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Paracétamol pendant la grossesse : l’effet mesurable d’un discours politique

Une étude fondée sur des données hospitalières américaines a mesuré les conséquences immédiates de cette prise de parole. Dans le mois suivant, les prescriptions de paracétamol aux urgences ont diminué de 16 % chez les femmes enceintes, alors qu’elles sont restées presque stables chez les femmes non enceintes. Elles ont retrouvé leur niveau antérieur environ deux mois et demi plus tard. Les auteurs ont également étudié les prescriptions d’opioïdes, sans mettre en évidence d’évolution corrélée à l’intervention présidentielle. En revanche, ils n’ont pas analysé les prescriptions d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Un éventuel report vers ces médicaments ne peut donc pas être exclu, mais il n’a pas été démontré. Or les AINS exposent à des risques pendant la grossesse. Pris au cours du premier trimestre, ils semblent exposer à des malformations, dont certaines sont graves. En début de grossesse, ils exposent également à des avortements précoces. Aux deuxième et troisième trimestres, ils exposent le fœtus à une fermeture prématurée du canal artériel, à une hypertension artérielle pulmonaire et à une insuffisance rénale. Pour la rédaction de Prescrire, cet épisode illustre la rapidité avec laquelle une communication officielle non étayée par les meilleures données disponibles peut modifier les pratiques et faire perdre à certaines patientes la possibilité de recevoir un médicament de premier choix. La revue souligne également qu’un report vers des AINS, potentiellement dangereux pendant la grossesse, ne peut être écarté. Source : « Désinformation d’État : perte de chance pour les patients », point de vue de la rédaction, revue Prescrire n°512, juin 2026.

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IVG : vers la fin de la clause de conscience spécifique ?

Cette clause se présentait ainsi dans le Code de la santé publique : « Un médecin ou une sage-femme n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens ou de sages-femmes susceptibles de réaliser cette intervention. » Plusieurs tentatives de suppression ont échoué. En 2018, la sénatrice Laurence Rossignol avait déposé une proposition de loi, estimant que cette clause servait « à stigmatiser l’avortement » et « culpabilisait les femmes ». L’initiative suivait les propos de Bertrand de Rochambeau, alors président du Syngof, qui avait qualifié l’IVG d’« homicide ». En 2021, sa suppression figurait de nouveau dans la proposition de loi renforçant le droit à l’avortement, mais n’a pas été retenue. Fin 2020, le Comité consultatif national d’éthique avait défendu son maintien, considérant l’IVG comme « un acte médical singulier ». Une première évolution est toutefois intervenue le 31 décembre 2025 : la clause spécifique applicable aux sages-femmes a été supprimée lors de la réforme de leur Code de déontologie. L’Ordre la jugeait « superfétatoire et stigmatisante », les sages-femmes conservant leur droit général de refus de soins. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français demande désormais une évolution comparable pour les médecins. Cette suppression ne les obligerait pas à pratiquer des IVG, puisqu’ils conserveraient leur droit général de refus. Elle mettrait en revanche fin au statut d’exception accordé à l’avortement et à un dispositif susceptible d’entretenir sa stigmatisation. Cette réforme ne suffirait toutefois pas à garantir un accès effectif à l’IVG. Les inégalités territoriales, l’éloignement des structures, la disponibilité des professionnels et les contraintes budgétaires continuent de constituer des obstacles. Sources : Public-Sénat, décembre 2025, Prescrire, juin 2026

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Maltraitance en stage : les raisons évoquées

