Bienvenue sur Profession Sage-Femme

LE magazine de toutes les sages-femmes. La maïeutique, tout un art, est à l’honneur.  Chaque mois, le magazine traite des actualités scientifiques, médicales, juridiques, sociales, économiques, politiques, politiques de la profession ainsi que de grands dossiers de fond.

  • Violences obstétricales, les propositions sur la table

    Violences obstétricales, les propositions sur la table

    Les maltraitances en gynécologieobstétrique relèvent-elles de dysfonctionnements du système ou du sexisme ? Les deux à la fois. Tel est le constat du rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), publié le 22 mai dernier et de celui du le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), remis le 29 juin à la secrétaire d’État Marlène Schiappa (voir encadré). Les instances ont auditionné l’ensemble des acteurs, y compris des médecins et des sages-femmes. Seul le Collège national des gynécologues-obstétriciens de France (CNGOF) a rejeté l’invitation du HCE. Complémentaires, la CNCDH et le HCE dénoncent un phénomène massif. Dans son avis intitulé Agir contre les maltraitances dans le système de santé : une nécessité pour respecter les droits fondamentaux, la CNCDH englobe à la fois la « maltraitance ordinaire », les inégalités de santé et les discriminations, évoquant des « dysfonctionnements généralisés » au sein du système de santé. Saisi par la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes en [...]Lire l'article »
  • Le soignant, seconde victime d’un événement grave

    Le soignant, seconde victime d’un événement grave

    « Un cas de décès d’enfant « m’empoisonne » un peu beaucoup la vie depuis trois ans. Il n’y a pas eu de dépôt de plainte, mais je me pose toujours la question de ma responsabilité. J’ai fui la salle d’accouchement pendant presque deux ans et je m’oblige à y retourner maintenant. » Tel est le témoignage laissé par une sagefemme qui a répondu à l’enquête sur le burn-out de Didier Truchot et Adeline Morel courant mars (voir Dossier p. 14). « En cas de décès d’un patient, une prise en charge spécifique est prévue pour sa famille. Mais quid du soignant ? », s’interroge Ségolène Arzalier-Daret, médecin anesthésiste au CHU de Caen. Militante, elle s’active au sein de la commission Santé du médecin anesthésiste-réanimateur au travail (Smart) du Collège français des anesthésistes-réanimateurs (CFAR), très en pointe sur la souffrance au travail des soignants (voir encadré p. 28). Le CFAR contribue à faire reconnaître la problématique du soignant comme seconde victime d’un événement indésirable grave (EIG), véritable stresseur susceptible de contribuer au [...]Lire l'article »
  • Rythme cardiaque foetal : quelle objectivité ?

    Rythme cardiaque foetal : quelle objectivité ?

    Dans le cadre d’un accouchement normal, le monitoring continu pour la surveillance du rythme cardiaque foetal (RCF) permet-il de protéger les bébés ou vise-t-il seulement à couvrir les obstétriciens et les sages-femmes contre l’éventualité d’un hypothétique procès ? « Dans les pays et les établissements où la cardiotocographie continue est utilisée dans un but préventif, de façon à se protéger des contentieux, tous les acteurs devraient être informés que cette pratique ne repose pas sur des preuves et n’améliore pas les issues de naissance », répondait l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en février dernier. L’organisation publiait une série de recommandations sur l’accouchement à bas risque (voir Profession Sage-Femme n° 244, avril 2018) dans laquelle elle ne conseille pas cette pratique pour les femmes enceintes en bonne santé ayant un travail spontané. Elle lui préfère l’auscultation intermittente par doppler ou stéthoscope de Pinard. Il faut dire que nombre d’études scientifiques pertinentes ont associé depuis longtemps l’usage du monito continu à un nombre accru d’interventions obstétricales, césariennes et extractions instrumentales en tête, sans pour autant démontrer une quelconque amélioration de l’état de santé des nouveau-nés. Face à de tels résultats, pourquoi son usage s’est il autant répandu ? Peut-on [...]Lire l'article »
  • Aux origines du microbiote

