Grand Angle

Accompagner les femmes enceintes et les mères à la rue : l’alliance entre le médical et le social (2e partie)

« L’ESI Georgette Agutte est réservé aux femmes enceintes et aux mères. L’accès à l’établissement est interdit aux hommes. » L’affiche est collée sur la porte d’entrée du lieu d’accueil, situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le message est traduit en plusieurs langues. Ce lieu d’accueil de jour, géré par une association, est autant un lieu de vie qu’un lieu de suivi social. L’équipe fixe se compose de trois accompagnantes éducatives et sociales, trois éducateurs spécialisés (au moment de la rédaction de cet article, ils sont en sous-effectif et sont seulement deux), et une psychologue à temps plein.  Des intervenantes extérieures de la PMI Hors les murs, viennent chaque semaine pour y faire des entretiens, dans une démarche « d’aller vers » : deux sages-femmes pour les mères et une infirmière puéricultrice pour les enfants. Des bénévoles peuvent venir ponctuellement animer des ateliers. L’ESI Georgette Agutte est un lieu de vie accueillant, où les femmes et leurs enfants peuvent non seulement se (re)poser et créer des liens sociaux, mais aussi bénéficier d’un suivi psychomédico-social avec l’équipe en place. Dans quel état psychique se trouvent ces femmes et ces enfants ?  Alexis : Les femmes migrantes se maintiennent car il faut qu’elles amènent leurs enfants à l’école, qu’elles leur fassent à manger, qu’ils prennent leur douche, qu’ils fassent leurs devoirs… Elles ont un rythme de vie. On les appelle « les invisibles ». On ne les voit pas car elles font comme tout le monde. Nous avons eu des femmes seules, de grandes marginales tombées enceintes, ce n’est pas le même profil que les migrantes avec leurs enfants. Pour ces grandes marginales, c’est très difficile, car elles sont dans les schémas de précarisation, ce qu’on appelait avant vulgairement « la clochardisation ». Elles vivent totalement déconnectées de la réalité pour se protéger. Souvent, ces femmes seules se dégradent au niveau de...

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Grand Angle

Devenir maman solo en 2026

« La plupart des futures mamans et mamans qui font le choix de l’AMP (assistance médicale à la procréation) solo, font ce choix de manière très assumée. Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire. » C’est ce qu’observe Hélène François, sage-femme libérale à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, où les femmes qui ont ce parcours sont de plus en plus nombreuses à venir la consulter.   « Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire » Hélène François, sage-femme libérale  Et il en faut du courage pour élever seule des enfants dans une société dans laquelle « cela gêne qu’on puisse faire le choix de se passer d’un homme pour faire famille », constate Chloé Toulet, présidente de l’association Mam’ensolo. Pour elle, ce modèle familial qui est le sien et celui des membres de son asso – de femmes faisant le choix de la maternité en solo, par PMA ou par adoption – ne rentrera jamais dans la norme en raison de cette toute-puissance de la vision patriarcale du couple, qui est inscrite jusque dans la loi.  Pourtant, tout profil de parentalité confondu (seule, après une séparation, etc.), « un quart des familles sont monoparentales en France. Et dans des grandes villes comme Paris, ou encore dans les outre-mer, c’est une famille sur trois, voire une sur deux. On pourrait donc se dire que ce modèle est en train de devenir une norme parmi d’autres », nuance Olivia Barreau, à la tête de l’association de soutien aux familles monoparentales Moi & Mes enfants. Et pour la majorité, il s’agit de familles monomarentales, puisque dans 82 % de ces familles, c’est une femme qui est la cheffe de famille.  Les mamans solos peuvent aussi être les premières !  Et les mères solos qui ont fait le choix de l’être sont les premières pour les demandes enregistrées de dons de...