Des atteintes surtout morales et verbales En 2026, 55 % des répondantes déclarent un sentiment de maltraitance en stage. Parmi elles, 60,5 % la qualifient de morale, 37 % de verbale et 2,5 % de physique. Les commentaires mentionnent notamment le rabaissement, l’acharnement, les humiliations, l’exclusion et l’isolement. Le stress est également marqué : plus de 20 % des répondantes le situent à 5 ou 6 sur une échelle allant de 1, « pas du tout stressée », à 6, « impossibilité d’aller en stage à cause du stress ». La veille de la première garde et l’arrivée dans le service sont les deux moments les plus souvent désignés comme stressants. Par ailleurs, 87,1 % répondent « oui » ou « plutôt oui » à l’affirmation « j’ai peur de décevoir ». Des encadrantes sous tension Une première explication concerne les conditions de travail dans les maternités. Selon Leïla Jamin, porte-parole de l’ANESF, les sages-femmes encadrantes sont en sous-effectif et surchargées de travail. Elle souligne aussi qu’elles ne disposent pas toujours d’une formation à l’accompagnement et peuvent connaître imparfaitement les attendus du stage ou les modalités d’évaluation. Un décalage peut alors apparaître entre les compétences attendues et celles que l’étudiante est censée maîtriser à son niveau de formation. L’ANESF œuvre pour que le statut de maître de stage universitaire soit également déployé à l’hôpital. La formation associée au statut porterait sur l’organisation du cursus, les apprentissages attendus, la pédagogie clinique, l’écoute, la communication et l’évaluation. Une place de « petite main » L’association relève la persistance d’une hiérarchie hospitalière donnant aux étudiantes le rôle de « petites mains » ; certaines disent ne pas avoir le droit de s’asseoir ou de manger pendant leur garde. Cette représentation n’est pas nouvelle. En 2021, Le Monde rapportait le témoignage de Natacha Fau, ancienne étudiante sage-femme alors en reconversion, qui disait avoir redouté les « sages-femmes dragons » et terminé en burn-out. Une autre ancienne étudiante, Dominique, […]

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Obésité abdominale : des symptômes de la ménopause plus fréquents et plus sévères

Les chercheurs se sont appuyés sur les données de plus de 1 100 femmes participant à la Study of Women’s Health Across the Nation (SWAN), une vaste étude américaine consacrée à la transition ménopausique. L’obésité abdominale a été définie à partir du rapport entre le tour de taille et la taille. Plutôt que d’étudier chaque manifestation séparément, les chercheurs ont eu recours à une analyse « en réseau », afin d’éclairer les relations entre les différents symptômes. Sueurs nocturnes, bouffées de chaleur et vertiges Les femmes présentant une obésité abdominale rapportaient globalement davantage de symptômes, ainsi qu’une intensité plus élevée. Les différences les plus marquées concernaient les vertiges, les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Les troubles du sommeil et les palpitations étaient également signalés plus fréquemment.  La relation entre les différents symptômes différait également selon la présence ou non d’une obésité abdominale. Chez les femmes concernées, les oublis, l’irritabilité et les sueurs nocturnes occupaient les positions centrales.Ces résultats suggèrent que l’obésité abdominale serait associée non seulement à des symptômes plus importants, mais aussi à des relations différentes entre ceux-ci. Un indicateur simple à intégrer à l’évaluation Les auteurs proposent d’utiliser le rapport tour de taille-taille comme un outil simple pour repérer les femmes susceptibles de présenter un ensemble de symptômes plus sévères et interdépendants. Une telle évaluation pourrait aider à orienter la prise en charge vers des interventions ciblant conjointement plusieurs symptômes plutôt que vers leur traitement isolé. Ces résultats observationnels ne permettent pas de conclure que l’obésité abdominale provoque directement une aggravation des symptômes. Ils soulignent néanmoins l’intérêt d’informer sur la prévention de la prise de poids abdominale au cours de la transition ménopausique. Source : The Menopause Society, « Abdominal Obesity May Lead to More Severe Menopause Symptoms », 6 mai 2026.More Severe Menopause Symptoms, 6 mai 2026

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UPatch : un patch d’échographie portable pour surveiller la grossesse

Des essais menés sur 62 grossesses Le système repose sur un logiciel de segmentation d’images capable de repérer et de suivre automatiquement les vaisseaux ciblés malgré les mouvements maternels et fœtaux. Sa première évaluation clinique a porté sur 62 grossesses. Les mesures obtenues ont montré une bonne concordance avec celles d’un échographe clinique portable. Des données de surveillance continue ont ensuite été recueillies auprès de 52 femmes présentant notamment une grossesse sans complication, un diabète gestationnel, une prééclampsie, une hypertension ou une anomalie de la croissance fœtale. Une échographie prolongée et automatisée Pour la Pre Antoniya Georgieva, qui a participé à l’étude, cette technologie permettrait de surveiller le bien-être fœtal « de façon continue et non invasive ». Mariana Tome estime, quant à elle, qu’elle pourrait aider les femmes à se sentir « plus en sécurité, plus rassurées et mieux accompagnées », tout en limitant certains déplacements et examens répétés. L’intérêt pourrait également être important dans les territoires où les professionnels formés et les équipements spécialisés sont peu accessibles. Le Dr Tom Park évoque ainsi un usage potentiel « dans les déserts médicaux et les environnements à faibles ressources ». Un prototype encore filaire Ces résultats restent toutefois préliminaires. L’UPatch est encore un prototype filaire, dont le positionnement initial nécessite une échographie conventionnelle. Des études menées sur des cohortes plus importantes et plus diversifiées seront indispensables avant d’envisager son utilisation courante. À terme, la miniaturisation de l’électronique pourrait permettre la conception d’un dispositif sans fil, utilisable à l’hôpital puis, éventuellement, à domicile. Source : Nature biotechnology, Fetal monitoring for high-risk pregnancies using a wearable ultrasound patch 26 mai 2026

