Gestation pour autrui : l’interdiction française de principe et la nécessaire adaptation du droit à la réalité
Cependant, les autorités judiciaires font face à des demandes de reconnaissance d’enfants nés de GPA à l’étranger, qu’elles ont refusées pendant de nombreuses années, avant d’ouvrir des possibilités, notamment suite à l’affaire Mennesson et à la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme en 2016. Les arrêts rendus par l’assemblée plénière de la Cour de cassation le 3 juillet 2026 marquent une nouvelle étape importante dans le traitement juridique des situations des enfants nés d’une GPA à l’étranger. La Cour de cassation (la plus haute juridiction française, qui lorsqu’elle est en assemblée plénière, se prononce sur les grands principes du droit français) réaffirme avec force que la GPA demeure contraire à un principe essentiel du droit français, mais refuse d’en déduire qu’une décision étrangère établissant la filiation d’un enfant doit, par principe, être privée d’effet en France. La CEDH en 2016 avait condamné la France, non pas parce qu’elle interdisait la GPA, mais parce le système juridique français ne respectait pas l’intérêt supérieur de l’enfant et son droit à la vie privée (notamment son identité personnelle, dont la filiation est un des piliers) en ne prévoyant pas de mécanisme effectif et rapide de transcription de sa filiation à l’Etat civil français. Les décisions du 3 juillet 2026 viennent confirmer cette interdiction de la GPA en France comme un grand principe de droit, mais apportent des précisions sur la reconnaissance des enfants issus de GPA à l’étranger. Ces décisions concernent un couple d’hommes français, installé au Canada (où la gestation pour autrui est légalement autorisée) : ayant eu recours à deux GPA, dont sont nés trois enfants, ils ont demandé que la filiation déjà obtenue au Canada soit aussi reconnue en France. L’interdiction de la GPA en France : d’un refus absolu à une ouverture progressive L’interdiction de […]