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Actus

SAMa : Soutien Accompagnement Maternité. À Villeneuve-Saint-Georges, un accompagnement sur mesure pour les femmes les plus vulnérables 

Un besoin né du terrain « Chez certaines femmes qui arrivaient aux urgences, quelque chose ne tournait pas rond. Je me sentais désarmée », relate Maud Bérardier, sage-femme au CHIV. « À l’école de sages-femmes, on nous apprend à être de bonnes techniciennes, mais pas tellement à communiquer. » Partant de ce constat, elle suit d’abord le DU Violences faites aux femmes (VFF), puis un DU Précarité, Santé maternelle et périnatale. De son côté, Solène Cottin, sage-femme de PMI dans le Val-de-Marne, est inscrite au même diplôme universitaire et s’apprête à prendre le poste de sage-femme PMI de liaison à la maternité. La rencontre de ces deux professionnelles engagées se révèle décisive. « L’ARS voulait faire baisser les taux de mortalité dans le 94. Fortes de son soutien, nous avons monté le projet et l’unité SAMa a ouvert en 2025 », précisent-elles. Une unité pensée pour son territoire Le SAMa s’inscrit dans le sillage des UAP (unités d’accompagnement personnalisé), déjà implantées en Seine-Saint-Denis. « On a regardé ce qui existait ailleurs, notamment dans le 93, et on s’est dit que notre territoire avait des besoins très comparables. » Le SAMa constitue ainsi la première UAP du sud de l’Île-de-France. Implantée à la frontière du Val-de-Marne et de l’Essonne, la maternité rayonne sur deux bassins de population. « Les profils diffèrent légèrement selon les départements, mais les besoins existent des deux côtés », soulignent les deux sages-femmes. « Du premier rendez-vous à aujourd’hui, je ne me suis jamais sentie seule » Des vulnérabilités multiples Parcours migratoires, isolement, troubles psychiatriques, violences, deuils périnataux, dénis de grossesse, parcours en aide sociale à l’enfance… les vulnérabilités sont multiples, s’additionnent et s’entrecroisent.En ce moment, les violences conjugales à elles seules concernent près d’une femme sur trois au sein de l’unité SAMa. Repérer et orienter L’adressage des patientes à l’unité SAMa intervient après l’échographie du premier...

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A la Une

Marion Vallet, Objectif bébé !

Pourquoi sage-femme ? Je ne crois pas que l’on fasse ce métier par hasard. Dans mon cas, tout s’est joué quand j’avais 14 ans, à la naissance de mon petit frère. J’étais à la maternité, auprès de ma mère, quand une sage-femme est entrée dans la chambre et a simplement demandé : « Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? » Allez savoir ce qui s’est passé dans ma tête, je me suis dit : « C’est ça, je veux être sage-femme ! » C’est dingue, parce que cette dame n’avait rien fait ni rien dit d’extraordinaire. Un coup de foudre mystérieux, en somme, pour un métier dont j’ignorais tout.  Vous n’avez jamais douté ?  Si. En première année de médecine, c’était si difficile que je me suis interrogée : « J’espère que je ne fais pas tout ça pour une lubie. »Ensuite, lorsque j’ai eu médecine, un autre doute est arrivé : puisque j’avais le choix, pourquoi ne pas devenir médecin ? J’avais malgré moi l’impression qu’être sage-femme, c’était peut-être un peu en-dessous, simplement parce que les études étaient plus courtes et le champ de compétences plus étroit. J’avais le sentiment que j’allais me fermer des portes. C’était une idée reçue, je sais, mais qui m’a fait vaciller un temps. Qu’est-ce qui vous a décidé ? Une phrase libératrice. Pendant un stage que j’ai choisi d’effectuer pour mûrir mon projet, un médecin m’a dit : « C’est sûr que si tu choisis sage-femme, tu vas te fermer des portes. Mais en même temps, libre à toi d’être une sage-femme experte. » Ça a été décisif. Je me suis dit : « Je vais faire sage-femme, c’est ce que je veux depuis toujours. Et je deviendrai une sage-femme experte ! »Une sage-femme aussi a de nombreux champs d’expertise possibles. Libre à chacune d’être la sage-femme qu’elle souhaite. Vous avez récemment pris la parole sur les réseaux sociaux, précisément à ce sujet…...