    Aux origines du microbiote

    « Lors d’une naissance par voie naturelle, le bébé entre en contact avec les microbiotes vaginal et intestinal – via les selles parfois expulsées – de sa mère. C’est une étape cruciale. Puis, s’il est nourri au sein, il ingère un peu de microbiote cutané et reçoit à travers le lait certaines bactéries d’origine maternelle pouvant avoir des propriétés probiotiques favorables à la croissance de son propre microbiote. » Résumant la pensée dominante, Marie-José Butel, qui dirige l’unité de microbiologie de l’Université Paris Descartes, estime que dans le ventre de sa mère, le foetus a un intestin quasi stérile. Jusqu’à récemment, on pensait d’ailleurs que le futur bébé grandissait dans une poche totalement stérile. Mais de nouveaux travaux viennent perturber ces connaissances et créent une polémique. Du coup, la question reste entière : d’où proviennent les différents microbiotes qui habitent nos organes ? Quelle est l’origine des premières bactéries qui colonisent le nouveau-né ? À ce sujet, la naissance est-elle vraiment l’événement primordial ? UN NOUVEL ORGANE L’étude des divers [...]Lire l'article »
  • Enceinte après un inceste dans l’enfance

    Enceinte après un inceste dans l’enfance

    Alors qu’elles étaient encore mineures, quatre millions de personnes, au moins, avaient connu l’inceste en France, en 2015. Probablement sous-estimé, le chiffre vient d’une enquête en ligne menée par l’Association internationale des victimes de l’inceste (AIVI), qui s’était associée à l’institut Harris Interactive. En 2009, le même type d’enquête chiffrait à deux millions le nombre de victimes. 9 % des femmes et 6 % des hommes. Aujourd’hui, la France compterait donc plus de trois millions de filles et de femmes survivantes de l’inceste. Certaines sont vos patientes. Pour la plupart d’entre elles, les conséquences sur leur santé et sur leur vie sont gigantesques. Comment devenir mère lorsqu’on a été agressée au sein de sa propre famille ? DEUX FORMES D’INCESTE L’inceste est une agression sexuelle de la part d’un membre de sa propre famille : un père, une mère, un oncle, une tante, un grand-père, une grand-mère… Parmi les agresseurs, les hommes dominent largement la scène, mais les femmes n’en sont pas absentes. Comme pour les autres maltraitances sexuelles, la [...]Lire l'article »
  • Nouvelle donne en salle de naissance

    Nouvelle donne en salle de naissance

    « Vous démontez tout ce qu’on a appris ! C’est assez déroutant ! » Début décembre 2017, dans le vaste amphithéâtre du Grand Palais de Lille, ce congressiste est perplexe. Il s’adresse à quelques membres du groupe de travail qui a oeuvré plus d’un an sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS) pour élaborer des recommandations de bonne pratique intitulées « Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales » (voir page 22). Elles viennent juste de lui être présentées dans le cadre des dernières journées du Collège national des gynécologues-obstétriciens français (CNGOF). Plus de 3200 personnes y ont assisté. Un accouchement « normal », c’est quoi exactement ? Comment faut-il le prendre en charge ? Que faut-il faire ou ne pas faire ? À quel moment ? De l’admission dans l’établissement (maternité ou maison de naissance) jusqu’à l’accueil du nouveau-né, en passant par tous les stades du travail, les spécialistes ont revu l’ensemble des pratiques cliniques au prisme de la littérature scientifique et de leur [...]Lire l'article »
  • Migrantes : les stéréotypes ont la vie dure

    Migrantes : les stéréotypes ont la vie dure

    Lorsqu’elle accouche en France, une femme immigrée a deux fois plus de risques de mourir en couches. Et si cette femme est née en Afrique subsaharienne, le risque est multiplié par cinq par rapport à une femme née en France ! D’où provient cette flagrante inégalité de santé ? Les causes de cette surmortalité sont-elles à chercher dans l’histoire de ces patientes, leur patrimoine génétique, leur parcours clinique, leur condition sociale ? Tous ces facteurs ont leur importance. Mais à eux seuls, ils ne paraissent pas suffire à expliquer d’aussi graves résultats. Encore rares en France, de récentes études tentent de comprendre le phénomène. Elles commencent à pointer du côté des professionnels de santé eux-mêmes et de l’organisation des soins. Sans même en avoir conscience, les soignants seraient-ils racistes ? UNE NAISSANCE SUR QUATRE En 2015, 22 % des enfants nés en France avaient une mère elle-même née à l’étranger, soit presque un quart des naissances au total. Parmi ces femmes, les plus nombreuses venaient d’Afrique du Nord. En 2015, elles comptaient pour 8 % des naissances, tandis que celles nées en Afrique subsaharienne avaient accouché de [...]Lire l'article »
  • ENP 2016 : dans le vif des pratiques

