Forte diminution du taux de testostérone chez les hommes depuis les années 1970
Selon les résultats rapportés lors du congrès, la baisse cumulée entre 1972 et 2019 atteindrait 54,6 %, avec une accélération après 2000. « On parle ici de résultats présentés en congrès, pas encore d’un article scientifique définitif relu par les pairs », tempère Cédric Lebâcle, andrologue à l’hôpital Bicêtre (AP-HP). Différentes explications avancées « Certains hommes partent probablement dans la vie avec un capital hormonal plus faible du fait de ces expositions précoces [aux perturbateurs endocriniens pendant la vie utérine], un phénomène qu’on observe en parallèle avec la montée des cancers du testicule. Enfin, le sommeil joue aussi un rôle très important. Plusieurs nuits à cinq heures de sommeil suffisent à faire baisser la testostérone de 10 % à 15 % chez de jeunes hommes en bonne santé. » précise Cédric Lebâcle. Il évoque aussi parmi les explications possibles l’obésité et le manque d’activité physique. La méta-analyse ne permet toutefois pas d’établir les responsabilités respectives de ces différents facteurs. Testostérone basse ne signifie pas infertilité L’andrologue rappelle qu’il n’existe pas de taux sanguin de testostérone en dessous duquel un homme deviendrait automatiquement infertile. Un taux faible peut en revanche accompagner une altération de la fonction testiculaire et contribuer à une diminution de la fertilité. Il peut aussi être associé à une fatigue, une baisse de la vitalité, des troubles de l’humeur ou de l’érection. Les dangers de la supplémentation de testostérone Prendre de la testostérone sans indication médicale n’est pas une solution pour améliorer sa fertilité. L’apport d’une hormone extérieure freine la stimulation naturelle des testicules et peut interrompre la production de spermatozoïdes. « Des patients pensent améliorer leur virilité en s’injectant de la testostérone, alors qu’ils aggravent leur problème de fertilité », avertit l’andrologue. Un dosage hormonal peut être discuté en présence de fatigue persistante, de troubles de l’humeur ou de l’érection, ou dans le cadre d’une infertilité. […]
