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Que deviennent les maternités après leur fermeture ? L’exemple du CPP de Falaise.

« Au CPP, on fait TOUT, sauf l’accouchement ! »… s’exclame Élisabeth Onnée, sage-femme du Réseau de périnatalité de Normandie (RPN) et membre de la dream team des cinq sages-femmes du CPP de Falaise, ville du Calvados de 7 680 habitants. L’avantage d’un CPP ? Tout est sur place ! C’est une chance pour les patientes, à une époque où de plus en plus de maternités leur demandent d’aller se débrouiller ailleurs pour l’entretien prénatal, le projet et la préparation à la naissance… La maïeuticienne se souvient du coup dur lorsque sa maternité a fermé, il y a onze ans, le 30 septembre 2015 : « On s’est dit qu’il resterait derrière un service de consultation, mais on n’avait aucune visibilité sur sa pérennité, c’était violent. Malgré la mobilisation de la population et des professionnels de santé, on ne nous a même pas donné six mois pour laisser accoucher nos patientes qui étaient au milieu de leur grossesse. Du jour au lendemain, c’était fini. » Mais désormais, quand une maternité devient un CPP, elle suit un cahier des charges précis, établi par les ARS en 2023.  « Tout le monde est choyé, vraiment ! » Témoignage de Sarah, 37 ans, patiente du CPP Sarah est la maman d’un petit Noah de deux mois et d’une grande Théa de 2 ans et demi : « J’ai été suivie au CPP et j’ai accouché de mes deux enfants à la maternité d’Argentan. Ce qui est chouette, c’est qu’une partie de l’équipe de Falaise est aussi à Argentan. Dans nos entourages, on fait une grosse promo du CPP comme de la maternité, parce qu’on s’y est vraiment sentis bien à chaque fois, avec mon partenaire. Je me suis posé plein de questions avec l’arrivée du deuxième… Pour l’ainée, ce n’est pas évident d’accueillir un petit frère. J’étais très contente de savoir que j’allais bénéficier d’écoute à ce sujet,...

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Accompagner les femmes enceintes et les mères à la rue : l’alliance entre le médical et le social (2e partie)

« L’ESI Georgette Agutte est réservé aux femmes enceintes et aux mères. L’accès à l’établissement est interdit aux hommes. » L’affiche est collée sur la porte d’entrée du lieu d’accueil, situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le message est traduit en plusieurs langues. Ce lieu d’accueil de jour, géré par une association, est autant un lieu de vie qu’un lieu de suivi social. L’équipe fixe se compose de trois accompagnantes éducatives et sociales, trois éducateurs spécialisés (au moment de la rédaction de cet article, ils sont en sous-effectif et sont seulement deux), et une psychologue à temps plein.  Des intervenantes extérieures de la PMI Hors les murs, viennent chaque semaine pour y faire des entretiens, dans une démarche « d’aller vers » : deux sages-femmes pour les mères et une infirmière puéricultrice pour les enfants. Des bénévoles peuvent venir ponctuellement animer des ateliers. L’ESI Georgette Agutte est un lieu de vie accueillant, où les femmes et leurs enfants peuvent non seulement se (re)poser et créer des liens sociaux, mais aussi bénéficier d’un suivi psychomédico-social avec l’équipe en place. Dans quel état psychique se trouvent ces femmes et ces enfants ?  Alexis : Les femmes migrantes se maintiennent car il faut qu’elles amènent leurs enfants à l’école, qu’elles leur fassent à manger, qu’ils prennent leur douche, qu’ils fassent leurs devoirs… Elles ont un rythme de vie. On les appelle « les invisibles ». On ne les voit pas car elles font comme tout le monde. Nous avons eu des femmes seules, de grandes marginales tombées enceintes, ce n’est pas le même profil que les migrantes avec leurs enfants. Pour ces grandes marginales, c’est très difficile, car elles sont dans les schémas de précarisation, ce qu’on appelait avant vulgairement « la clochardisation ». Elles vivent totalement déconnectées de la réalité pour se protéger. Souvent, ces femmes seules se dégradent au niveau de...

