indicateurs, est considérée comme un événement sentinelle qui signe un dysfonctionnement du système de soin, explique Catherine Deneux-Tharaux, responsable de l’ENCMM à l’Inserm. Il est d’autant plus important qu’on note un retard considérable à la mise en place d’un indicateur global de morbidité maternelle sévère. » Cela fait près de dix ans qu’un indicateur de morbidité est discuté dans la littérature internationale, sans qu’une définition consensuelle soit encore trouvée. « Bien que toutes les morts maternelles ne soient pas évitables,…

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