Sage-femme réalisant une IVG © Avanti Santé
Accès libre

IVG instrumentale par les sages-femmes en France

Cette extension de nos prérogatives est à l’initiative des sages-femmes orthogénistes, très au fait des difficultés pour les femmes d’accéder à l’IVG. La profession retrouve ainsi ce champ d’action, qui était historiquement sien : tout au long de l’histoire, les sages-femmes ont participé à la régulation des naissances et à l’IVG. Le long combat des sages-femmes orthogénistes Le travail pour aboutir à l’extension de ce champ de compétences a été un long combat porté par les sages-femmes orthogénistes. Il a fallu rassembler et convaincre lors de congrès inter professionnels impliquant des sages-femmes, des gynécologues obstétriciens, des médecins orthogénistes, mais aussi auprès des mouvements défendant les droits des femmes, auprès des politiques (ministères, Assemblée nationale, Sénat), ainsi que dans les médias. En 2013, un protocole de coopération avait été proposé par une équipe de La Pitié Salpêtrière afin de permettre la réalisation par des sages-femmes des IVG instrumentales en lieu et place du médecin gynécologue obstétricien ou du médecin d’orthogénie.Validé par la Commission médicale d’établissement centrale de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris en décembre 2014 et par l’Agence régionale de santé d’Ile de France en octobre 2015, ce protocole a été à l’origine de nombreux échanges avec la Haute Autorité de santé (HAS). Il a permis d’inspirer l’expérimentation nationale de la pratique des IVG instrumentales par des sages-femmes, intégrée dans la loi de financement de la Sécurité sociale du 14 décembre 2020. Après la publication de décrets et d’arrêtés, 26 établissements de santé ont été retenus dans le cadre d’un appel à projets national pour participer à cette expérimentation qui s’est déroulée du 28 octobre 2022 au 14 décembre 2023.  Les conclusions de cette expérimentation ont été encourageantes : 22 sages-femmes ont été volontaires et formées, 476 IVG instrumentales ont été réalisées n’entraînant pas d’événement indésirable grave. De plus, les femmes ont […]

Nouveau DU : Psychotrauma et violences faites aux femmes
Accès libre

Nouveau DU : Psychotrauma et violences faites aux femmes

Organisée en sept modules de deux jours (109 heures), avec quatre modules en présentiel et trois à distance, le programme abordera notamment les liens entre violences faites aux femmes et psychotraumatisme, la prise en soin du trauma, ainsi que les soins trauma-informés en gynécologie, santé sexuelle, obstétrique, périnatalité, santé des femmes hors gynécologie-obstétrique et accompagnement du jeune enfant.  Le DU s’adresse aux médecins, sages-femmes et psychologues, ainsi que, sur dossier, à d’autres professionnels médicaux ou paramédicaux ayant une formation initiale en santé des femmes et en santé mentale. L’évaluation reposera sur un écrit (QCM, QROC, mini-situations cliniques) et sur un cas clinique soutenu à l’oral. Le Comité de coordination pédagogique réunit plusieurs profils hospitalo-universitaires et de terrain, parmi lesquels les docteures Elisabeth Iraola et Priscille Sauvegrain, toutes deux MCU-sages-femmes à l’hôpital Pitié-Salpêtrière et à la Faculté de Santé Sorbonne Université, aux côtés du professeur Jacky Nizard, gynécologue-obstétricien, du professeur Florian Ferrari, psychiatre, du docteur Xavier Benarous, pédopsychiatre, du docteur Sophie Duchesne, gynécologue-obstétricienne et médecin légiste, du professeur Jean-Sébastien Cadwallader, médecin généraliste, ainsi que d’Anne Evrard, co-présidente du Ciane.  Infos et inscriptions

Actus

Les sages-femmes lancent le CLAP pour porter une stratégie commune

Sa feuille de route prévoit notamment la pleine reconnaissance de la profession médicale de sage-femme, son intégration au corps médical et à la gouvernance hospitalière, une juste valorisation économique de l’exercice, le renforcement de sa place dans les soins primaires et le suivi gynécologique de prévention, ainsi qu’une refondation de l’organisation de la périnatalité. Le CLAP défend également des parcours de soins fondés sur la coopération entre professions et la complémentarité des compétences. Il réunit actuellement le CNP-M, l’ONSSF, l’APSF, l’AFSFA, l’ANSFC et l’UNSSF, et a vocation à s’élargir progressivement.

Actus

Hoama, l’appli pour aborder l’accouchement avec sérénité

Formée à l’accouchement physiologique, à la naissance naturelle et à l’hypnose médicale, elle propose notamment des techniques destinées à mieux traverser l’intensité du travail et à distinguer douleur et souffrance. L’application s’organise autour de deux périodes : avant et après la naissance. Elle aide notamment les futurs parents à repérer le moment de partir à la maternité et propose des histoires audio guidées, des exercices respiratoires, des mantras, des conseils de mobilité, d’acupression ou de soutien pour l’accompagnant. Après l’accouchement, elle aborde l’alimentation du nouveau-né, les pleurs, le sommeil, le baby blues et les bouleversements du quatrième trimestre. Gratuite et accessible hors connexion, Hoama complète la préparation à la naissance sans remplacer l’accompagnement par la sage-femme, ni l’avis médical.