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Devenir maman solo en 2026

« La plupart des futures mamans et mamans qui font le choix de l’AMP (assistance médicale à la procréation) solo, font ce choix de manière très assumée. Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire. » C’est ce qu’observe Hélène François, sage-femme libérale à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, où les femmes qui ont ce parcours sont de plus en plus nombreuses à venir la consulter.   « Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire » Hélène François, sage-femme libérale  Et il en faut du courage pour élever seule des enfants dans une société dans laquelle « cela gêne qu’on puisse faire le choix de se passer d’un homme pour faire famille », constate Chloé Toulet, présidente de l’association Mam’ensolo. Pour elle, ce modèle familial qui est le sien et celui des membres de son asso – de femmes faisant le choix de la maternité en solo, par PMA ou par adoption – ne rentrera jamais dans la norme en raison de cette toute-puissance de la vision patriarcale du couple, qui est inscrite jusque dans la loi.  Pourtant, tout profil de parentalité confondu (seule, après une séparation, etc.), « un quart des familles sont monoparentales en France. Et dans des grandes villes comme Paris, ou encore dans les outre-mer, c’est une famille sur trois, voire une sur deux. On pourrait donc se dire que ce modèle est en train de devenir une norme parmi d’autres », nuance Olivia Barreau, à la tête de l’association de soutien aux familles monoparentales Moi & Mes enfants. Et pour la majorité, il s’agit de familles monomarentales, puisque dans 82 % de ces familles, c’est une femme qui est la cheffe de famille.  Les mamans solos peuvent aussi être les premières !  Et les mères solos qui ont fait le choix de l’être sont les premières pour les demandes enregistrées de dons de...

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Accompagner les femmes enceintes et les mères à la rue : l’alliance entre le médical et le social (Partie 1). Immersion au sein de l’ESI Georgette-Agutte à Paris

« L’ESI Georgette-Agutte est réservé aux femmes enceintes et aux mères. L’accès à l’établissement est interdit aux hommes. » L’affiche est collée sur la porte du lieu d’accueil, situé dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Le message est traduit en plusieurs langues.  Ce lieu d’accueil de jour, géré par une association, est autant un lieu de vie qu’un lieu de suivi social. L’équipe fixe se compose de trois accompagnantes éducatives et sociales, trois éducateurs spécialisés (au moment de la rédaction de cet article, ils sont en sous-effectif et sont seulement deux), et une psychologue à temps plein.  Des intervenantes extérieures de la PMI Hors les murs, viennent chaque semaine pour y faire des entretiens, dans une démarche « d’aller-vers » : deux sages-femmes pour les mères et une infirmière puéricultrice pour les enfants. Des bénévoles peuvent venir ponctuellement animer des ateliers. La structure est ouverte au public du mardi au samedi, de 9 h 15 à 16 h 30 et met à disposition pour ces familles une grande salle de vie collective, une cuisine, une laverie, une bagagerie, une salle de bains, une salle de repos, une cour extérieure… Les pièces sont spacieuses et lumineuses, adaptées pour accueillir les dizaines de femmes et enfants qui viennent s’y présenter. L’ESI Georgette Agutte est un lieu de vie accueillant, où les femmes et leurs enfants peuvent non seulement se (re)poser et créer des liens sociaux, mais aussi bénéficier d’un suivi psychomédicosocial avec l’équipe en place. Qui sont les femmes « à la rue » que vous accueillez ? Est-ce que « à la rue » signifie qu’elles sont dans la rue, sur le trottoir ?  Maud (infirmière) : Pour la grande majorité, ce sont des femmes exilées qui fuient un pays, une zone de conflit, ou des conditions de vie violentes (mariage forcé, excision, violences conjugales et familiales…). Durant leur parcours migratoire, elles peuvent subir des violences sexuelles....

