Nouveau DU : Psychotrauma et violences faites aux femmes
Actus

Nouveau DU : Psychotrauma et violences faites aux femmes

Organisée en sept modules de deux jours (109 heures), avec quatre modules en présentiel et trois à distance, le programme abordera notamment les liens entre violences faites aux femmes et psychotraumatisme, la prise en soin du trauma, ainsi que les soins trauma-informés en gynécologie, santé sexuelle, obstétrique, périnatalité, santé des femmes hors gynécologie-obstétrique et accompagnement du jeune enfant.  Le DU s’adresse aux médecins, sages-femmes et psychologues, ainsi que, sur dossier, à d’autres professionnels médicaux ou paramédicaux ayant une formation initiale en santé des femmes et en santé mentale. L’évaluation reposera sur un écrit (QCM, QROC, mini-situations cliniques) et sur un cas clinique soutenu à l’oral. Le Comité de coordination pédagogique réunit plusieurs profils hospitalo-universitaires et de terrain, parmi lesquels les docteures Elisabeth Iraola et Priscille Sauvegrain, toutes deux MCU-sages-femmes à l’hôpital Pitié-Salpêtrière et à la Faculté de Santé Sorbonne Université, aux côtés du professeur Jacky Nizard, gynécologue-obstétricien, du professeur Florian Ferrari, psychiatre, du docteur Xavier Benarous, pédopsychiatre, du docteur Sophie Duchesne, gynécologue-obstétricienne et médecin légiste, du professeur Jean-Sébastien Cadwallader, médecin généraliste, ainsi que d’Anne Evrard, co-présidente du Ciane.  Infos et inscriptions

Actus

Les sages-femmes lancent le CLAP pour porter une stratégie commune

Sa feuille de route prévoit notamment la pleine reconnaissance de la profession médicale de sage-femme, son intégration au corps médical et à la gouvernance hospitalière, une juste valorisation économique de l’exercice, le renforcement de sa place dans les soins primaires et le suivi gynécologique de prévention, ainsi qu’une refondation de l’organisation de la périnatalité. Le CLAP défend également des parcours de soins fondés sur la coopération entre professions et la complémentarité des compétences. Il réunit actuellement le CNP-M, l’ONSSF, l’APSF, l’AFSFA, l’ANSFC et l’UNSSF, et a vocation à s’élargir progressivement.

Crevasses précoces et macération
Pratiques

Crevasses précoces et macération : le mieux est l’ennemi du bien 

Introduction  Les douleurs mamelonnaires sont l’une des principales causes d’arrêt précoce de l’allaitement. Si les crevasses sont fréquentes en maternité, elles ne sont jamais normales et signent quasi systématiquement un défaut de positionnement ou un traumatisme mécanique lié à la succion. L’usage de produits gras comme la lanoline est classique, mais son association avec des coquillages peut induire un phénomène de macération, retardant la cicatrisation et augmentant le risque de surinfection. Anamnèse Mme A., primipare, a accouché il y a cinq jours, à terme par voie basse, d’une petite fille Leana*. L’allaitement a débuté précocement, mais des douleurs sont apparues dès J1. À J3, lors de la montée de lait, la douleur devient insupportable (EVA 8/10), rendant les tétées redoutées. L’évaluation initiale révèle la présence de crevasses de stade 3, au centre des mamelons, bilatérales. Les crevasses sont suintantes avec un aspect de peau blanchie et « fripée » (signe de macération). Mme A. applique de la lanoline de manière intensive et porte des coquillages d’allaitement en permanence. Concernant l’examen clinique du nouveau-né, Leana est tonique et a présenté une perte de poids maximale de 8 % avec une reprise de 20 g à J4 jour de la sortie de maternité. L’examen clinique est par ailleurs normal et l’évaluation de la succion n’indique aucun trouble de la succion. Observation de la tétée   Le bébé est positionné en madone classique, face au sein mais son corps n’est pas suffisamment soutenu. La bouche est peu ouverte, la saisie est étroite, ne prenant que le bout du mamelon. Le menton ne touche pas le sein. Le nez est enfoui dans le sein et la mère dégage le nez avec un doigt afin de faciliter la respiration de son bébé.  Évaluation et diagnostic de lactation  Le diagnostic retenu est celui de crevasses mécaniques secondaires à un mauvais […]