Actus

Connaissez-vous les « ordonnances vertes » ?

L’ordonnance, signée par une sage-femme, un médecin ou un autre professionnel de santé, sert à attester la grossesse et à ouvrir l’accès au programme.  Entendons-nous, il ne s’agit pas d’un traitement médical ni d’une prestation remboursée par l’Assurance Maladie. En l’absence de programme national, les ordonnances vertes demeurent dépendantes des budgets et des choix politiques locaux. Chaque collectivité adapte librement le contenu, la durée et la tarification.  L’objectif est de limiter, pendant une période sensible du développement fœtal, l’exposition à certaines substances présentes notamment dans les pesticides, les plastiques, les cosmétiques ou les produits ménagers. Les ordonnances vertes visent aussi à améliorer l’accès à une alimentation fraîche et de qualité, tout en soutenant les producteurs biologiques locaux. Né à Strasbourg en 2022, le modèle a depuis inspiré de nombreuses collectivités, mais son déploiement reste très inégal.

Actus

Sur le parking des anges…

Le hasard, justement, a bien fait les choses : la voiture vient de s’arrêter devant un cabinet infirmier et de kinésithérapie. À l’intérieur se trouvent Élise Roy, kinésithérapeute, et Aurélie Nicole, infirmière libérale. Cette dernière n’aurait même pas dû être là : en repos ce jour-là, elle était simplement venue pour son propre rendez-vous de kinésithérapie. Alertées par les cris provenant du parking, les deux professionnelles sortent du cabinet en courant. Elles pensent d’abord devoir porter secours à une personne victime d’un malaise. Mais lorsqu’elles approchent de la voiture, la tête du bébé commence déjà à apparaître. Tandis qu’Élise reste en contact avec le Samu, toutes deux rassurent les parents, trouvent les mots et les gestes nécessaires et accompagnent la naissance jusqu’à l’arrivée des secours. À 16 h 42, Ava pousse ses premiers cris dans la voiture.  « Tout était bien aligné », raconteront ensuite ses parents, bouleversés par cette arrivée aussi imprévisible qu’heureuse. Aurélie et Élise, jusque-là parfaitement inconnues de la famille, sont devenues en quelques instants les deux fées marraines de leur fille.  Pour graver cette rencontre dans le marbre, Laura et Florian ont choisi de donner à leur fille les prénoms de celles qui les avaient aidés : elle s’appelle désormais Ava Aurélie Élise. « On ne veut pas, on ne peut pas les oublier », explique sa mère. L’histoire réserve encore un dernier clin d’œil. Plus jeunes, Aurélie et Élise avaient toutes les deux rêvé de devenir sages-femmes. La vie les avait conduites vers d’autres métiers du soin, mais, le temps d’un après-midi, elle leur a offert l’occasion d’accompagner une naissance. « Le soir, quand je suis montée dans ma voiture, j’avais les larmes aux yeux », confie Élise. Une semaine plus tard, l’émotion restait intacte : « Quand on en parle, on a la chair de poule », ajoutait Aurélie. Ava aura aussi réveillé l’état civil de […]

Actus

Mammex : un nouvel outil pour faciliter le recueil du colostrum

Développé par la société Eomaia, Mammex est un dispositif conçu pour accompagner l’expression et le recueil du colostrum, notamment en cas de prématurité, de séparation entre la mère et l’enfant ou de difficulté de mise au sein immédiate. Selon le fabricant, sa forme guide le geste et permet de recueillir directement le colostrum dans un tube stérile, avec l’objectif de limiter les pertes. Commercialisé depuis avril 2026, le dispositif est fabriqué en silicone de grade médical et doit être désinfecté avant usage. Dans le catalogue transmis, il est proposé à 30 € TTC seul ou à 34 € TTC en kit, avec cinq tubes stériles à usage unique, une notice et cinq étiquettes. En savoir plus : www.eomaia.fr