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L’éducatrice de jeunes enfants Christelle Bardez anime un atelier d’apaisement et relaxation de l’enfant avec son parent.
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L’Association 1 000 jours ensemble, espace d’entraide et de soutien à la parentalité 

Créée en 2022, l’Association 1 000 jours ensemble accompagne les familles du début de la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant, en proposant des ateliers thématiques et des temps d’échanges. Le projet est né de la rencontre entre la sage-femme Bertille Sève et d’autres professionnelles de la périnatalité : la psychologue Marie Canteloup-Escure, l’infirmière puéricultrice Alice Gioberti et la kinésithérapeute Estelle Calvo. Ensemble, elles ouvrent d’abord le cabinet périnatal La Chrysalide, pour accompagner les femmes avant et après la grossesse. Mais rapidement, vient l’idée d’aller plus loin en créant une association consacrée à la parentalité.  L’union des compétences pour accompagner les familles « En tant que sage-femme, je proposais à mes patientes les séances classiques de préparation à la naissance, mais j’ai senti que ce n’était pas suffisant. Avec les professionnelles de l’Association 1 000 jours ensemble, on a réalisé qu’on partageait la même envie de faire un accompagnement post-natal, et de créer un espace d’échanges et de soutien pour les parents », explique Bertille Sève, sage-femme et présidente de l’association. Alice Gioberti, infirmière puéricultrice, ajoute : « Il existait déjà quelques associations sur le territoire, mais finalement assez peu de ressources par rapport aux besoins identifiés.Les familles exprimaient le besoin d’être accompagnées, de se rencontrer et de rompre avec l’isolement. De là est née l’idée de créer une association avec des ateliers et des groupes d’entraide. Au fur et à mesure, on a affiné les propositions par rapport aux demandes des familles. » Soutenue par la pédopsychiatre Claire Van den Hove et des médecins, dont la pédiatre Bernadette Lavollay, l’Association 1 000 jours ensemble est lancée en 2022. Des professionnel.le.s aux profils variés (éducateur·rice·s spécialisé·e·s, pompiers, diététicien·ne·s, sophrologues…) ont rejoint les praticiennes de La Chrysalide et aujourd’hui, une grande diversité d’ateliers est proposée, comme l’initiation aux gestes de premiers secours, la santé environnementale, l’éveil psychomoteur, la diversification alimentaire,...

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Verdun, une seule maternité pour tout un département
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Verdun, une seule maternité pour tout un département

Pourtant, avec moins de 1  000 accouchements par an, la petite maternité lorraine pourrait être visée par une fermeture, comme le préconise l’Académie de médecine dans un rapport publié en mars 2023. Comment s’organisent les parturientes et les services de soin dans la situation actuelle ?  Et surtout, pourrait-on voir disparaître le dernier plateau technique de la Meuse ? « Pour mon premier, j’ai accouché au mois de décembre, se remémore Angélique Camus-Noël. On avait de la neige, du verglas, et arrivés à Verdun, on m’a dit que ce n’étaient pas des contractions de travail. J’ai dû rentrer chez moi, alors que j’avais 1h15 de route. » Le lendemain, rebelote ! Elle enchaîne les kilomètres en pensant que le moment est arrivé, avant que l’hôpital ne l’autorise à rester en chambre. Cette Meusienne a mis au monde ses deux enfants à Verdun,sa maternité de secteur située pourtant à une cinquantaine de kilomètres de chez elle. « J’habite dans un petit village près de Montmédy, et pour me rendre à Verdun, je dois passer par le bois des Caures. Cela signifie plusieurs kilomètres boisés, sans réseau… J’appréhendais beaucoup ce moment », se rappelle-t-elle. Une situation stressante, d’autant plus que la jeune femme n’avait à l’époque pas bénéficié de préparation à l’accouchement. « Je n’ai eu aucun cours, car il aurait fallu aller à Verdun. Ça me faisait beaucoup trop de kilomètres et d’essence, juste pour une heure. » « La petite est née dans la voiture » De son côté, Charlène Collet réside à Cheppy, petit village de 156 âmes à un peu moins d’une heure de Verdun. En avril dernier, elle met au monde sa petite fille et vit une expérience semblable.« J’ai commencé à avoir des contractions vers cinq heures du matin. En arrivant à l’hôpital, j’ai fait des examens et ils m’ont dit que le col n’était pas assez ouvert. J’ai...

