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Éloïse Lequet : « En devenant sage-femme, on découvre la vulnérabilité des femmes, mais surtout leur force  »

Sage-femme, était-ce une vocation ? Pas vraiment. J’ai toujours été passionnée par la périnatalité, la grossesse, l’accouchement, les bébés… Mais quand j’étais petite, ce que je voulais, c’était être juge des enfants, ou avocate. Le problème, c’était que je ne voulais défendre que les « gentils », pas les « méchants ». On m’a expliqué qu’une avocate ne défend pas que les victimes, mais aussi les coupables. Ma carrière au barreau s’est arrêtée là. « Quand j’étais petite, ce que je voulais, c’est être juge des enfants, ou avocate » Parmi les bébés que vous mettez au monde, certains deviendront peut-être de grands criminels… Ah ah, c’est sûr. Mais l’avantage, c’est qu’on ne le sait pas encore ! Ils viennent au monde sans casier judiciaire… Pour conclure sur le droit, ça m’aurait sans doute plu, notamment ce qui touche aux violences faites aux femmes ou à la défense des enfants. Ce sont des sujets que l’on retrouve dans nos vies de sages-femmes, particulièrement en PMI.  Pour ma part, c’est seulement au moment de choisir mon orientation — l’année de ParcourSup — que j’ai choisi de devenir sage-femme. Je me suis renseignée comme j’ai pu et j’ai été séduite. Je n’imaginais même pas y trouver une telle richesse. Dans mon livre, je raconte ce moment où l’on doit choisir alors qu’on ne sait pas encore très bien ce qu’il y a derrière les intitulés de formation. C’est pour cela que je l’ai écrit : donner de la visibilité aux étudiants, un aperçu réaliste, sans filtre, de ce que sont les études et le métier. Vous avez été diplômée en juin 2025 ? Oui, le 20 juin 2025. Et j’ai pris mon poste le 1er juillet, au CHU Amiens-Picardie. Amiens est la ville où j’ai fait mes études. J’avais signé un contrat d’allocation d’études (CAE) avec eux.Le principe, c’est que l’établissement […]

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Marion Vallet, Objectif bébé !

Pourquoi sage-femme ? Je ne crois pas que l’on fasse ce métier par hasard. Dans mon cas, tout s’est joué quand j’avais 14 ans, à la naissance de mon petit frère. J’étais à la maternité, auprès de ma mère, quand une sage-femme est entrée dans la chambre et a simplement demandé : « Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? » Allez savoir ce qui s’est passé dans ma tête, je me suis dit : « C’est ça, je veux être sage-femme ! » C’est dingue, parce que cette dame n’avait rien fait ni rien dit d’extraordinaire. Un coup de foudre mystérieux, en somme, pour un métier dont j’ignorais tout.  Vous n’avez jamais douté ?  Si. En première année de médecine, c’était si difficile que je me suis interrogée : « J’espère que je ne fais pas tout ça pour une lubie. »Ensuite, lorsque j’ai eu médecine, un autre doute est arrivé : puisque j’avais le choix, pourquoi ne pas devenir médecin ? J’avais malgré moi l’impression qu’être sage-femme, c’était peut-être un peu en-dessous, simplement parce que les études étaient plus courtes et le champ de compétences plus étroit. J’avais le sentiment que j’allais me fermer des portes. C’était une idée reçue, je sais, mais qui m’a fait vaciller un temps. Qu’est-ce qui vous a décidé ? Une phrase libératrice. Pendant un stage que j’ai choisi d’effectuer pour mûrir mon projet, un médecin m’a dit : « C’est sûr que si tu choisis sage-femme, tu vas te fermer des portes. Mais en même temps, libre à toi d’être une sage-femme experte. » Ça a été décisif. Je me suis dit : « Je vais faire sage-femme, c’est ce que je veux depuis toujours. Et je deviendrai une sage-femme experte ! »Une sage-femme aussi a de nombreux champs d’expertise possibles. Libre à chacune d’être la sage-femme qu’elle souhaite. Vous avez récemment pris la parole sur les réseaux sociaux, précisément à ce sujet… […]

