Pratiques

  • Les mémoires récompensés à Evian

    Les mémoires récompensés à Evian

    Le Grand Prix Evian des écoles de sages-femmes (ESF) soufflait cette année ses 25 bougies. Autant d’années qui ont rendu ce rendez-vous incontournable pour la profession. D’une part, les mémoires présentés sont censés représenter ce qui se fait de mieux dans les écoles. C’est aussi une occasion de rencontres informelles dans un cadre luxueux et paisible. En période de rentrée, les sujets de débats ou d’échanges ne manquent pas pour les représentants des associations invitées et les responsables d’écoles. Temps forts Comme le veut la tradition, la séance inaugurale de ce week-end studieux est en partie consacrée à l’histoire géologique du plateau de Gavot, qui a permis l’éclosion de la source d’Evian, et à la préservation des qualités de son eau aujourd’hui. Puis des exposés thématiques centrés sur la pratique de sages-femmes sont proposés. En partenariat avec le laboratoire Gallia, Hassan Moumin Bahdon, gynécologue-obstétricien à Trappes, a présenté un topo sur la mastite. L’auditoire a …
  • La maison de naissance fait son nid à Nancy

    La maison de naissance fait son nid à Nancy

    La bâtisse historique de la maternité régionale Adolphe-Pinard impose sa stature au visiteur. Elle pourrait presque éclipser la pancarte blanche indiquant la maison de naissance « Un nid pour naître » (UNPN), inaugurée le 30 avril dernier. Situés à l’écart du bâtiment principal, juste séparés des urgences obstétricales par une voie interne, le pavillon et sa pelouse apportent une touche champêtre dans l’austérité ambiante. Les lieux sont calmes. Aucun accouchement n’est en cours. Seule Marie Bichat, une des quatre sages-femmes proposant l’accompagnement global, consulte ce jour-là. Elle nous accueille les yeux pétillants, encore toute à la joie d’avoir vu advenir ce projet tant attendu et de disposer de locaux flambants neufs. Quinze années d’implication Depuis quinze ans, usagers, professionnels et parents militent pour une telle structure. L’association Calin a été créée à cet effet en 2001. Avec la légalisation de l’expérimentation, le mouvement s’est accéléré. En 2012, plusieurs sages-femmes libérales de Meurthe-et-Moselle et de Lorraine pratiquant l’accompagnement …
  • Accueillir l’autre : l’expérience transculturelle bordelaise

    Accueillir l’autre : l’expérience transculturelle bordelaise

    « Nous souhaitions être présents de A à Z en périnatalité ! De la préparation à la naissance à l’accueil du nouveau-né, pour contribuer à rompre l’extrême solitude des femmes migrantes qui n’ont souvent ni réseau familial ni amical. » Ainsi témoigne Estelle Gioan, psychologue clinicienne à la consultation d’ethno-psychiatrie du CHU de Bordeaux et membre de l’association Mana, spécialisée dans la clinique transculturelle. DU PRE AU POST NATAL C’est pourquoi, à partir et à côté de leurs consultations hospitalières, instaurées dans les années 2000 en maternité, les thérapeutes de l’association ont développé plusieurs actions à destination des femmes migrantes. Pluridisciplinaire, leur travail repose notamment sur la qualité de l’interprétariat, pour ne pas passer à côté de la parole de femmes que l’exil fragilise et qui se retrouvent perdues dans notre système. Les femmes migrantes enceintes peuvent bénéficier de cours de préparation à la naissance, de causeries autour de la parentalité, d’ateliers sur l’accueil du nouveau-né après l’accouchement et, …
  • La sexo, c’est d’abord de la physio

    La sexo, c’est d’abord de la physio

    Dis donc, c’était mieux avant la naissance du deuxième. On ne s’éclate plus trop au lit. Tu n’aurais pas une idée ? » « Heu… Comment dire ? Face à cette patiente, je me suis sentie bien nulle ! », confie une sage-femme. « Lors des consultations de post-partum, je pose la question de la reprise de la sexualité, ajoute une de ses consœurs. Les femmes sont nombreuses à évoquer un trouble du désir. Je demande alors si c’était mieux avant. Et quand on me répond “non, avant non plus ce n’était pas terrible”, je me sens vraiment démunie. » « Si ma patiente se plaint au niveau de sa sexualité, je change sa pilule, je donne des compléments alimentaires, mais… en réalité, je ne peux pas l’aider », reconnaît une troisième collègue. En ce matin du mois de mai, seize sages-femmes libérales, venues des départements du Calvados et de la Manche, s’apprêtent à boire …
  • Les gestes qui blessent

    Les gestes qui blessent

    « Depuis que je suis installée en libéral, je passe beaucoup de temps à m’excuser pour la profession », raconte Nicole Andrieu, sage-femme spécialisée en sexologie. Nombreuses sont ses patientes à se plaindre de troubles de la sexualité depuis leur accouchement. Pour la professionnelle, les vécus traumatiques liés aux pratiques en salle de naissance et de consultation sont à prendre en compte. Elle a commencé à lister ces gestes qui blessent. En tête arrivent les touchers vaginaux et les poses de sonde sans demander l’accord de la patiente ni utiliser de lubrifiant. Vient ensuite tout ce qui met à mal la pudeur : le port de la blouse qui ne couvre pas les fesses, les portes laissées ouvertes, les examens sur les étriers en présence de multiples intervenants qui entrent et sortent sans même se présenter, l’orientation de la table vers la porte, les vitres sans tain qui donnent l’impression d’être à la vue de …
  • « Accueillir des patientes handicapées, c’est s’adapter au cas par cas »

    « Accueillir des patientes handicapées, c’est s’adapter au cas par cas »

    Racontez-nous la genèse
du projet…
 Chantal Mathis : A l’été 2013, Christophe Matrat, directeur de la Fondation Saint-Vincent-de-Paul, est entré en contact avec l’Association des paralysés de France (APF), afin de développer un accueil spécifique pour les mères handicapées. Nos équipes se sont tout de suite montrées motivées par ce projet ! Des travaux allaient bientôt être réalisés dans nos locaux, c’était donc l’occasion. Dès le mois de septembre, notre direction s’est rendue à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, pour rencontrer notamment Béatrice Idiard-Chamois, la première sage-femme en France a avoir créé une structure dédiée aux femmes handicapées, et Edith Thoueille, directrice du service de guidance périnatale et parentale pour personnes en situation de handicap (SAPPH) de la Fondation hospitalière Sainte-Marie. Quand avez-vous commencé
à vous y impliquer ?
 C.M. : Six mois plus tard, avec David Sogne, Brigitte Bacquez (responsable de la clinique Sainte-Anne) et des représentants d’APF Alsace, nous avons fait la même visite à …