    ENP 2016 : dans le vif des pratiques

    En mars 2016, durant une semaine, l’équipe Epopée de l’Inserm a mené l’enquête dans toutes les maternités de France, recueillant une multitude d’indicateurs à la fois auprès des établissements et auprès des femmes, lors d’entretiens menés par près de 1300 enquêteurs. L’analyse des données de 14 142 naissances et auprès de 13 894 femmes permet d’avoir une photo complète et représentative des femmes et de leurs bébés, des pratiques médicales et de l’organisation des soins (voir page 18). Plusieurs items de l’Enquête Nationale Périnatale (ENP) permettent de vérifier si les mesures de santé publique sont appliquées et si les recommandations médicales sont mises en oeuvre sur le terrain. Globalement, la prévention en prénatal laisse à désirer. À l’accouchement en revanche, les pratiques professionnelles ont connu des progrès notables. En postnatal, l’enquête ne permet pas d’évaluer si les soins sont optimaux. PRÉVENTION : PEUT MIEUX FAIRE Avant de concevoir un enfant, seuls 35,3 % des femmes se sont rendues à une consultation préconceptionnelle. Est-ce parce que les gynécologues, médecins généralistes ou [...]Lire l'article »
  • Morts maternelles, au-delà des chiffres

    Morts maternelles, au-delà des chiffres

    Entre 2007-2009 et 2010-2012, le taux de mortalité maternelle est resté stable en France : 10,3 décès pour 100 000 naissances vivantes ont été enregistrés sur les deux périodes. C’est ce qu’indique le cinquième rapport de l’Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles (ENCMM) rendu public en septembre. Ce chiffre général, qui va retenir l’attention du plus grand nombre, cache en réalité les évolutions diverses des causes de décès et de la qualité des soins. AUDIT QUALITÉ « La mort maternelle, et cela est très particulier par rapport à d’autres indicateurs, est considérée comme un événement sentinelle qui signe un dysfonctionnement du système de soin, explique Catherine Deneux-Tharaux, responsable de l’ENCMM à l’Inserm. Il est d’autant plus important qu’on note un retard considérable à la mise en place d’un indicateur global de morbidité maternelle sévère. » Cela fait près de dix ans qu’un indicateur de morbidité est discuté dans la littérature internationale, sans qu’une définition consensuelle soit encore trouvée. « Bien que toutes les morts maternelles ne soient pas évitables, [...]Lire l'article »
  • L’obstétrique à l’heure de la révolution numérique

    L’obstétrique à l’heure de la révolution numérique

    Après les premier pas des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui ont banalisé les visio-staffs médicaux, les échanges de mails entre professionnels et la diffusion d’information en santé via le web, une deuxième révolution numérique est en cours. Portant le nom de e-santé, elle comprend la télésanté et ses déclinaisons, la domomédecine (du latin domus : maison) et la m-santé qui passe par les téléphones et tablettes mobiles. Elle est amenée à transformer tous les échelons du système, de la relation soignant/patient aux liens entre établissements ou entre les différents organismes et institutions. Les attentes envers elle sont fortes pour répondre aux défi s du vieillissement, de la désertification médicale, du virage ambulatoire et des progrès à réaliser en matière de prévention. En réalité, ce ne sont pas les TIC qui ont le plus changé, mais la nature et les méthodes de récolte de données qu’elles autorisent. QUOI DE NEUF, DOC ? « Ce qui est nouveau, précise l’Etat des lieux de l’innovation en santé numérique publié en novembre 2015 par la Fondation [...]Lire l'article »