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Infertilité primaire : une ménopause légèrement plus précoce

Dans l’ensemble, les femmes ayant connu une infertilité primaire ont atteint la ménopause environ un an plus tôt que celles sans antécédent d’infertilité. L’analyse met plus particulièrement en évidence un risque accru de ménopause précoce — avant 45 ans — chez les femmes présentant une infertilité inexpliquée ou des antécédents d’endométriose. En revanche, aucune association n’a été observée avec la ménopause prématurée, définie par sa survenue avant 40 ans. Ces résultats ne permettent pas d’affirmer que l’infertilité provoque une ménopause plus précoce. La relation de causalité n’est pas établie, infertilité et diminution anticipée de la fonction ovarienne pouvant partager certains déterminants génétiques, hormonaux, environnementaux ou liés au mode de vie. L’enjeu est néanmoins clinique. Une ménopause précoce est associée à un risque accru, à long terme, de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose et de troubles neurocognitifs. Selon les auteurs, les femmes ayant connu une infertilité primaire pourraient donc bénéficier d’une information spécifique sur ce risque et d’une évaluation médicale en cas d’arrêt nouveau ou inhabituel des menstruations. Pour la Dre Stephanie Faubion, directrice médicale de The Menopause Society, cette vigilance permettrait de repérer plus tôt l’entrée en ménopause et, lorsque cela est indiqué, de discuter d’une prise en charge hormonale adaptée.

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B-Safe  : le « stylo » made in France qui repère les drogues dans votre verre

Ce détecteur électronique réutilisable a été développé pendant trois ans par Mikailou Thiam, 33 ans, ingénieur en électrochimie et directeur technique de la PME Lueur. Originaire du quartier du Clos-des-Roses, à Compiègne, il voit aussi dans son parcours un message adressé aux jeunes des quartiers populaires : « Ça montre que c’est possible. » L’appareil, qui fonctionne avec une pile AAA, pourrait réaliser jusqu’à 5 000 tests. Son prix annoncé, autour de 350 euros, le destine d’abord aux professionnels — bars, discothèques ou établissements festifs — plutôt qu’à un usage individuel. Avant sa commercialisation, le dispositif a notamment fait l’objet d’essais avec des spécialistes de toxicologie à l’hôpital de Garches. Reste désormais à confirmer, en conditions réelles et à grande échelle, ses performances face à la diversité des boissons et des substances.

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Santé sexuelle et gynécologique des femmes en addictologie : le rôle de la sage-femme

Même si elles consomment globalement moins de substances psychoactives que les hommes, les femmes peuvent développer plus rapidement certaines complications. Le tabac affecte notamment la fertilité et les cycles menstruels. L’alcool expose davantage aux maladies hépatiques, à l’ostéoporose ou au cancer du sein. Les consommations peuvent également perturber les règles et favoriser les rapports non protégés, les grossesses non planifiées et les violences. Pour ne rien arranger, la précarité, les traumatismes et la peur du jugement compliquent l’accès aux soins.  L’hypothèse des chercheuses était que le suivi gynécologique des femmes en situation d’addiction est insuffisant au regard des recommandations de la HAS. Restait à le démontrer.  55 patientes passées à la loupe L’étude, observationnelle, descriptive et rétrospective, portait sur 55 femmes majeures ayant rencontré la sage-femme du CSAPA entre le 1er septembre 2023 et le 1er septembre 2024. Les dossiers ont été analysés afin de recueillir des informations sur leurs conditions de vie, leurs consommations, leur contraception, leurs dépistages et leurs antécédents gynécologiques et obstétricaux. Des besoins importants Les participantes avaient en moyenne 36 ans et 31 % vivaient dans une situation de précarité. La principale substance consommée était l’alcool, pour 38 % des femmes, devant la cocaïne — 20 % —, le cannabis — 16 % — et les opiacés — 9 %. Près de la moitié, soit 47 %, n’avaient jamais eu de suivi gynécologique ou n’avaient pas consulté depuis plus de cinq ans. Parmi les femmes en âge de procréer, 42 % n’utilisaient aucune contraception. Au total, 67 % des participantes avaient déjà été enceintes. Parmi elles, 58 % avaient eu recours au moins une fois à une IVG et 24 % avaient connu au moins une fausse couche. La moitié seulement des femmes étaient à jour du dépistage du cancer du col de l’utérus. Parmi celles interrogées sur les violences, 77 % déclaraient avoir subi des violences sexuelles, […]

