Crevasses précoces et macération
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Crevasses précoces et macération : le mieux est l’ennemi du bien 

Introduction  Les douleurs mamelonnaires sont l’une des principales causes d’arrêt précoce de l’allaitement. Si les crevasses sont fréquentes en maternité, elles ne sont jamais normales et signent quasi systématiquement un défaut de positionnement ou un traumatisme mécanique lié à la succion. L’usage de produits gras comme la lanoline est classique, mais son association avec des coquillages peut induire un phénomène de macération, retardant la cicatrisation et augmentant le risque de surinfection. Anamnèse Mme A., primipare, a accouché il y a cinq jours, à terme par voie basse, d’une petite fille Leana*. L’allaitement a débuté précocement, mais des douleurs sont apparues dès J1. À J3, lors de la montée de lait, la douleur devient insupportable (EVA 8/10), rendant les tétées redoutées. L’évaluation initiale révèle la présence de crevasses de stade 3, au centre des mamelons, bilatérales. Les crevasses sont suintantes avec un aspect de peau blanchie et « fripée » (signe de macération). Mme A. applique de la lanoline de manière intensive et porte des coquillages d’allaitement en permanence. Concernant l’examen clinique du nouveau-né, Leana est tonique et a présenté une perte de poids maximale de 8 % avec une reprise de 20 g à J4 jour de la sortie de maternité. L’examen clinique est par ailleurs normal et l’évaluation de la succion n’indique aucun trouble de la succion. Observation de la tétée   Le bébé est positionné en madone classique, face au sein mais son corps n’est pas suffisamment soutenu. La bouche est peu ouverte, la saisie est étroite, ne prenant que le bout du mamelon. Le menton ne touche pas le sein. Le nez est enfoui dans le sein et la mère dégage le nez avec un doigt afin de faciliter la respiration de son bébé.  Évaluation et diagnostic de lactation  Le diagnostic retenu est celui de crevasses mécaniques secondaires à un mauvais […]

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Grimper enceinte : pour un nouveau regard 

Nefis Okan ne s’est pas posé beaucoup de questions. Monitrice d’escalade à Clermont-Ferrand, elle grimpe depuis ses 28 ans et n’avait aucune intention de s’arrêter au début de sa grossesse dix ans plus tard. « J’étais à l’écoute de mon intuition. J’avais peu de copines grimpeuses autour de moi pour me conseiller, alors je m’écoutais, j’essayais de ne pas me laisser influencer. » Elle adapte ses séances, la difficulté et l’intensité au fil des trimestres. Au septième mois, elle se souvient être encore encordée sur la falaise. L’arrêt s’est fait naturellement : « Il faisait chaud, le baudrier n’était plus confortable, le ventre grossissait. C’est ça qui m’a décidée, pas un médecin. » D’un sport déconseillé à une activité recommandée Les femmes avec qui nous avons échangé rapportent la même chose : leurs soignants ne connaissent pas l’escalade. Certains appliquent des restrictions génériques sans tenir compte du niveau de pratique. Des grimpeuses ont essuyé un non catégorique dès la première consultation. Un réflexe que les professionnels de santé spécialisés dans le sport décrivent comme un héritage tenace : pendant des décennies, on a proscrit le sport aux femmes enceintes. Désormais, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande 150 à 180 minutes hebdomadaires d’activité physique pendant la grossesse. Au sein du corps médical s’opère un changement. « J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet », se réjouit Carole Maître, gynécologue et médecin du sport à l’Insep, ainsi que co–auteure du guide ministériel Sport de haut niveau et maternité. « Je travaille sur le sport et les spécificités féminines depuis plus d’une vingtaine d’années, j’ai bien perçu le changement, c’est formidable. » “ J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet “ Carole Maître, gynécologue et médecin du sport à l’Insep  L’escalade : […]

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Ménorragies, toutes concernées ?

