« Le postnatal est le parent pauvre des services de maternité »

Avec ses collègues, Sébastien Riquet, enseignant sage-femme à l’école universitaire de maïeutique Marseille Méditerranée et docteur en santé publique, a montré qu’en suites de couches, les femmes sont surtout stressées par le vécu de leur accouchement. Il invite à réorganiser les services.

Quelle est la conclusion principale de l’étude que vous avez conduite à Marseille ? Dans le post-partum, le vécu de l’accouchement est le facteur de stress majeur perçu par les mères. Ce n’est pas la relation avec le nouveau-né ni la fatigue ou l’allaitement. Pourtant, pour l’immense majorité d’entre elles, la douleur a été prise en charge. Nous sommes parvenus à cette conclusion après avoir étudié le vécu émotionnel des femmes pendant la période du post-partum aux CHU marseillais. Nous avons travaillé dans les deux établissements publics de type III du Gynépôle. À eux deux, ils totalisent 5600 naissances par an. Pendant six mois, courant 2015, nous avons recueilli les réponses de 90 primipares et 110 multipares. L’âge moyen des femmes était de 28 ans et presque 70 % d’entre elles avaient eu recours à une péridurale. Nous leur avons soumis un questionnaire en deux parties. La première était descriptive et la seconde concernait la PDPSI, qui est une échelle psychométrique d’évaluation des facteurs de stress. Scientifiquement validée, elle a été…

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