L’errance diagnostique des patientes atteintes de lichen scléreux vulvaire
Démangeaisons sans mycose Inconfort, irritations, démangeaisons, les premiers symptômes du lichen scléreux vulvaire peuvent faire penser à une sécheresse vaginale ou à une mycose. Dans d’autres cas, la maladie est même asymptomatique et peut être découverte à l’occasion d’un examen gynécologique. Le lichen scléreux n’a pourtant rien d’une mycose, il s’agit d’une maladie inflammatoire auto–immune. Cette pathologie survient le plus souvent chez la femme ménopausée, mais parfois également dès l’enfance, avant la puberté. Elle entraîne une modification de l’architecture vulvaire : les petites lèvres s’accolent aux grandes lèvres et le clitoris s’encapuchonne. « Les patientes décrivent le plus souvent un prurit très intense, parfois insomniant. Cela peut s’accompagner de brûlures vulvaires et de dyspareunies », explique la Docteure Florence Poizeau, dermatologue à Rennes. « Un gynécologue m’a dit que c’était dans ma tête et je l’ai cru » Cathyline a ressenti les premiers symptômes au moment de la puberté, particulièrement à vélo, pendant les règles et lors de la pratique de certains sports. Les soignants consultés lui parlent alors de mycoses récidivantes. « Je ressentais des brûlures et je me voyais prescrire des ovules et des crèmes antifongiques avec plus ou moins de succès », se souvient-elle. Comme Cathyline et la plupart des patientes atteintes de lichen scléreux, Sylvie a été traitée par erreur pour des mycoses dès son adolescence. « Je ne supportais pas de porter des jeans depuis petite, je portais des sarouels. Les premières démangeaisons sont arrivées à 13 ans. » Les deux femmes traversent alors une longue errance médicale. « Un gynécologue m’a dit que c’était dans ma tête et je l’ai cru », confie Sylvie. Son lichen scléreux a été en dormance par intermittence pendant quelques décennies. Puis, à la suite d’une dispute familiale, les crises de démangeaisons intenses reviennent. « C’est revenu comme à l’adolescence, avec des fissures qui ne guérissent pas. J’ai consulté de nombreux soignants, jusqu’à...