Femme enceinte canicule
Actus

Grossesse et fortes chaleurs : les bons réflexes pour éviter le coup de chaud

Pendant la grossesse, le volume sanguin et le débit cardiaque augmentent afin de répondre aux besoins maternels et fœtaux. Ces adaptations peuvent rendre les fortes chaleurs plus difficiles à supporter. Fatigue, vertiges, maux de tête, jambes lourdes ou chevilles gonflées peuvent être accentués. Les nuits chaudes peuvent également perturber le sommeil et majorer la fatigue. Déshydratation et coup de chaleur L’un des principaux risques immédiats est la déshydratation. Une soif importante, une bouche sèche, des urines rares ou foncées, des vertiges, des maux de tête ou une fatigue inhabituelle doivent alerter. Chez les femmes souffrant de nausées ou de vomissements, la chaleur peut compliquer le maintien d’une hydratation suffisante. La déshydratation peut s’accompagner de contractions utérines, sans annoncer nécessairement le début du travail. Celles-ci ne doivent toutefois pas être banalisées lorsqu’elles deviennent régulières, douloureuses ou persistantes. L’organisme peut ne plus parvenir à évacuer suffisamment la chaleur. Une température corporelle très élevée, une confusion, des troubles du comportement, des convulsions ou une perte de connaissance peuvent évoquer un coup de chaleur. Il s’agit d’une urgence médicale. Des risques obstétricaux observés  Plusieurs études épidémiologiques associent l’exposition à des températures élevées pendant la grossesse à une augmentation du risque de prématurité, de faible poids de naissance et de mortinatalité.Ces résultats décrivent des variations de risque à l’échelle de populations et ne signifient pas qu’une journée de chaleur entraînera nécessairement une complication. Une étude française menée auprès d’environ 21 000 femmes a associé l’exposition à la chaleur pendant certaines périodes des deux premiers trimestres à une diminution moyenne du poids de naissance comprise entre 40 et 200 grammes. Des tendances plus marquées ont été observées dans les environnements peu végétalisés ou socialement défavorisés. Une autre étude, portant sur plus de 12 000 couples mère-enfant, a relevé une association entre une chaleur nocturne élevée de […]

Actus

La PSPE, nouvelle ressource de référence en santé environnementale périnatale

L’ambition de la PSPE est de mettre à disposition des repères fiables, pratiques et faciles d’usage, fondés sur les données scientifiques les plus récentes, notamment les recommandations de pratique clinique du CNSF. Le site couvre plusieurs champs majeurs de la santé environnementale : polluants de l’air intérieur, substances chimiques des produits du quotidien, accidents domestiques, écrans, ondes, expositions professionnelles. Les contenus sont organisés à la fois par thématiques et par périodes clés — préconception, grossesse, 0-2 ans — afin de permettre un usage rapide en consultation ou sur le terrain. La plateforme permet aussi l’envoi de contenus synthétiques aux parents par courriel, se veut adaptée aux usages mobiles et s’inscrit dans une démarche d’éco-conception. Pour les professionnels de première ligne, elle se présente comme un outil concret pour hiérarchiser les messages de prévention, répondre plus précisément aux questions des familles et transmettre des informations claires, cohérentes et directement mobilisables. La plateforme PSPE est basée sur les dernières données de la recherche scientifique. Elle s’appuie sur un groupe de travail regroupant des experts et des représentants des différentes sociétés savantes des professionnels de la périnatalité. www.pspe.fr

Actus

Et la Lauréate du Grand Prix evian des Sages-Femmes 2026 est…

Même son de cloche chez Sophie Escobar, sage-femme échographiste et présidente du Conseil National Professionnel de Maïeutique (CNP-M), également juge : « C’est le mémoire de Victorine qui m’a le plus ému. Il est audacieux, car il s’attaque à l’invisible », à savoir la communication thérapeutique comme travail des sages-femmes « qu’il n’y aurait besoin ni de chiffrer, ni de coter puisque qu’on va le faire gratuitement, alors qu’il est essentiel ».   Non seulement, ce mémoire intitulé « Paroles de sages-femmes, la communication comme matrice identitaire et enjeu éthique contemporain en salle de naissance » les a émues, mais il les a impressionnées par l’ampleur du panel de témoins réunis par Victorine pour réaliser sa recherche qualitative en multicentrique : « 21 entretiens de sages-femmes, c’est exceptionnel, c’est un travail gigantesque », s’est exclamée l’autre membre du jury Anne Chantry, sage-femme, épidémiologiste et professeure des universités en maïeutique à l’Université Paris Cité : « Ses conclusions, c’est que cette communication s’apprend. Il faut qu’on forme les étudiants à faire cela ! En tant qu’enseignante dans un département de maïeutique, je me dis qu’on a beaucoup d’ateliers de savoir-être, de mises en situation, mais on doit aller plus loin encore dans cette direction, parce qu’elle est fondamentale ».  Lors de la remise des prix à La Rochelle le 20 mai 2026, aux Assises Nationales des Sages-Femmes, quatre mémoires de fin d’études sélectionnés à l’échelle nationale parmi 35 travaux étaient en compétition. C’est donc le thème de recherche présenté à l’oral devant un parterre de plus de 400 sages-femmes par Victorine qui l’a emporté haut la main, de par son originalité et sa capacité à repérer et mettre en valeur une expertise de la sage-femme encore sous-estimée : « Dans mon étude, les sages-femmes interrogées ont pu exprimer la dimension de leur communication qui s’est avérée verbale, non verbale, et aussi paraverbale.Mais aussi des techniques plus spécifiques […]