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Football féminin : un risque de blessure accru en début de cycle ?

Le football féminin de haut niveau s’est considérablement développé ces vingt dernières années. Pourtant, un facteur biologique majeur reste encore peu exploré : le cycle menstruel. Les fluctuations hormonales ­— notamment des œstrogènes et de la progestérone —sont pourtant connues pour influencer la stabilité articulaire, la proprioception* et le contrôle neuromusculaire. Dans un sport marqué par des accélérations, décélérations et contacts répétés, ces variations pourraient peser sur le risque de blessure. Une étude brésilienne menée auprès de 53 footballeuses professionnelles (âge moyen 21,7 ans) apporte des éléments nouveaux. Au cours des douze derniers mois, vingt joueuses (37,7 %) ont déclaré au moins une blessure. Les lésions concernaient principalement le genou (65 %), puis la hanche (20 %), la cheville (10 %) et l’épaule (5 %). Elles survenaient majoritairement à l’entraînement (80 %) et à la suite d’un contact (75 %). Plus ou moins vulnérable selon la phase du cycle ? L’analyse montre une association significative entre la survenue des blessures et la phase du cycle menstruel : la phase folliculaire précoce (jours 1 à 4) concentrait la proportion la plus élevée de lésions (35 %, p < 0,001), tandis que la phase ovulatoire en comptait le moins (15 %).En début de cycle, les blessures étaient majoritairement des traumatismes de contact, localisés au genou. Les auteurs évoquent le rôle possible de la baisse des œstrogènes en phase folliculaire précoce, combinée aux contraintes biomécaniques du football. Ils appellent toutefois à des études prospectives pour confirmer ces résultats avant d’envisager une adaptation des charges d’entraînement selon le cycle. Source : Santos WR, Júnior FC, Barbosa D, et al. Injuries in Female Soccer Athletes: Risk of Injury Across Different Phases of the Menstrual Cycle * La proprioception est la capacité du corps à percevoir sa propre position dans l’espace, sans avoir besoin de la vue...

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Biathlon et cycle menstruel : Dorothea Wierer fait mouche

Arrivée cinquième de l’individuel, à seulement 29 secondes du podium, la quadruple championne du monde a justifié son déficit de puissance sur les skis par sa phase de cycle. En zone mixte, l’athlète a partagé une analyse lucide de sa condition physique : « J’ai beaucoup peiné sur mes skis, ce n’était pas très agréable physiquement. Malheureusement, pour nous les femmes, c’est comme ça une fois par mois ; il faut faire avec. » Treizième temps de ski, Wierer a précisé avoir ressenti une dégradation nette de son état au fil de l’épreuve : « J’ai eu du mal physiquement sur mes skis, surtout à partir du troisième tour. » Malgré cette contrainte physiologique, la biathlète a souligné la résilience nécessaire au sport d’élite : « Ça aurait pu être pire : une cinquième place à mon âge, en fin de carrière et dans cette condition physique, ce n’est pas négligeable. » Ce témoignage, s’ajoutant à celui d’Amber Glenn, confirme l’importance pour la médecine du sport d’intégrer les fluctuations hormonales comme un paramètre de santé et de performance à part entière, au même titre que la nutrition ou la récupération. Photo : © Christian Bier...

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Sport de haut niveau et cycle menstruel : le témoignage d’Amber Glenn aux JO 2026

Une vulnérabilité exacerbée par les contraintes vestimentaires  Interrogée par France Télévisions en zone mixte, l’athlète de 26 ans a souligné l’inconfort spécifique lié aux tenues de compétition : « J’ai mes règles en ce moment, c’est vraiment difficile, surtout quand on doit porter ce genre de vêtements et qu’on doit être performante devant le monde entier. » Au-delà de l’aspect pratique lié aux tenues moulantes, l’athlète a insisté sur la charge mentale et émotionnelle induite par cette phase du cycle : « C’est dur et personne n’en parle. C’est vraiment difficile et effrayant, et vous êtes bouleversée. C’est quelque chose dont on ne parle pas beaucoup concernant les athlètes féminines, alors que ça devrait être un sujet de discussion. » L’influence sur la performance L’intervention de la patineuse ne s’est pas limitée à une réaction post-compétition. Elle avait déjà amorcé une réflexion sur ses réseaux sociaux deux jours plus tôt, après le programme court, détaillant les mécanismes par lesquels le cycle interfère avec les exigences du haut niveau.Selon elle : « Les cycles menstruels peuvent influencer les performances féminines de manière subtile, affectant l’énergie, la concentration, l’humeur et le confort physique à différentes phases du cycle. » Perspectives : vers une prise en considération du cycle hormonal Le témoignage d’Amber Glenn impose de rompre avec les modèles d’entraînement linéaires pour adopter une approche tenant compte de la cyclicité hormonale. Moduler les charges d’entraînement selon les phases du cycle permet de prévenir les risques de blessures (laxité ligamentaire accrue sous l’effet des œstrogènes) et d’optimiser la gestion de l’énergie et de la thermorégulation. Parallèlement, il convient de réduire la charge mentale des athlètes en repensant les tenues de compétition (couleurs, coupes) et en garantissant un accès immédiat à des soins gynécologiques sur les lieux de performance. Enfin, l’abolition de la « charge de discrétion » nécessite de former les staffs techniques à une...