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Portrait

Marion Vallet, Objectif bébé !

Pourquoi sage-femme ? Je ne crois pas que l’on fasse ce métier par hasard. Dans mon cas, tout s’est joué quand j’avais 14 ans, à la naissance de mon petit frère. J’étais à la maternité, auprès de ma mère, quand une sage-femme est entrée dans la chambre et a simplement demandé : « Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? » Allez savoir ce qui s’est passé dans ma tête, je me suis dit : « C’est ça, je veux être sage-femme ! » C’est dingue, parce que cette dame n’avait rien fait ni rien dit d’extraordinaire. Un coup de foudre mystérieux, en somme, pour un métier dont j’ignorais tout.  Vous n’avez jamais douté ?  Si. En première année de médecine, c’était si difficile que je me suis interrogée : « J’espère que je ne fais pas tout ça pour une lubie. »Ensuite, lorsque j’ai eu médecine, un autre doute est arrivé : puisque j’avais le choix, pourquoi ne pas devenir médecin ? J’avais malgré moi l’impression qu’être sage-femme, c’était peut-être un peu en-dessous, simplement parce que les études étaient plus courtes et le champ de compétences plus étroit. J’avais le sentiment que j’allais me fermer des portes. C’était une idée reçue, je sais, mais qui m’a fait vaciller un temps. Qu’est-ce qui vous a décidé ? Une phrase libératrice. Pendant un stage que j’ai choisi d’effectuer pour mûrir mon projet, un médecin m’a dit : « C’est sûr que si tu choisis sage-femme, tu vas te fermer des portes. Mais en même temps, libre à toi d’être une sage-femme experte. » Ça a été décisif. Je me suis dit : « Je vais faire sage-femme, c’est ce que je veux depuis toujours. Et je deviendrai une sage-femme experte ! »Une sage-femme aussi a de nombreux champs d’expertise possibles. Libre à chacune d’être la sage-femme qu’elle souhaite. Vous avez récemment pris la parole sur les réseaux sociaux, précisément à ce sujet… […]

Actus

Les sages-femmes reconnues comme indispensables à la santé des femmes par le Parlement européen

Une reconnaissance inédite Cette résolution reconnaît que la qualité des soins de pratique sage-femme :  Elle invite la Commission européenne à élaborer des standards communs à l’échelle de l’Union pour les soins anténatals, l’accouchement, le postnatal, ainsi que pour la santé maternelle et néonatale. Il demande aussi une mise à jour de la directive européenne sur la maïeutique, afin de l’aligner sur les standards internationaux et de faciliter le partage de bonnes pratiques entre pays. Des demandes concrètes pour la santé des femmes La résolution parlementaire s’inscrit dans un texte plus large consacré aux inégalités de santé qui touchent les femmes. Le Parlement appelle la Commission à développer une approche « sensible au genre » en matière de santé, en ciblant notamment la santé maternelle, la santé mentale, le cancer et l’endométriose. Il demande également un cadre européen sur l’usage sûr des médicaments pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi qu’un accès complet à des soins sexuels et reproductifs de qualité, comprenant des soins obstétricaux et de maïeutique respectueux. Un signal politique fort, mais non contraignant Cette résolution n’a pas de valeur juridiquement contraignante, mais elle fixe une orientation politique claire pour les travaux à venir de la Commission en vue de la stratégie 2026-2030. L’ICM rappelle avoir pris part à la consultation publique préalable et avoir mobilisé ses partenaires européens pour faire reconnaître explicitement le rôle des sages-femmes dans ce cadre stratégique. À l’échelle européenne, la maïeutique est désormais explicitement inscrite dans le débat sur la santé des femmes et sur l’égalité de genre. Reste à voir comment cette reconnaissance politique se traduira concrètement dans les futurs textes européens. Source : International Confederation of Midwives, 14 avril 2026...