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Hélène Saulnier, sage-femme, acupunctrice, hypnopraticienne

Pourquoi sage-femme ? À 7 ans, je suis tombée sur une revue Parents – je l’ai toujours (Cf. photo page 11) – où l’on voyait une naissance. À l’époque, les photos étaient moins timorées qu’aujourd’hui, on montrait des images très concrètes. On voyait ce qu’on appelle « le grand couronnement », ce moment où la tête du bébé sort et dilate complètement le périnée. Là ou plein d’autres petites filles auraient dit « beurk », j’ai dit : « C’est ça que je veux faire ! » Cette fascination ne m’a jamais quittée. Encore aujourd’hui, à chaque naissance, à chaque « couronnement », c’est une émotion très particulière. C’est comme si je perdais ma technicité, ou plutôt comme si je la dépassais. Un autre espace s’ouvre à moi, à chaque fois.  Comment avez-vous vécu vos études à l’école de sages-femmes ? Tout conspirait pour que je devienne sage-femme. Ou peut-être ai-je simplement été chanceuse ! J’ai eu le concours directement, dans ma ville, à Nantes. J’ai commencé l’école en 1989. Une brochure trouvée dans un centre d’orientation disait : « Sage-femme : se taire pour apprendre ! » Ça parait curieux aujourd’hui, mais ça me correspondait bien. J’étais un bon petit soldat, éduquée très tôt à l’abnégation.J’ai vu des copines sages-femmes se rebeller pendant leur cursus, face aux rigidités, contre la façon dont nous étions traitées… Moi ça m’allait, je ne connaissais pas autre chose. J’ai fait mes quatre ans sans difficulté, à un incident près : en salle d’accouchement, un duo de sages-femmes terrorisait les étudiantes. Leur réputation était épouvantable, pour rien au monde il ne fallait tomber sur elles. Quand j’ai su que ma première garde serait avec ce duo, j’en ai fait un zona. Je n’ai pas pu aller en salle d’accouchement avec elles. Mon corps m’a sauvé. À part ce hic de démarrage, j’ai apprécié mes études. J’ai surtout rencontré des sages-femmes extraordinaires, dont une […]

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Anna Roy, sage-femme, autrice et chroniqueuse engagée pour la santé et les droits des femmes

Anna Roy est sage-femme libérale, autrice et chroniqueuse dans l’émission Les Maternelles. On peut actuellement l’écouter sur Radio France (ICI) dans le podcast Bouffées de chaleur. Pour Profession Sage-Femme, elle s’interroge sur les pistes qui permettent d’éviter le burn-out. Pas simple… Est-ce possible de ne pas s’oublier quand on est sage-femme et femme ? Franchement, c’est impossible ! On est un métier du care : on est des femmes qui s’occupent de femmes. On est des femmes qui ont elles-mêmes des problématiques de femmes où elles s’oublient elles-mêmes. La mécanique ne peut pas être pire.                               C’est quoi le plus difficile pour une sage-femme libérale ou mixte ?  Je sais que ce n’est pas toujours pareil pour mes consœurs, mais je dirais la charge mentale. Alors, ce n’est pas du tout une façon d’infantiliser les femmes de dire ça, mais j’ai l’impression, avec mes patientes, que j’ai cinquante enfants. Et ce n’est pas parce que ce sont des enfants, pas du tout, mais c’est parce que ce sont cinquante sujets de préoccupation à part entière. On est beaucoup plus en lien, beaucoup plus proches de nos patientes. Et elles sont souvent dans des moments de grande vulnérabilité. Et donc, c’est très difficile, voire impossible, d’être dans la distance et dans le…« je m’en fiche ». Et dans le « à la fin de ma consultation, c’est la fin de ma consultation ». Nos vies intimes sont vraiment percutées par notre exercice professionnel, parce qu’on a des messages à toute heure. On doit s’adapter, s’arranger tout le temps. C’est de la contorsion permanente. Beaucoup de sages-femmes donnent leur 06. C’est très rare chez les autres soignants… Au début de ma pratique, j’étais pleine de bonnes intentions et j’avais deux téléphones. Mais en fait, ça ne […]

