Fœtus en danger : faut-il signaler ?

5 octobre 2018 0

« Annoncer aux parents une séparation quand leur bébé vient juste de naître, c’est impensable. Cela bouscule tout le monde. C’est émotionnellement très difficile », raconte Estelle Russeil. Cette éducatrice est coordinatrice entre le service de protection maternelle et infantile (PMI) et celui de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), où les enfants peuvent être placés sur décision judiciaire après avoir été séparés de leur famille par mesure de protection. Le poste est rare, mais dans la Vienne (86), c’est elle qui vient chercher les nouveau-nés à la maternité lorsque le procureur de la République, après une alerte des équipes de PMI et de la maternité, estime que l’enfant ne peut pas rester avec sa mère. Les situations peuvent être dramatiques, « avec beaucoup de violence, de cris, de pleurs », poursuit l’éducatrice. Mais depuis quelques années, elle constate que ces séparations se passent mieux que par le passé. À la maternité, la violence a baissé. Elle attribue ce phénomène au protocole mis en place dans son département au sujet de la transmission d’une...

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Alcoolisation fœtale : au moins un nouveau-né trinque chaque jour

5 octobre 2018 0

3207 nouveau-nés ont été dépistés avec un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) ou une affection en lien avec l’alcoolisation maternelle entre 2006 et 2013. Il s’agit d’estimations de Santé publique France (SPF), qui a sonné l’alarme en marge du 9 septembre, Journée mondiale du syndrome d’alcoolisation fœtale. Jusqu’ici, aucune étude nationale n’avait évalué l’incidence et l’impact de l’alcoolisation fœtale à la naissance. L’étude souligne qu’au moins un enfant naîtrait ainsi chaque jour avec des séquelles liées à son exposition à l’alcool in utero. En réalité, bien plus d’enfants sont concernés, les troubles allant des formes sévères de SAF à des problèmes neuro-développementaux non repérables à la naissance.   Premières estimations Les chercheurs ont travaillé à partir des données du Programme de médicalisation des systèmes d’information en médecine, chirurgie et obstétrique (PMSI-MCO), pour toute la France, hors Mayotte. Seules les hospitalisations survenues entre la naissance et les 28 premiers jours de vie ont été retenues. À plus de 90 %, les cotations étaient effectuées à la naissance et dans 3,4 % des cas...

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Dépression postnatale : la prévention manque sa cible

5 octobre 2018 0

Les programmes de prévention ne touchent pas suffisamment ceux qui en ont le plus besoin. Cette assertion est en passe de devenir une loi générale en santé publique. En périnatalité, il en va de même concernant l’entretien prénatal précoce (EPP) et la préparation à la naissance et à la parentalité (PNP). Conçues comme outils de prévention en santé physique et mentale, ces interventions ne parviennent pas à prévenir la dépression du post-partum. Telle est la conclusion à laquelle aboutit Séverine Barandon, sage-femme doctorante au sein de l’unité Inserm Bordeaux Population Elfe, qui a mené l’enquête. Ses premiers résultats ont été rendus publics, parmi d’autres, lors de la deuxième Journée scientifique de la cohorte Elfe le 11 septembre dernier.   Évaluations croisées Les investigations ont porté sur 16 411 mères de la cohorte Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance), qui inclut plus de 18 000 enfants depuis 2011. En maternité, les mères ont rempli un questionnaire indiquant si elles ont suivi ou non un EPP et la PNP. Deux mois après...

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« Le vécu des parents nous donne des indications d’action »

5 octobre 2018 0

Pourquoi l’expérience des parents et leur vécu vous ont-ils passionnée en tant que chercheuse ? Ce sujet est venu à moi alors que j’effectuais un travail de recherche auprès de femmes dont le bébé se présentait en siège. Je les interrogeais sur leur stratégie de choix entre une voie basse et une césarienne, option au final la plus fréquente. J’ai constaté un paradoxe. Elles optaient en majorité pour une opération alors qu’elles rêvaient surtout d’un accouchement par voie basse. Leur désir était mis de côté au nom de la sécurité. J’ai réalisé à la fois à quel point la césarienne était banalisée par les soignants en cas de siège et combien les femmes avaient tendance à établir une hiérarchie des accouchements, du plus réussi à celui qui serait raté. D’un côté, les professionnels soignants avançaient souvent que l’opération pourrait être aussi bien vécue, voire mieux, qu’un accouchement par les voies naturelles. De l’autre, les femmes avaient comme idéal un accouchement par voie basse sans péridurale. En parallèle, tout un courant...

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Des frenchies au Royaume-Uni

3 octobre 2018 0

« En tant que sage-femme, je me sens beaucoup plus épanouie en Angleterre qu’en France. D’un point de vue professionnel, mon départ pour l’Angleterre a été la meilleure décision que j’ai prise. Alors qu’en France, je me posais vraiment la question de savoir si j’étais faite pour ce métier », raconte Kerstin Lelubre. Elle a exercé deux ans dans un établissement de type II à Perpignan, avant de migrer. Depuis son arrivée outre-Manche, elle a suivi diverses formations. À 33 ans, elle est devenue manager à l’hôpital de Lewisham, un gros hôpital londonien. REDÉCOUVRIR SON MÉTIER Les sages-femmes françaises qui ont suivi le même chemin n’expriment pas autre chose. Tout au moins celles que nous avons interrogées, qui exercent toutes dans la capitale. « En arrivant en Angleterre, j’ai eu l’impression de découvrir ce qu’était la naissance et l’accouchement physiologiques. J’ai aussi eu l’impression de redécouvrir le métier de sage-femme. Si j’étais restée en France, je n’aurais pas connu le même niveau d’épanouissement. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, je ne pourrais pas retravailler dans une maternité française, surtout pas en salle d’accouchement, avec trois ou quatre patientes à prendre en charge… », évoque de son côté Camille...

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« Le postnatal est le parent pauvre des services de maternité »

3 octobre 2018 0

Quelle est la conclusion principale de l’étude que vous avez conduite à Marseille ? Dans le post-partum, le vécu de l’accouchement est le facteur de stress majeur perçu par les mères. Ce n’est pas la relation avec le nouveau-né ni la fatigue ou l’allaitement. Pourtant, pour l’immense majorité d’entre elles, la douleur a été prise en charge. Nous sommes parvenus à cette conclusion après avoir étudié le vécu émotionnel des femmes pendant la période du post-partum aux CHU marseillais. Nous avons travaillé dans les deux établissements publics de type III du Gynépôle. À eux deux, ils totalisent 5600 naissances par an. Pendant six mois, courant 2015, nous avons recueilli les réponses de 90 primipares et 110 multipares. L’âge moyen des femmes était de 28 ans et presque 70 % d’entre elles avaient eu recours à une péridurale. Nous leur avons soumis un questionnaire en deux parties. La première était descriptive et la seconde concernait la PDPSI, qui est une échelle psychométrique d’évaluation des facteurs de stress. Scientifiquement validée, elle a été...

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