Une situation courante qui ne doit pas être tue Depuis son retour de couches il y a un an et demi, Amélia souffre de règles très abondantes. « C’est de pire en pire au fil du temps et depuis quelques mois je me pose des questions, je me dis que ce n’est peut-être pas normal. » Cette situation handicape la jeune femme au quotidien. Elle doit cumuler le port d’un tampon et d’une serviette et les changer sans cesse. « La nuit, les protections maxi ne suffisent pas, je suis systématiquement tachée le matin. Je suis obligée d’aller me doucher avant même de m’occuper de ma fille qui m’appelle en pleurant. » Amélia regrette que sa charge mentale soit alourdie par ces règles abondantes, et constate également que le coût financier des menstruations n’en est que plus important. Comme elle, de nombreuses femmes sont touchées par les ménorragies, parfois accompagnées de dysménorrhées.  Camille, qui souffre de règles abondantes depuis son adolescence, trouve que cela la fatigue beaucoup. Julie, qui est également concernée depuis ses premières règles, n’a pris conscience que son flux était très abondant il y a quelques années seulement.« Utiliser une cup m’a permis de constater que je perdais bien plus de sang que le fond de verre dont on parle généralement. » Cela impacte sa vie professionnelle, sa vie sociale, sa vie sexuelle mais aussi sa santé. « Je fais des anémies à répétition à cause de ça. » « Je fais des anémies à répétition à cause de ça » Julie, patiente souffrant de ménorragies depuis ses premières règles En effet, si un flux normal correspond à une perte de moins de 80 ml de sang pendant les menstruations, des règles hémorragiques peuvent atteindre un volume allant jusqu’à 150 ml de sang écoulé. Pour s’en rendre compte, il existe un outil médical de mesure : le […]

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Régurgitations répétées chez un nourrisson allaité : reflux pathologique ou physiologique

Cas clinique Lina* est âgée de six semaines lorsque je la reçois en consultation pour « reflux gastro-œsophagien ». Née à terme, eutrophe, sans antécédent particulier, elle est allaitée exclusivement. La prise de poids est satisfaisante, les tétées sont efficaces, sans douleur maternelle. Depuis la troisième semaine de vie, ses parents décrivent des régurgitations quotidiennes, parfois après chaque tétée. Il s’agit d’écoulements lactés, spontanés, sans effort, survenant peu de temps après la tétée. Lina ne pleure pas pendant l’épisode, ne présente ni toux persistante, ni cyanose, ni malaise. Son examen clinique est strictement normal. L’inquiétude des parents s’est majorée après plusieurs régurgitations « abondantes » et leurs recherches sur internet qui les a amenés à consulter en urgence craignant un « RGO ». Le médecin traitant évoque également un RGO et propose l’introduction d’ésoméprazole (Inexium®), sans réalisation de pH-métrie ni signe d’œsophagite. La mère, désireuse de poursuivre l’allaitement, s’interroge sur la pertinence du traitement car elle a lu que ce traitement n’était pas conseillé à cet âge. L’anamnèse détaillée retrouve un nourrisson tonique, avec une croissance harmonieuse, sans irritabilité particulière ni refus alimentaire. Les régurgitations sont indolores, sans retentissement staturopondéral. Le diagnostic retenu est celui d’un reflux gastro-œsophagien physiologique. Après avoir reçu des informations concernant la physiologie des régurgitations et des « RGO physiologiques » et après avoir compris que ces remontées de lait maternel dans les voies aériennes supérieures et dans les trompes d’Eustache avaient un rôle protecteur en tapissant tout le système ORL d’anticorps du lait maternel — c’est d’ailleurs l’une des explications de la diminution du risque d’otites et d’infections respiratoires chez les nourrissons allaités — la maman était rassurée et elle a d’elle-même, décidé de ne pas donner le traitement médicamenteux prescrit. Discussion Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est défini comme la remontée involontaire du contenu gastrique dans l’œsophage. Il est extrêmement fréquent chez le […]

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L’activité libérale selon Louise et Sophie – Épisode 4 : « Happy end ! » 