Actus

Hoama, l’appli pour aborder l’accouchement avec sérénité

Formée à l’accouchement physiologique, à la naissance naturelle et à l’hypnose médicale, elle propose notamment des techniques destinées à mieux traverser l’intensité du travail et à distinguer douleur et souffrance. L’application s’organise autour de deux périodes : avant et après la naissance. Elle aide notamment les futurs parents à repérer le moment de partir à la maternité et propose des histoires audio guidées, des exercices respiratoires, des mantras, des conseils de mobilité, d’acupression ou de soutien pour l’accompagnant. Après l’accouchement, elle aborde l’alimentation du nouveau-né, les pleurs, le sommeil, le baby blues et les bouleversements du quatrième trimestre. Gratuite et accessible hors connexion, Hoama complète la préparation à la naissance sans remplacer l’accompagnement par la sage-femme, ni l’avis médical.

Rassemblements à l'appel de la Coalition féministe, place Vendôme © SoptVOG
Grand Angle

Loi intégrale contre les VSS et reconnaissance des Violences obstétricales et gynécologiques (VOG), même combat !

« Ce que nous voulons, c’est inscrire les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) dans le Code pénal, car, n’étant pas reconnues, il est difficile de les sanctionner derrière », martèle Grâce Mpondo, fondatrice de l’association Handi Femme épanouie. Tel est l’enjeu majeur de l’ajout du « volet santé »et plus spécifiquement « VOG »au projet de loi intégrale contre les Violences sexistes et sexuelles (VSS).  “ Ce que nous voulons, c’est inscrire les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) dans le Code pénal “ Grâce Mpondo, fondatrice de l’association Handi Femme Épanouie Ce combat s’inscrit dans une lutte plus large contre tout type de VSS. Pour ne donner qu’un exemple, en 2021, 94 % des affaires de viol étaient classées sans suite. Cette impunité massive est aussi prégnante dans le milieu médical pour plusieurs raisons : la figure d’autorité qu’incarne le soignant, les plaintes qui ne sont pas systématiquement relayées par l’Ordre des médecins et le défaut de recueil de consentement, qui est fréquent. Cet environnement crée la confusion chez les victimes, qui ont ensuite du mal à identifier et/ou faire reconnaître les violences médicales qu’elles subissent comme telles. Ces violences restent alors sous les radars de la justice, et même souvent complètement tues, alors qu’elles pourraient, selon une récente enquête, concerner plus d’une personne sur deux.  Le mouvement pour une loi intégrale réussit à se faire entendre  La mort de Lyhanna, début juin, a donné un nouvel élan, porté par la colère, et une visibilité sans précédent à l’action des citoyens, militants et politiciens qui œuvrent à cette nouvelle législation. Résultat : le Premier ministre Sébastien Lecornu s’y est engagé, la loi intégrale sur les VSS sera inscrite à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale début octobre. « Cela fait neuf mois qu’on demande au gouvernement d’avoir une vision systémique en la matière, d’avoir une loi-cadre et de ne plus […]