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L’ANESF* publie son Enquête bien-être des étudiant·e·ssages-femmes 2026

Un bien-être étudiant toujours fragilisé Dans son enquête bien-être publiée en mai 2026, deux ans après la réforme de la formation, l’Association nationale des étudiant·e·s sages-femmes alerte sur plusieurs aspects toujours préoccupants de la situation des étudiant·e·s sages-femmes. Selon l’ANESF, 84 % d’entre elles et eux sont soumis·e·s à un stress chronique. Plus de la moitié ne sont pas satisfait·e·s de leur sommeil et 30 % renoncent aux soins, principalement en raison d’emplois du temps surchargés et de contraintes financières. Le sentiment d’isolement, ressenti par 15,2 % des étudiant·e·s, apparaît également comme un facteur préoccupant, puisqu’il est associé à un risque deux fois plus élevé de développer un état de stress. La précarité financière, un facteur aggravant La précarité financière demeure un autre point d’alerte. Plus d’un quart des étudiant·e·s jugent leur situation financière mauvaise à très mauvaise, tandis que 95 % se disent dépendant·e·s financièrement. Frais de transport, matériel obligatoire, faibles indemnisations de stage : ces contraintes conduisent 27 % des étudiant·e·s à exercer une activité rémunérée en parallèle de leur formation, avec des répercussions directes sur leur santé et leur bien-être. Des stages encore marqués par la maltraitance Le vécu en stage constitue le point le plus alarmant de l’enquête. 55 % des étudiant·e·s déclarent avoir subi de la maltraitance lors de leurs stages, un chiffre en légère baisse par rapport à 2023 (61 %), mais qui concerne encore plus d’un·e étudiant·e sur deux. L’ANESF rapporte également que 2,8 % des étudiant·e·s ont subi des violences sexistes et sexuelles en stage, et que 6,4 % ne disposent d’aucun espace pour exprimer leur vécu. Des conditions de formation qui pèsent sur l’attractivité Ces conditions pèsent sur l’attractivité de la filière : 27,1 % des étudiant·e·s envisagent d’arrêter leurs études et 16 % pensent exercer moins de quinze ans après leur diplôme. Face à ces constats, l’ANESF appelle notamment à créer un statut de […]

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Exposition prénatale aux opioïdes : différences de maturation corticale chez le nouveau-né

Une étude par IRM menée chez 259 nouveau-nés L’étude de cohorte inclut 259 nouveau-nés nés à terme, recrutés dans quatre sites américains : 164 ont été exposés aux opioïdes pendant la grossesse et 95 constituent le groupe témoin non exposé. Les nouveau-nés ont bénéficié d’une IRM cérébrale sans sédation. Des différences de plissement cortical Comparés aux nouveau-nés non exposés, les nouveau-nés exposés aux opioïdes présentent une profondeur -significativement moindre des sillons corticaux dans les régions frontale et pariétale, ainsi qu’à l’échelle globale. Leur surface corticale est également plus faible dans les régions frontale, pariétale, temporale et occipitale, ainsi qu’au niveau global. Des variations selon les expositions Les réductions de surface corticale observées sont plus importantes chez les nouveau-nés exposés à la méthadone que chez ceux exposés à la buprénorphine.Les nouveau-nés exposés aux opioïdes associés à d’autres substances présentaient également des différences plus étendues que ceux exposés aux seuls opioïdes. Une portée clinique encore à déterminer Ces résultats mettent en évidence une association entre l’exposition prénatale aux opioïdes et des différences précoces de maturation corticale. Ils ne permettent toutefois pas d’en déterminer les conséquences sur le développement ultérieur de l’enfant : le suivi est en cours. Les auteurs soulignent également la possibilité de facteurs de confusion résiduels et l’absence de données détaillées sur les doses et la durée d’exposition. Source : Jama, 22 mai 2026