Désormais Louise est installée depuis plus de six mois et Sophie se demande bien comment se passe son activité. Elle décide de lui envoyer un message pour prendre de ses nouvelles. Louise se réjouit que sa mentore ne l’ait pas oubliée et se hâte de lui raconter la suite. Elle en profiterait bien pour lui poser encore quelques questions ! Elles fixent ensemble un rendez-vous téléphonique. — Sophie… comme ton message m’a fait plaisir ! Je pensais que tu m’avais oubliée ! — Ah… non ! Je pense souvent à toi mais je sais que les débuts sont souvent denses, je n’osais pas te déranger ! Alors où en es-tu ? — Tu as bien fait de prendre des nouvelles, j’ai hâte de te raconter la suite ! D’abord, ça me plaît beaucoup ! Nous nous sommes bien réparti l’agenda avec mon associée Mathilde et l’entente est vraiment bonne. J’aime beaucoup la relation avec les patientes tout au long de la grossesse. Ce n’était pas possible à la maternité. Et quel bonheur de ne plus faire de nuits de garde ! Bon, il me faut travailler quand même quelques week-ends, en particulier pour les sorties précoces de maternité. — Super ! Je suis contente que le statut de libérale te plaise. C’est vrai que l’on travaille parfois le week-end comme nos consœurs salariées. Ce sont, parfois, un peu les couples qui décident de notre agenda ! Cela permet aussi de faire fonctionner le cabinet et que les patientes puissent avoir un bon suivi. D’ailleurs, as-tu pu proposer une offre de soins qui n’existait pas dans ta région ? — J’avais déjà acté avec Mathilde que je ferais de l’obstétrique, car elle voulait justement développer la gynécologie et la sexologie grâce à son nouveau diplôme universitaire. C’est ce qui a motivé sa recherche de collaboratrice, car elle ne pouvait pas tout faire depuis […]

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L’errance diagnostique des patientes atteintes de lichen scléreux vulvaire

Démangeaisons sans mycose Inconfort, irritations, démangeaisons, les premiers symptômes du lichen scléreux vulvaire peuvent faire penser à une sécheresse vaginale ou à une mycose. Dans d’autres cas, la maladie est même asymptomatique et peut être découverte à l’occasion d’un examen gynécologique.  Le lichen scléreux n’a pourtant rien d’une mycose, il s’agit d’une maladie inflammatoire auto–immune. Cette pathologie survient le plus souvent chez la femme ménopausée, mais parfois également dès l’enfance, avant la puberté. Elle entraîne une modification de l’architecture vulvaire : les petites lèvres s’accolent aux grandes lèvres et le clitoris s’encapuchonne. « Les patientes décrivent le plus souvent un prurit très intense, parfois insomniant. Cela peut s’accompagner de brûlures vulvaires et de dyspareunies », explique la Docteure Florence Poizeau, dermatologue à Rennes. « Un gynécologue m’a dit que c’était dans ma tête et je l’ai cru » Cathyline a ressenti les premiers symptômes au moment de la puberté, particulièrement à vélo, pendant les règles et lors de la pratique de certains sports. Les soignants consultés lui parlent alors de mycoses récidivantes. « Je ressentais des brûlures et je me voyais prescrire des ovules et des crèmes antifongiques avec plus ou moins de succès », se souvient-elle. Comme Cathyline et la plupart des patientes atteintes de lichen scléreux, Sylvie a été traitée par erreur pour des mycoses dès son adolescence. « Je ne supportais pas de porter des jeans depuis petite, je portais des sarouels. Les premières démangeaisons sont arrivées à 13 ans. » Les deux femmes traversent alors une longue errance médicale. « Un gynécologue m’a dit que c’était dans ma tête et je l’ai cru », confie Sylvie. Son lichen scléreux a été en dormance par intermittence pendant quelques décennies. Puis, à la suite d’une dispute familiale, les crises de démangeaisons intenses reviennent. « C’est revenu comme à l’adolescence, avec des fissures qui ne guérissent pas. J’ai consulté de nombreux soignants, jusqu’à […]

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La précarité des étudiant·e·s sages-femmes : un enjeu majeur pour la santé des femmes