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Cabotégravir : « une avancée majeure » contre le VIH,  d’après l’association Aides

Un nouveau traitement préventif contre le VIH est désormais disponible en France : le cabotégravir. Administré par injection tous les deux mois, il offre une protection prolongée contre l’infection : on parle de PrEP, pour « prophylaxie pré-exposition ». Des médicaments fonctionnant sur le même principe existent déjà en France, mais le protocole impose la prise d’un comprimé chaque jour ou bien avant et après un rapport sexuel. Un schéma parfois contraignant et exposé au risque de mauvaise observance.  Le cabotégravir, développé par le laboratoire britannique GSK, simplifie ce protocole grâce à son action longue durée. Il sera intégralement remboursé, malgré un coût de plusieurs centaines d’euros par injection. Un autre traitement injectable, le lénacapavir (Gilead), actuellement évalué par la Haute Autorité de santé, pourrait aller plus loin encore, avec une injection tous les six mois....

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Fin de la campagne d’immunisation contre le VRS (2025-2026)

La Direction générale de la santé a annoncé la fin de la campagne de vaccination et d’immunisation contre le virus respiratoire syncytial (VRS), en raison d’une baisse de circulation du virus sur une grande partie du territoire.  Lancée en septembre 2025, cette campagne visait à protéger les femmes enceintes, les nouveau-nés et les nourrissons, notamment grâce aux traitements préventifs Abrysvo®, Beyfortus® et Synagis®. Les dates de fin de campagne varient selon les territoires : 20 février 2026 : France métropolitaine, Saint-Barthélemy, Saint-Martin 31 mars 2026 : Guadeloupe, Martinique 31 mai 2026 : Mayotte Guyane : maintien d’une mise à disposition continue du fait d’une circulation annuelle La Réunion : informations à venir Au-delà de ces échéances, l’immunisation n’est plus recommandée de façon systématique, sauf situations particulières évaluées par les professionnels de santé. Les modalités de la campagne 2026-2027 seront précisées ultérieurement. Photo : © SpiritedMichelle...

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What the flux ?

What the Flux ?! est une initiative d’information et de sensibilisation consacrée aux règles abondantes et, plus largement, à la santé menstruelle.  Son objectif : rompre le tabou, rendre l’information accessible et concrète, aider les personnes concernées à identifier le symptôme et à s’orienter vers une prise en charge adaptée.  La plateforme propose des contenus pédagogiques (définition, signes d’alerte, conséquences sur la santé, quotidien, solutions) et met l’accent sur l’importance de nommer le problème pour ouvrir l’accès au soin. L’initiative What the Flux ?! est portée par le laboratoire Cemag Care.  Rendez-vous sur https://what-the-flux.fr/...

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Les Hospices civils de Lyon ouvrent le premier parcours consacré à la ménopause à Lyon

Ce parcours, intégré au service de gynécologie-­obstétrique de l’hôpital Femme-Mère-Enfant, propose une prise en charge globale, pluridisciplinaire et personnalisée des femmes en transition ménopausique ou ménopausées. Il permet de regrouper, en une seule journée et dans un même lieu, l’ensemble des examens : bilans biologiques, imagerie (échographie, ostéodensitométrie pour évaluer l’impact osseux de la ménopause), consultations spécialisées (endocrinologie, tabacologie, psychologie), consultation de gynécologie médicale en fin de parcours, avec proposition de traitements hormonaux ou non hormonaux adaptés. Ces démarches, jusqu’alors dispersées sur plusieurs consultations et examens, prenaient parfois plusieurs mois. « Le parcours permet, en une seule journée, d’avoir une vision d’ensemble, d’évaluer les risques et de proposer une prise en charge adaptée et coordonnée à chaque femme », explique le Dr Christine Rousset-Jablonski, gynécologue. Une fois la prise en charge initiale structurée, la patiente est conviée à une réévaluation généralement trois à quatre mois après, ce qui permet d’évaluer l’efficacité du traitement et d’ajuster les prescriptions. Selon la situation, elle peut être orientée vers son médecin traitant, sa sage-femme ou son gynécologue pour le suivi pérenne.  Les sages-femmes peuvent adresser leurs patientes munies d’un courrier, via la plateforme myHCL (en sélectionnant les Dr Rousset-­Jablonski, Pingault ou Rucay). ...

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Quelles villes prennent bien soin des femmes ?