médecine et justice
Point juridique

Les VSS et la levée du secret médical : évolutions

Les sages-femmes, malgré différentes pratiques instaurées, telle que le questionnement systématique des patientes, restent très seules et peu formées face à ces situations sensibles et dramatiques. Le secret professionnel, la crainte d’aggraver une situation déjà difficile, la méconnaissance du système et des intervenants à alerter sont autant de freins pour le signalement de situations de violences.  Suite à la libération de la parole, et aux évènements tragiques qui s’enchaînent concernant des violences faites aux femmes et aux enfants, une proposition de loi « visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants » a été déposée en décembre 2025. Cette proposition pourrait être examinée à l’automne 2026, et changerait les règles pour les professionnels de santé vis-à-vis du signalement des violences.  Les règles actuelles concernant les sages-femmes  Jusqu’à présent, le secret couvrait « tout ce qui est venu à la connaissance de la sage-femme dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’elle a vu, entendu ou compris ».  La sage-femme ne pouvait (ce n’était pas une obligation) révéler des informations en principe secrètes aux autorités judiciaires, médicales ou administratives que lorsqu’elle avait connaissance de maltraitances, de privations, de sévices ou de violences sexuelles commis sur un mineur ou sur une personne n’étant pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique. Dans ce cas, l’accord de la victime pour ce signalement n’était pas requis.  Pour les personnes majeures, la sage-femme devait obtenir l’accord préalable de la victime avant de signaler, sauf si elle constatait une situation d’emprise et de contrainte morale.  Le Conseil de l’Ordre des sages-femmes est aujourd’hui encore régulièrement saisi de plaintes à l’encontre de sages-femmes, déposées par des compagnons de femmes […]

Actus

Connaissez-vous les « ordonnances vertes » ?

L’ordonnance, signée par une sage-femme, un médecin ou un autre professionnel de santé, sert à attester la grossesse et à ouvrir l’accès au programme.  Entendons-nous, il ne s’agit pas d’un traitement médical ni d’une prestation remboursée par l’Assurance Maladie. En l’absence de programme national, les ordonnances vertes demeurent dépendantes des budgets et des choix politiques locaux. Chaque collectivité adapte librement le contenu, la durée et la tarification.  L’objectif est de limiter, pendant une période sensible du développement fœtal, l’exposition à certaines substances présentes notamment dans les pesticides, les plastiques, les cosmétiques ou les produits ménagers. Les ordonnances vertes visent aussi à améliorer l’accès à une alimentation fraîche et de qualité, tout en soutenant les producteurs biologiques locaux. Né à Strasbourg en 2022, le modèle a depuis inspiré de nombreuses collectivités, mais son déploiement reste très inégal.

image satirique médecin utilise son joker "clause clause de conscience spécifique"
Recherche

IVG : vers la fin de la clause de conscience spécifique ?

Cette clause se présentait ainsi dans le Code de la santé publique : « Un médecin ou une sage-femme n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens ou de sages-femmes susceptibles de réaliser cette intervention. » Plusieurs tentatives de suppression ont échoué. En 2018, la sénatrice Laurence Rossignol avait déposé une proposition de loi, estimant que cette clause servait « à stigmatiser l’avortement » et « culpabilisait les femmes ». L’initiative suivait les propos de Bertrand de Rochambeau, alors président du Syngof, qui avait qualifié l’IVG d’« homicide ». En 2021, sa suppression figurait de nouveau dans la proposition de loi renforçant le droit à l’avortement, mais n’a pas été retenue. Fin 2020, le Comité consultatif national d’éthique avait défendu son maintien, considérant l’IVG comme « un acte médical singulier ». Une première évolution est toutefois intervenue le 31 décembre 2025 : la clause spécifique applicable aux sages-femmes a été supprimée lors de la réforme de leur Code de déontologie. L’Ordre la jugeait « superfétatoire et stigmatisante », les sages-femmes conservant leur droit général de refus de soins. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français demande désormais une évolution comparable pour les médecins. Cette suppression ne les obligerait pas à pratiquer des IVG, puisqu’ils conserveraient leur droit général de refus. Elle mettrait en revanche fin au statut d’exception accordé à l’avortement et à un dispositif susceptible d’entretenir sa stigmatisation. Cette réforme ne suffirait toutefois pas à garantir un accès effectif à l’IVG. Les inégalités territoriales, l’éloignement des structures, la disponibilité des professionnels et les contraintes budgétaires continuent de constituer des obstacles. Sources : Public-Sénat, décembre 2025, Prescrire, juin 2026