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Jean-Daniel Henry, sage-femme et photographe

Comment es-tu venu au métier de sage-femme ? En classe de seconde, il a fallu décider de mon orientation. Le soin et l’humain, c’était ça le plus important pour moi. J’ai pensé devenir médecin, plutôt pédiatre, en fait. J’aime la relation avec l’enfant. Un enfant, si tu lui dis « ça va pas faire mal » et que ça fait mal, c’est fini : tu ne peux plus le soigner, la relation de confiance est cassée. En découvrant le parcours du combattant que sont les études de médecine, j’ai déchanté : externat, internat, examens, classement… Ce classement qui va déterminer ce que tu vas faire toute ta vie. J’y ai vu surtout le risque d’un gros plantage et d’une grosse déconvenue. Une telle dose d’incertitude était compliquée pour moi. C’est en échangeant avec une amie de mes parents, sage-femme, que la solution m’est venue. À partir de la seconde, j’ai su où j’allais : je serais sage-femme ! J’ai passé mon concours après une prépa en terminale, le dernier concours de Paris, puis j’ai intégré l’école de Saint-Antoine. En général, c’était un homme par promo. Sur la mienne et celle d’après, on était deux, deux mecs dans une classe de 30-35.  Tes études se sont bien passées ? On m’avait dit : « Fais pas tes stages à Saint-Antoine, les sages-femmes sont pas sympas ». Il faut croire que j’ai été chanceux, la plupart étaient très sympas. Et puis les gynécos m’aimaient bien, ils me laissaient faire des trucs que normalement les étudiants ne font pas. Franchement, ça s’est bien passé pour moi. Et une fois ton diplôme en poche ? J’ai bossé trois mois d’été à l’hôpital Antoine–Béclère. Ils n’avaient pas assez de postes à pourvoir, alors je suis allé à Créteil, maternité de type 3 également : de la pathologie, de la pathologie, encore de la pathologie… C’était mon choix, je voulais […]

Meliya, sage-femme à mi-temps dans l’humanitaire
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Meliya, sage-femme à mi-temps dans l’humanitaire

Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir sage-femme ? Quand j’étais enfant, je regardais la série « Docteur Quinn, femme médecin ». Je trouvais cette femme de caractère géniale ! Au lycée, j’ai lu un article sur une sage-femme qui travaillait pour Médecins sans frontières (MSF) en Afrique, cela m’a donné envie de faire de l’humanitaire. J’aimais aussi l’idée d’accompagner les femmes dans toutes les étapes de leur parcours gynéco, faire naître la vie, mais aussi participer à cette sororité qui est très importante dans ce métier. J’ai été diplômée à Lyon en 2013.  Qu’avez-vous fait avant votre premier départ en mission humanitaire à l’étranger ? En quatrième année de formation, je suis allée faire un stage au Sénégal, deux mois dans un hôpital. Cela a confirmé mon envie de découvrir d’autres manières de travailler et de rencontrer des personnes aux parcours de vie différents. Avant de pouvoir prétendre à une mission humanitaire avec une ONG, il faut avoir déjà exercé en France pendant au moins trois ans.  J’habite en Haute-Savoie, près de la frontière italienne, beaucoup de personnes exilées passaient par la montagne, j’ai donc participé à plusieurs actions en tant que bénévole (maraudes, cours de français…). En 2017, j’ai décidé de partir deux mois avec Gynécologie sans frontières, dans la « jungle » de Calais. C’était aussi du bénévolat, mais j’étais logée et nourrie.  Notre équipe avait une petite clinique mobile, on faisait des soins de première nécessité dans les camps, auprès des femmes et des enfants, mais aussi, parfois, des hommes. Je m’occupais également des femmes qui pouvaient avoir des infections gynécologiques, des infections urinaires… Ou encore des consultations de base pour les femmes enceintes. On apportait aussi un soutien psychologique par rapport aux violences qu’elles avaient pu subir durant leur parcours migratoire. Cela m’a révoltée de réaliser que des humains pouvaient vivre dans […]

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Élise Bertheau, sage-femme échographiste