À l’approche des municipales, Femme Actuelle publie un palmarès des cinquante plus grandes communes françaises évaluant l’offre locale en matière de santé féminine. Le classement repose sur dix-sept indicateurs : présence de structures spécialisées (endométriose, ménopause, AMP, cancer, santé sexuelle, maternités), densité et accessibilité des professionnels (généralistes, gynécologues, sages-femmes, infirmiers, cardiologues) et engagement municipal (délégation spécifique, maison des femmes, aides spécifiques). Les auteurs admettent certaines limites à leur étude, certaines données majeures (dépistages, PMI, IVG) n’étant pas disponibles à l’échelle communale ; d’autres facteurs, comme l’environnement ou les conditions de vie, ne sont pas intégrés. Résultats  Bayonne arrive en tête, devant Bordeaux et Lille, suivies de Toulouse, Rouen, Nancy, Paris, Rennes, Poitiers et Marseille.  Voir le classement complet : https://www.femmeactuelle.fr/sante/news-sante/quelles-sont-les-villes-francaises-ou-les-femmes-sont-le-mieux-soignees-voici-les-resultats-de-notre-palmares-2026-exclu-2204721...

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Municipales 2026 : la santé s’invite au cœur du vote local

La santé, critère décisif dans l’isoloir Dans cette quatrième vague de l’observatoire « Les Français et la santé locale » (1 000 adultes interrogés en ligne du 10 au 12 décembre 2025), 49 % des Français affirment que les propositions des candidats sur l’accès aux soins pèseront dans leur vote. Le chiffre grimpe à 62 % dans les déserts médicaux. 70 % des sondés estiment que leur commune a un rôle à jouer, et 27 % lui attribuent même un rôle central. Difficultés d’accès : une réalité largement partagée Les tensions sont palpables : 40 % des sondés rencontrent des difficultés d’accès aux soins, et 36 % ont le sentiment de vivre dans un désert médical (jusqu’à 52 % en zone rurale). La majorité souhaite un accès à un généraliste ou aux urgences en moins de vingt minutes (et dix minutes pour un quart). Les difficultés concernent d’abord les spécialistes (63 %) : dermatologues (71 %), ophtalmologues (59 %), cardiologues (59 %). Elles touchent aussi les généralistes (47 %), la santé mentale (44 %), la rééducation (41 %) et l’imagerie (38 %). Les gynécologues, pédiatres et dentistes ne sont pas épargnés. Un renoncement massif aux soins Conséquence directe, 81 % des Français déclarent avoir renoncé à consulter au moins une fois au cours des douze derniers mois. Les principaux motifs sont les délais trop longs (65 %), l’absence de spécialistes à proximité(60 %, jusqu’à 70 % en zones rurales) et le coût des soins (47 %). Les femmes déclarent plus souvent avoir renoncé aux soins.  Des attentes… mais des maires jugés peu armés Si les municipalités sont attendues sur le front de la santé, leur action est jugée contrastée, près d’un tiers des sondés estimant que la commune n’agit pas. Pour 64 % des Français, la priorité devrait porter sur le renforcement de la prévention. Le développement de services de santé numériques est également cité par 46 % des répondants, particulièrement chez les jeunes et dans les...

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« Ne pas pouvoir soigner comme on estime devoir soigner »

La moral injury (ou blessure morale) désigne une souffrance psychique particulière liée, non pas à la peur d’un danger (comme dans le trouble de stress post–traumatique), mais à la transgression de valeurs profondes : avoir dû faire, laisser faire ou ne pas avoir pu empêcher quelque chose que l’on juge moralement inacceptable — ou se sentir trahi par une autorité.  Un concept apparu après la guerre du Vietnam Le terme s’est d’abord construit dans le champ militaire : le psychiatre Jonathan Shay l’a popularisé à partir des récits de vétérans du Vietnam, en insistant sur la dimension de trahison par l’autorité légitime. Si l’impact psychique de la guerre est évoqué depuis toujours, c’est surtout à partir des années 1980 que le terme de blessure morale s’impose, porté par plusieurs évolutions : les expériences moralement éprouvantes vécues lors de la guerre du Vietnam, les avancées de la psychologie cognitive et la reconnaissance accrue des traumatismes psychologiques — notamment du trouble de stress post-traumatique (TSPT). La blessure morale appliquée aux soignants Appliquée aux soignants, la blessure morale renvoie très concrètement au décalage entre ce que l’on sait « juste » pour le patient et ce que l’organisation rend possible. Manque de temps, pénurie de moyens, arbitrages imposés, procédures, injonctions contradictoires… : certaines contraintes inhérentes à l’organisation entravent la capacité des soignants à exercer pleinement leurs valeurs. Autrement dit, ils « ne peuvent pas soigner comme ils estiment devoir soigner ». Cette tension peut engendrer une démoralisation croissante et des répercussions sur leur santé et leur bien-être. Pour mieux comprendre la blessure morale, évaluer son ampleur et repérer des leviers d’action, le Pr Laurent Boyer, chef du service d’information médicale de l’AP-HM à Marseille et directeur du Ceress, lance une enquête nationale auprès des professionnels de santé. Elle prend la forme d’un questionnaire en ligne d’environ vingt minutes : https://framaforms.org/enquete-nationale-sur-le-moral-injury-des-soignants-1733908382...

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