La rentrée universitaire : un avant-goût amer des dépenses à venir Pour la rentrée 2025, c’est 3192 euros en moyenne que les étudiant·e·s  sages-femmes ont dû débourser. C’est ce que révèle l’indicateur annuel du coût de la rentrée calculé par l’ANESF (Association nationale des étudiant·e·s sages-femmes). Ce montant correspond au cumul des frais de rentrée universitaire et des frais de vie courante, sachant que ces deux catégories augmentent respectivement.  Frais de rentrée universitaire  Les frais de scolarité varient entre un minimum de 175 euros et un maximum de 254 euros, selon les cas. Vient ensuite la Contribution Vie étudiante et de Campus.  Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a de nouveau augmenté ces frais de 1,05 %. Les étudiant·e·s  boursier·e·s bénéficiant de certaines exonérations sont minoritaires. Frais de vie courante Le logement, l’alimentation et le transport sont les postes de dépenses majeurs des frais de vie courante. En augmentation chaque année eux aussi, ces frais touchent particulièrement les étudiant·e·s sages-femmes. En effet, les nombreux stages effectués hors de l’établissement de formation génèrent des frais de logement et de transports importants, qui ne sont pas compensés par une juste rémunération. Des frais importants liés aux nombreux stages La formation de sage-femme comprend un grand nombre de stages délocalisés. En moyenne, chaque étudiant·e sage-femme parcourt 25 700 kilomètres pour se rendre à ses stages, durant tout son cursus. Pour un coût moyen de 12 850 euros. En guise de compensation, les étudiant·e·s  sages-femmes reçoivent une indemnité de 130 euros par stage réalisé à plus de quinze kilomètres de leur établissement. Et ce, uniquement à partir du second cycle.  Cette indemnité est à mettre en face des 313 euros mensuels dépensés en moyenne par les étudiant·e·s de troisième année pour se rendre en stage. L’indemnité de 130 euros est donc nettement insuffisante. Pour éviter d’avoir […]

En libéral

L’activité libérale selon Louise et Sophie (épisode 3) : Les chiffres…

Dans le deux premiers épisodes d’avril et juin derniers, Sophie, sage-femme libérale depuis 24 ans à Nantes conseillait Louise, jeune sage-femme diplômée à Brest sur les différentes démarches pour sa future installation en libéral. Désormais, Louise a débuté son activité libérale, elles se sont donné un troisième rendez-vous téléphonique pour poursuivre leur échange. — Bonjour Louise, comment vas-tu ? As-tu pu t’installer comme tu voulais ? — Bonjour Sophie, oui ça y est ! Je suis installée depuis le 1er Juillet !  — Oh ! Super ! Bien plus tôt que prévu alors ? Ce ne devait pas être en septembre ? — Si, mais Mathilde, ma collaboratrice, m’a proposé de débuter plus tôt pour pallier aux congés d’été et moi cela m’arrangeait financièrement. J’ai aussi pu obtenir deux semaines de congés en août. J’avais retenu ton conseil qu’il était préférable financièrement de commencer en début de trimestre. — Bien vu ! Je vois que tu as vite compris ! — Pour certains éléments oui, mais pour ce qui est de la comptabilité justement j’avoue que je suis un peu perdue. J’attendais notre appel pour pouvoir te poser quelques questions, si tu veux bien ? — Il est vrai que nous sommes plus formées aux soins qu’à la comptabilité. As-tu un logiciel spécifique ? — Oui, j’ai pris le même que Mathilde. Cela me paraissait plus simple au sein d’un même cabinet. Elle a pu m’expliquer l’aspect pratique du logiciel, mais j’ai l’impression de perdre beaucoup de temps. Je n’arrive pas à voir où j’en suis à l’instant T et quel salaire je vais pouvoir me verser sur le long terme.  — Un principe assez simple est de te dire que quand tu perçois un versement d’une patiente, de l’Assurance Maladie ou d’une complémentaire santé, tu le divises par deux pour savoir combien il va te rester. L’idéal est de faire ta […]