Actus

Sur le parking des anges…

Le hasard, justement, a bien fait les choses : la voiture vient de s’arrêter devant un cabinet infirmier et de kinésithérapie. À l’intérieur se trouvent Élise Roy, kinésithérapeute, et Aurélie Nicole, infirmière libérale. Cette dernière n’aurait même pas dû être là : en repos ce jour-là, elle était simplement venue pour son propre rendez-vous de kinésithérapie. Alertées par les cris provenant du parking, les deux professionnelles sortent du cabinet en courant. Elles pensent d’abord devoir porter secours à une personne victime d’un malaise. Mais lorsqu’elles approchent de la voiture, la tête du bébé commence déjà à apparaître. Tandis qu’Élise reste en contact avec le Samu, toutes deux rassurent les parents, trouvent les mots et les gestes nécessaires et accompagnent la naissance jusqu’à l’arrivée des secours. À 16 h 42, Ava pousse ses premiers cris dans la voiture.  « Tout était bien aligné », raconteront ensuite ses parents, bouleversés par cette arrivée aussi imprévisible qu’heureuse. Aurélie et Élise, jusque-là parfaitement inconnues de la famille, sont devenues en quelques instants les deux fées marraines de leur fille.  Pour graver cette rencontre dans le marbre, Laura et Florian ont choisi de donner à leur fille les prénoms de celles qui les avaient aidés : elle s’appelle désormais Ava Aurélie Élise. « On ne veut pas, on ne peut pas les oublier », explique sa mère. L’histoire réserve encore un dernier clin d’œil. Plus jeunes, Aurélie et Élise avaient toutes les deux rêvé de devenir sages-femmes. La vie les avait conduites vers d’autres métiers du soin, mais, le temps d’un après-midi, elle leur a offert l’occasion d’accompagner une naissance. « Le soir, quand je suis montée dans ma voiture, j’avais les larmes aux yeux », confie Élise. Une semaine plus tard, l’émotion restait intacte : « Quand on en parle, on a la chair de poule », ajoutait Aurélie. Ava aura aussi réveillé l’état civil de […]

Couverture dossier de presse de mai 2026 par l'ANESF : Enquête bien-être des étudiants sages-femmes
Recherche

Maltraitance en stage : les raisons évoquées

Des atteintes surtout morales et verbales En 2026, 55 % des répondantes déclarent un sentiment de maltraitance en stage. Parmi elles, 60,5 % la qualifient de morale, 37 % de verbale et 2,5 % de physique. Les commentaires mentionnent notamment le rabaissement, l’acharnement, les humiliations, l’exclusion et l’isolement. Le stress est également marqué : plus de 20 % des répondantes le situent à 5 ou 6 sur une échelle allant de 1, « pas du tout stressée », à 6, « impossibilité d’aller en stage à cause du stress ». La veille de la première garde et l’arrivée dans le service sont les deux moments les plus souvent désignés comme stressants. Par ailleurs, 87,1 % répondent « oui » ou « plutôt oui » à l’affirmation « j’ai peur de décevoir ». Des encadrantes sous tension Une première explication concerne les conditions de travail dans les maternités. Selon Leïla Jamin, porte-parole de l’ANESF, les sages-femmes encadrantes sont en sous-effectif et surchargées de travail. Elle souligne aussi qu’elles ne disposent pas toujours d’une formation à l’accompagnement et peuvent connaître imparfaitement les attendus du stage ou les modalités d’évaluation. Un décalage peut alors apparaître entre les compétences attendues et celles que l’étudiante est censée maîtriser à son niveau de formation. L’ANESF œuvre pour que le statut de maître de stage universitaire soit également déployé à l’hôpital. La formation associée au statut porterait sur l’organisation du cursus, les apprentissages attendus, la pédagogie clinique, l’écoute, la communication et l’évaluation. Une place de « petite main » L’association relève la persistance d’une hiérarchie hospitalière donnant aux étudiantes le rôle de « petites mains » ; certaines disent ne pas avoir le droit de s’asseoir ou de manger pendant leur garde. Cette représentation n’est pas nouvelle. En 2021, Le Monde rapportait le témoignage de Natacha Fau, ancienne étudiante sage-femme alors en reconversion, qui disait avoir redouté les « sages-femmes dragons » et terminé en burn-out. Une autre ancienne étudiante, Dominique, […]