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Centre de santé communautaire, réponse au manque d’accès aux soins gynécologiques en milieu rural ?

L’Atelier en santé s’est implanté dans le centre du Finistère, à Plounéour-Ménez, il y a un an. Ce centre de santé communautaire se veut être une réponse au manque de professionnels de santé dans le secteur, mais son projet est bien plus large. Il inclut toute une population pour proposer une prise en charge globale, y compris sur le plan gynécologique et obstétrical. Parmi les soignants, il y a Morgan Lever-Crue, sage-femme.  « Une oasis dans le désert ». C’est avec ces mots qu’Elizabeth décrit le centre de santé communautaire implanté à Plounéour–Ménez. « Ploun » pour les gens du cru. Quand on y arrive, ce ne sont pourtant pas les premiers mots qui viennent à l’esprit. Le bourg voisin, tout de granit et de toits ardoisés, laisse peu de place au doute : nous sommes en Bretagne. Un Algeco® gris trône au fond d’un parking, où pas une des 1 300 âmes de la commune ne traine ce lundi matin. Mais dès que l’on pousse la porte du préfabriqué, une vague de chaleur nous envahit. Chaleur humaine, s’entend. Bienvenue à l’Atelier en santé qui a ouvert ses portes en décembre 2024, en plein centre du Finistère. Bien sûr, l’Algeco®, c’est temporaire, le temps de rénover l’ancienne bibliothèque de la ville pour s’installer dans des locaux en dur. Cela permettait de lancer le projet, mûri pendant cinq ans. En 2019, trois médecins généralistes implantés dans la rade de Brest et un salarié agricole veulent proposer du soin autrement. Décidés à rester dans leur département, ils regardent la carte des déserts médicaux et identifient les zones rouges. « OK, notre centre de santé, il faut le faire là », se mettent-ils d’accord, pointant cette zone aux portes des Monts d’Arrée. À ce moment-là, il y a quatre généralistes en libéral pour 10 000 habitants.En 2024, ils ne sont plus que 2,7....

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Exercer seule, sans être isolée : comment les sages-femmes libérales tiennent le cap

La liberté d’organisation reste la première motivation des sages-femmes qui choisissent le libéral. Pouvoir gérer son temps, ses patientes et son rythme d’exercice séduit par la souplesse qui en découle. Mais cette autonomie, vécue comme un soulagement au départ, peut rapidement devenir source d’isolement. « L’isolement, la surcharge de travail et le manque de relais sont des problématiques récurrentes », souligne Éliette Bruneau, présidente de l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL). Sans équipe à ses côtés, la praticienne doit assumer seule les urgences, la gestion administrative et la comptabilité. « Certaines finissent par ne plus prendre de vacances », constate-t-elle. “ L’isolement, la surcharge de travail et le manque de relais sont des problématiques récurrentes «  Eliette Bruneau Pour Daphnée Breton, psychologue du travail et référente du réseau Souffrance et Travail Paris ¹, ce mode d’exercice rend particulièrement vulnérable : « L’absence de collectif prive les praticiennes d’un soutien à la fois sur le plan technique (compétences, débats sur l’analyse des pratiques et de l’organisation du travail) et sur le plan émotionnel (écoute, entraide, reconnaissance) ». Le manque de relais aggrave le sentiment de fatigue et d’impuissance. Les premiers signaux sont discrets : irritabilité, troubles du sommeil, perte d’envie. Puis viennent la lassitude et la dévalorisation de soi. À cela s’ajoute une autre forme de pression : la crainte de perdre sa patientèle ou de ne pas assurer la continuité des soins en cas d’arrêt. Beaucoup repoussent le moment de souffler, au détriment de leur santé. Pascale Primault, sage-femme à Pont-l’Abbé, a longtemps observé ce cercle vicieux : « Quand on travaille seule, il n’y a personne pour dire stop. Le risque, c’est de ne plus savoir poser de limites ». Quand le collectif devient force Installée depuis 2020 à Pont-l’Abbé, Pascale Primault a fait le choix d’un -c-abinet de groupe avec deux consœurs qu’elle connaissait déjà à l’hôpital. « C’était un choix réfléchi...