Pourquoi sage-femme ? J’ai toujours voulu travailler dans le milieu médical. C’est une curiosité d’enfant qui ne m’a jamais quittée. Quand j’étais petite, chaque fois que j’allais chez le docteur, je ressortais en disant : « Je serai docteur ». Adolescente, j’ai eu à faire avec un chirurgien et mon projet a changé : « Je serai chirurgienne ». C’est vers 15 ans que j’ai compris que sage-femme me correspondait davantage. Il y avait le côté médical, mais aussi la proximité avec les patientes dans des moments clés de leur vie. Et puis sage-femme est un métier aux multiples facettes : un peu de chirurgie, un peu de technique, beaucoup d’humain. Quand j’étais en classe de première — à cent mètres d’ici — nous devions faire un exposé annuel et j’avais choisi l’échographie fœtale. J’étais déjà fascinée par ces images mystérieuses, venues de l’intérieur du corps.  Comment se sont passées vos études ? C’était le début du passage obligatoire par médecine. Mais c’était clair dans ma tête : « Même si j’ai médecine, je ferai sage-femme ! » Dentaire, je n’y ai même pas pensé. Fidèle à mon rêve de petite fille, je voulais travailler dans un hôpital, c’était le graal ! Finalement, je n’ai pas eu médecine, et j’ai intégré l’école de sages-femmes de Saint-Antoine à Paris, après une première année à la Pitié-Salpêtrière. C’était exigeant, et parfois vraiment difficile, mais j’aimais ça. Et à la sortie, j’ai été embauchée à la maternité de Rambouillet. J’y suis restée de 2009 à 2014, après quoi j’ai travaillé à l’autre bout de Paris dans un grand cabinet libéral. C’était un choix de revenir travailler dans la ville où vous avez grandi ? Pas spécialement. J’étais plutôt attirée par les maternités de niveau 3, j’avais adoré mes stages à Necker et à Trousseau. Mais après plusieurs années de trajets quotidiens pendant mes études, j’étais lasse des trains et métros. Je […]

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Daphné Meyer, sage-femme et réserviste sanitaire

Pourquoi sage-femme ? Je ne parlerai pas de vocation, en ce qui me concerne. À ma sortie du lycée, j’étais dans le brouillard, je ne savais pas ce que je voulais faire. Mes parents travaillaient dans le milieu médical, alors je suis allée vers ce que je connaissais, un peu par mimétisme. À la fin de ma première année à l’université — le tronc commun médecine/dentaire/sage-femme —, je n’ai eu « que » sage-femme… Les jeux étaient faits. J’ai été diplômée en 2012 et j’ai enchaîné six mois à Laval, dans une maternité de niveau 2. Ensuite, je suis partie à -Château-Gontier, une maternité de niveau 1 qui réalise environ 850 accouchements par an. J’y suis restée près de dix ans.  Vous regrettez votre choix professionnel ? Je ne vais pas répéter le mantra habituel : « sage-femme est le plus beau métier du monde, et cætera, et cætera. » Je préfère être transparente : je suis toujours en questionnement. Sage-femme est incontestablement un métier passionnant, enrichissant, où l’on se sent profondément utile. C’est déjà beaucoup ! Mais les conditions d’exercice font qu’au bout d’un moment, on s’épuise. Surtout si l’on s’investit beaucoup, ce qui est mon cas. Autre souci qui m’est propre : j’ai régulièrement besoin de nouveauté, de stimulation intellectuelle, j’ai toujours envie de sortir de ma zone de confort.  Quels ont été les aspects positifs de votre expérience à l’hôpital ?  En premier lieu, je dirais la polyvalence. Dans les maternités de niveau 1, elle est essentielle, car l’équipe est réduite. Les gynécologues sont parfois d’astreinte chez eux. Dans certaines structures, le pédiatre est absent le soir et le week-end, il n’y a pas d’interne… La majorité des grossesses sont, certes, physiologiques, mais quand ça se passe mal, la sage-femme est toute seule. En cas d’hémorragie, par exemple, lorsque chaque seconde compte, c’est elle qui réalise les premiers gestes. En niveau 3, […]