Pratiques

Mieux détecter l’adénomyose

Qu’est-ce que l’adénomyose ? L’adénomyose est une forme d’endométriose ­intra-utérine, dans laquelle le tissu endométrial s’infiltre dans la paroi musculaire de l’utérus (le myomètre) : c’est un syndrome de l’endométriose interne. Quand il y a de l’endométriose, la muqueuse se propage en dehors de la cavité utérine sur la partie abdominale, les ovaires et les trompes, et jusque dans la vessie parfois. L’adénomyose, elle, reste nichée dans l’utérus, plus précisément dans le muscle intra-­utérin. En France, 11 à 13 % des femmes en âge de procréer* seraient concernées, à des degrés variés. La plupart l’ignorent et la pose de diagnostic est encore plus longue que pour l’endométriose : entre sept et dix ans en moyenne. On observe une combinaison d’endométriose et d’adénomyose chez un certain nombre de patientes. (*) Source : chiffres de la société de chirurgie gynécologique et pelvienne (SCGP), 2016 Interview d’Anabel Salazar, gynécologue et directrice de la clinique de fertilité espagnole d’IVI Madrid, spécialiste de l’endomètre dans les cas complexes d’infertilité et d’échec de grossesse   Quelle est votre expérience avec l’adénomyose ?  Dans ma vie professionnelle, mes patientes les plus difficiles sont celles avec de l’adénomyose. Parce qu’elle est diffuse dans les tissus, il n’existe pas vraiment de chirurgie pour s’en débarrasser, sauf dans des cas très particuliers. Je n’ai jamais eu de patientes qui y ont eu recours. De même, dans le cadre d’une procréation médicalement assistée – puisque c’est mon domaine – on leur fait suivre un traitement hormonal afin de réduire la production des œstrogènes, dans le but de diminuer la progression de l’adénomyose. Mais après, on a à nouveau besoin d’œstrogènes pour préparer l’utérus à la FIV. On se bat tout le temps contre quelque chose dont on a ensuite besoin pour l’implantation d’embryon. La balance est difficile à équilibrer.  Qu’est-ce qui distingue cette pathologie de l’endométriose ?  L’adénomyose […]

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Infléchissement de courbe pondérale inexpliqué : enquête au cœur d’un allaitement idéal 

Cas clinique Anton* est né à terme, suite à un déclenchement par Syntocinon pour dépassement de terme. À la naissance, il est eutrophe, en bonne santé, et l’allaitement démarre sans difficulté particulière. Mme J.*, sa mère, avait suivi avec assiduité une préparation à la naissance, incluant un accompagnement spécifique à l’allaitement, afin de mettre toutes les chances de son côté. En effet, son premier allaitement avait été marqué par une prise de poids insuffisante à partir de la fin du troisième mois. Cela avait conduit à l’introduction de préparations pour nourrissons, puis au sevrage rapide face à une lactation devenue insuffisante. Pour éviter un nouvel échec, Mme J. a choisi d’être suivie par une sage-femme IBCLC dès le début de sa seconde grossesse. Un accompagnement régulier est donc mis en place dès la naissance, avec l’objectif de soutenir Mme J. et de prévenir toute baisse de lactation.  Les trois premiers mois, tout semble parfait : transfert de lait efficace, succion optimale, aucune douleur lors des tétées. La prise de poids et les autres indicateurs d’une lactation satisfaisante sont au vert. Pourtant, au cours du deuxième trimestre, la courbe de poids d’Anton commence à s’infléchir progressivement, sans qu’aucune cause évidente ne soit identifiée. La lactation paraît toujours efficace. Un ECBU est prescrit pour rechercher une infection urinaire : il revient stérile. Face à la réapparition de cette problématique dans un contexte pourtant optimal, une anamnèse approfondie est reprise. Aucun trouble hormonal n’est détecté (le bilan thyroïdien est normal) et aucune anomalie anatomique (type hypoplasie mammaire) n’est suspectée. La succion d’Anton reste bonne. C’est alors que nous explorons l’alimentation de la mère. Mme J précise qu’elle est végane et qu’elle a cessé sa supplémentation en vitamines après l’accouchement. La reprise d’une complémentation en vitamine B12 est aussitôt recommandée. Un dosage biologique viendra confirmer la […]