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Étudiant·e·s sages-femmes et déjà engagé·e·s

« Le métier a un côté féministe : on soutient la santé et le droit des femmes. Naturellement, la filière attire des profils qui sont, à la base, engagés. Il n’y a pas de sage-femme qui ne le soit pas d’une certaine façon ou d’une autre », raconte Chloë Grunenwald, présidente de l’Association nationale des étudiant·e·s sages-femmes (ANESF).  À 22 ans, elle a pris une année de césure pour honorer son mandat. Ses causes, c’est la reconnaissance des sages-femmes et la lutte contre la précarité des étudiant.e.s. Dernier chantier : la réforme de la formation « qui va bientôt sortir ! Cela aura pris deux ans ! », s’exclame-t-elle. Et de conclure :« Aucune d’entre nous ne s’engage pour elle-même. On a des études suffisamment prenantes. Pour nous, c’est coûteux, c’est du sommeil en moins. On le fait pour la profession. » Elle est animée par une véritable vocation à défendre les étudiant.e.s sages-femmes (ESF).  Une vocation parmi tant d’autres. L’engagement associatif, bénévole et militant des ESF est pluriel. Il dépasse largement les revendications corporatistes. C’est un engagement civique et solidaire, caractérisé par la convergence des luttes et l’intersectionnalité, les enjeux environnementaux et climatiques, le souci de la santé publique, de l’autre, tout simplement. “ Aucune d’entre nous ne s’engage pour elle-même. […] On le fait pour la profession ”  Aider les personnes à la rue C’est ce à quoi se consacre Sterenn Lesaux, en troisième année de maïeutique. On la retrouve une soirée par semaine, devant les finances publiques de Rennes, ou à Saint-Melaine, les deux points fixes de la Croix-Rouge de la capitale bretonne.  Elle y distribue des boissons chaudes, des couvertures : « Comme l’hiver approche, on a fait une récolte à Décathlon pour récupérer des gants, des bonnets, des duvets. Beaucoup de -chaussettes aussi. » On entre dans la période critique que Sterenn redoute. L’année dernière, il y a eu plusieurs décès. ...

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Comment les règles affectent la pratique sportive et la performance ?

Les effets des menstruations sur les performances sportives  Depuis 2021, l’étude Empow’her (Exploring menstrual periods of women athletes to escalate ranking) de l’Insep enquête sur les impacts des cycles menstruels et de la contraception hormonale sur l’entraînement et la performance des sportives se préparant aux Jeux olympiques et paralympiques. Juliana Antero, chercheuse à l’Insep et ancienne sportive de haut niveau en gymnastique aérobique au Brésil, dirige le programme Empow’her. Une centaine d’athlètes ont participé à cette étude longitudinale. « Selon les résultats de l’étude, les symptômes menstruels sont associés à un impact négatif sur la pratique sportive, pendant les règles ou quelques jours avant. Les femmes peuvent avoir les seins qui gonflent, des maux de tête, ou une plus grande fatigue. » Jessika Guehaseim, spécialiste du lancer de marteau et joueuse de rugby à XIII, reconnaît que les règles peuvent affecter la performance. « Parfois, on cale nos compétitions en fonction des cycles, parce qu’on sait qu’il y a des moments où on se sent mieux dans son corps, alors qu’à d’autres périodes on se sent plus faibles et on ne veut pas risquer de faire une contre–performance. Bien sûr, ce n’est pas toujours possible, on ne décide pas des dates de championnats, mais dans la préparation on essaie de se calquer au maximum sur les cycles. » En effet, les menstruations peuvent provoquer une diminution des performances à cause du syndrome prémenstruel, d’une fatigue accrue, de sautes d’humeur, d’une baisse d’énergie, de crampes ou encore d’une période de récupération plus longue. En phase lutéale, le pic de progestérone peut entraîner une rétention d’eau, une sensibilité à la douleur et davantage de difficultés à se concentrer.  Alors qu’elle fait du sport de haut niveau depuis les années 2000, la handballeuse Estelle Nze Minko adapte ses entraînements à ses cycles depuis 2019 seulement. En 2020,...

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