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Valérie Dumoulin-Assimilalo, 141 accouchements accompagnés à domicile (AAD) en cinq ans

À quel âge avez-vous décidé de devenir sage-femme ? C’est une blague bien sûr, mais j’aime à penser que j’ai prononcé ces deux mots en sortant du ventre de ma mère : « Sage-femme ». Et même si ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas tout à fait faux non plus. Très tôt, j’ai voulu m’occuper des bébés, j’étais attirée par les ventres ronds. À 20 ans, j’ai assisté à la naissance de ma sœur, une expérience merveilleuse qui venait confirmer ma vocation. Plus tard, la naissance de ma nièce m’a révélé, à l’inverse, la violence possible autour d’un accouchement. Ces deux expériences opposées ont marqué mon parcours et fondé ma vision du métier. Après avoir obtenu mon bac, j’ai réussi le concours d’entrée en 1991 et commencé mes études à Marseille puis, je les ai poursuivies à Lomme, près de Lille. Ça faisait drôle quand je disais que j’étais à l’école de sages-femmes de Lomme ! J’ai été diplômée en 1995 et j’ai exercé ensuite dans différentes maternités, petites et grandes, afin d’acquérir de l’expérience. J’ai toujours eu à cœur de respecter les souhaits des patientes et de valoriser la physiologie des naissances, souvent moins enseignée que les pathologies. Vous travaillez désormais exclusivement en libéral ?  Oui, j’ai commencé… sous les cocotiers de Polynésie en 2000. J’y avais suivi mon ex-mari militaire et, pour travailler, j’ai accepté de remplacer une sage-femme libérale partie en congé maternité et j’ai adoré ! C’est à Mamao qu’est né mon premier enfant, sous péridurale très dosée, moi incapable de bouger, de l’ocytocine, de grosses anomalies du rythme fœtal, une dilatation du col au doigt, une expression utérine, des forceps et une épisiotomie… Ma fille était sauvée, c’est l’essentiel, mais pour moi les suites ont été très difficiles et longues. Je me suis dit « Plus jamais ça, ni […]

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Sophie Voignier, sage-femme au pays des cigales 

Pourquoi sage-femme ?  Je voulais travailler dans la santé, celle des femmes. Pas seulement pour combattre les pathologies, mais aussi et surtout pour œuvrer dans la prévention, accompagner la physiologie. Les études à l’école de Bourg-en-Bresse m’ont donné la passion ! Le métier de sage-femme est une boule à facettes : je peux faire de la gynéco, pratiquer des accouchements, faire du yoga prénatal, de la nutrition, etc. La palette est très large et c’est ce que j’aime. Je suis curieuse, j’ai besoin d’apprendre encore et toujours.  Parlez-nous de votre parcours ?  Après l’obtention de mon diplôme en 2009, toute jeune sage-femme, je suis retournée dans ma ville natale, à Saint-Étienne. J’ai passé dix-huit mois au CHU, où j’ai travaillé en salle d’accouchement, au bloc césarienne, en maternité et auprès de grossesses à risque, tout en résidant chez mes parents. Mais j’avais la bougeotte, alors je suis partie en Roumanie, à Constanţa, au bord de la mer Noire. Hélas, je n’ai pas pu y exercer en tant que sage-femme, faute de visa de travail. Mais cette période a été très enrichissante quand même. Grâce à un partenariat entre la faculté de droit et santé de Lille et la faculté locale, j’ai pu valider un Master 2 en Droit, Economie et Gestion, mention Politique et Action publique (l’équivalence Master 1 ayant été obtenu en même temps que mon diplôme de sage-femme). Mon mémoire de fin d’études portait sur la comparaison internationale des systèmes de santé, Roumanie et France, sujet très intéressant et encore d’actualité avec le déficit de la Sécurité sociale… ! En effet, il est nécessaire d’évaluer et de surveiller la performance des systèmes de santé pour maximiser les améliorations de la santé et du bien-être sociétal… Mais mon métier me manquait, j’ai préféré retourner sur le terrain ! De retour en France, j’ai travaillé pendant environ […]