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Actus

Les Pays de la Loire, seule région à tenir le cap des naissances

L’exception ligérienne 35 400 naissances. Ni une de plus, ni une de moins qu’en 2024. Dans un contexte de recul généralisé de la natalité en France métropolitaine, les Pays de la Loire font figure d’anomalie statistique. L’Insee, dans une étude flash publiée début avril, qualifie lui-même le phénomène d’« exception ligérienne ». La région cumule en effet deux facteurs favorables : une attractivité toujours forte de la façade atlantique, et une proportion de femmes en âge de procréer en hausse de 0,7 %, reflet direct des flux migratoires qui alimentent sa croissance démographique — la population régionale a bondi de 6,1 % entre 2016 et 2026 pour atteindre 3,965 millions d’habitants. Un répit, pas un rebond Mais gare à l’emballement. « Il est beaucoup trop tôt pour extrapoler une dynamique plus large à partir de ce palier », tempère Arnaud Fizzala, chef des projets d’études à l’Insee et co-auteur de l’étude. Et les premiers chiffres de 2026 refroidissent déjà les espoirs : janvier et février semblent pointer vers une reprise de la baisse. La stabilité de 2025 résulte en réalité de deux forces contraires qui se neutralisent : d’un côté, une fécondité en léger recul (l’indicateur conjoncturel tombe à 1,59 contre 1,60 en 2024) ; de l’autre, un nombre croissant de femmes dans la tranche des 20-40 ans. Équilibre précaire. Le solde naturel, lui, continue de se dégrader Les naissances ont beau tenir, les décès progressent : 38 000 en 2025, soit 700 de plus qu’en 2024, notamment sous l’effet d’une sévère épidémie de grippe hivernale. Résultat, le solde naturel régional accuse un déficit de 2 600 personnes — contre 1 900 un an plus tôt. La Loire-Atlantique reste le seul département à afficher un solde positif ; le Maine-et-Loire bascule dans le rouge pour la première fois. C’est le vieillissement des générations du baby-boom qui, structurellement, tire les décès vers le haut. La natalité, un défi...

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Inauguration du « jardin du souvenir » de l’Hôpital Bicêtre, lieu mémoriel dédié au deuil périnatal

Depuis plus d’un an, une équipe pluridisciplinaire de la maternité de Bicêtre s’est mobilisée pour améliorer la prise en charge du deuil périnatal par différentes actions concrètes dont le « jardin du souvenir » était le point d’orgue. Cet espace, à l’abri de l’agitation de l’hôpital, se veut être un lieu où les familles peuvent venir se recueillir et accrocher un ruban aux bambous, en souvenir de leur bébé parti trop tôt. Il contribue enfin à rendre visible le deuil périnatal qui est trop longtemps resté un tabou....

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Actus

NOUVEAU CODE NAF* POUR LES SAGES-FEMMES : 86.94H 

Au 1er janvier 2027, les sages-femmes changent de code NAF (Nomenclature des activités françaises ). Adieu 86.90D (activités des infirmiers et des sages-femmes), les sages-femmes ont désormais un code spécifique 86.94H (activités de maïeutique).  Chaque sage-femme peut dès maintenant s’assurer sur le site Sirene que son code a bien été modifié. https://sirene.gouv.fr * Attribué par l’Insee, le code APE permet d’identifier l’activité principale d’une entreprise ou d’un établissement....

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Actus

Le Gouvernement annonce le remboursement des protections périodiques réutilisables

À la rentrée universitaire, les protections périodiques réutilisables seront remboursées pour toutes les femmes de moins de 26 ans, ainsi que pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Cette mesure devrait concerner 6,7 millions de personnes.  Lutter contre la précarité menstruelle Elle répond à un triple objectif : lutter contre la précarité menstruelle, soutenir le pouvoir d’achat et favoriser l’usage de protections plus durables, jugées plus respectueuses de l’environnement et sans danger pour la santé. Elle traduit la volonté du Gouvernement de garantir à chacune « un accès simple, concret et effectif à des protections essentielles pour la santé, l’autonomie et la dignité »....

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