« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément », affirmait Nicolas Boileau. Longtemps appelé syndrome des ovaires polykystiques, le trouble était associé, jusque dans son nom, à l’idée de « kystes » ovariens. Or cette représentation est inexacte : les personnes concernées ne présentent pas une augmentation des kystes pathologiques sur les ovaires. Si une morphologie ovarienne particulière peut être observée, elle correspond notamment à la présence de follicules immatures dont le développement est inachevé et non de kystes. Cette confusion n’est pas anodine. Selon l’article publié dans The Lancet, l’ancienne appellation masquait la diversité des manifestations endocriniennes et métaboliques de la maladie, tout en contribuant aux retards diagnostiques, à la fragmentation des soins et à la stigmatisation. Le nouveau nom, SMOP, abandonne donc la référence aux « kystes » pour mettre en avant trois dimensions centrales du syndrome : son caractère métabolique, ovarien et polyendocrinien Bien plus qu’un trouble ovarien Le changement de nom traduit une évolution de la compréhension scientifique de la maladie. Le SOPK, désormais SMOP, ne peut plus être considéré comme un trouble limité aux ovaires ou à la fertilité. Il est associé à des perturbations hormonales impliquant notamment les androgènes, l’insuline, les hormones ovariennes et certains mécanismes neuroendocriniens. Sur le plan gynécologique et reproductif, le syndrome peut se manifester par des cycles menstruels irréguliers ou une absence de règles, des troubles de l’ovulation, une infertilité ou des complications de grossesse. Une hyperandrogénie peut également entraîner une hyperpilosité, de l’acné ou une alopécie. Mais le syndrome comporte aussi une dimension métabolique importante : l’insulinorésistance, le diabète de type 2, l’obésité, l’hypertension, l’hypercholestérolémie, les maladies cardiovasculaires, les apnées du sommeil et la stéatohépatite métabolique. Des répercussions psychologiques sont également rapportées, notamment une anxiété, une dépression, une altération de la qualité de vie ou des troubles du comportement alimentaire. Une...