Plateaux techniques, suivi global, le futur de la périnatalité ?
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Plateaux techniques, suivi global, le futur de la périnatalité ?

Bienvenue dans le futur de la périnatalité ! Un monde où les femmes peuvent choisir comment elles veulent accoucher. Parmi les différentes options : accoucher comme à la maison, avec la sécurité offerte par l’hôpital. C’est le plateau technique (PT), « soit le meilleur des deux mondes, puisqu’il donne la possibilité de faire de la physio à peu près complète, tout en ayant accès aux services de pointe de la maternité » aime à répéter Willy Belhassen, membre fondateur du groupe Naissances créé en 2006.  On est encore trèèèès loin de ce futur où les femmes auront d’autres choix que de « se faire prendre en charge à l’hôpital », puisque « aujourd’hui, l’accouchement en plateau technique (APT) et le suivi global, c’est moins de 1 % des naissances en France – une centaine de PT sur tout le territoire – même s’il y a une demande croissante », clarifie Anthony Bouvier, sage-femme au Nid’ Antibes, le premier PT des Alpes-Maritimes.  Et c’est ce qui peine Nezha Sahmi, autre membre historique du groupe Naissances, pour qui « on n’est pas censé prendre en charge une femme qui accouche, mais l’accompagner. Il n’y a pas que des accouchements physiologiques en PT. On peut accompagner des femmes qui ont eu des césariennes. Qui ont du cholestérol. Qui ont des bébés énormes ou de tout petits bébés ». Une notion qui va à l’encontre des idées reçues selon lesquelles le PT n’est que pour les accouchements physiologiques et sans complications. Beaucoup de professionnels s’imaginent encore que, « la physiologie, c’est de ne rien faire ».  Encore méconnu par les gynécologues, et même par les sages-femmes, le sujet monte tout de même parmi les libérales enthousiasmées par la perspective d’offrir du one-to-one à leurs patientes et de (re)faire de l’accouchement. Chez les patientes, le PT représente une alternative de suivi global intéressante à la maison de naissance...

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Les différents recours en cas de burn-out
Point juridique

Les différents recours en cas de burn-out

Le burn out est causé par une surcharge de travail, souvent combinée à un surinvestissement personnel, qui s’accumulent et conduisent à un effondrement physique et psychique.  Le burn-out peut survenir très brutalement, par une incapacité physique soudaine à sortir du lit, à allumer son ordinateur ou à démarrer la voiture.  Le burn-out se réfère spécifiquement à la sphère professionnelle et y représente un risque psychosocial majeur.  Il existe des recours pour les sages-femmes salariées en cas de burn-out, s’il peut être prouvé que c’est bien l’employeur qui a causé ce syndrome d’épuisement. En revanche, les possibilités sont très limitées pour les sages-femmes libérales, malheureusement plus susceptibles de faire un burn-out.  Les possibilités de recours pour les sages-femmes salariées en cas de burn-out  Qu’elle soit salariée du secteur privé ou fonctionnaire, la sage-femme a des possibilités de recours en cas de burn-out.  Dans le secteur privé Dans le secteur privé, l’article L.4121-1 du Code du travail dispose que l’employeur a l’obligation de garantir la santé physique et mentale de ses salariés. Le burn-out est un risque psychosocial contre lequel l’employeur est tenu de protéger son salarié, quelle que soit l’entreprise, sa taille et son secteur d’activité.  Le burn-out ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles (maladies désignées dans un tableau des maladies professionnelles de la Sécurité sociale), mais il peut néanmoins faire l’objet d’une reconnaissance en tant que maladie professionnelle. Cette reconnaissance peut intervenir au terme d’une procédure d’instruction impliquant la saisine d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). La procédure est encadrée et repose sur un faisceau d’éléments médicaux et professionnels.  Deux conditions très exigeantes doivent être réunies pour que la maladie soit reconnue d’origine professionnelle : l’existence d’un lien direct et essentiel entre la pathologie et le travail habituel et un taux d’incapacité permanente partielle au...

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Pratiques

L’activité libérale selon Louise et Sophie – Épisode 4 : « Happy end ! » 

Désormais Louise est installée depuis plus de six mois et Sophie se demande bien comment se passe son activité. Elle décide de lui envoyer un message pour prendre de ses nouvelles. Louise se réjouit que sa mentore ne l’ait pas oubliée et se hâte de lui raconter la suite. Elle en profiterait bien pour lui poser encore quelques questions ! Elles fixent ensemble un rendez-vous téléphonique. — Sophie… comme ton message m’a fait plaisir ! Je pensais que tu m’avais oubliée ! — Ah… non ! Je pense souvent à toi mais je sais que les débuts sont souvent denses, je n’osais pas te déranger ! Alors où en es-tu ? — Tu as bien fait de prendre des nouvelles, j’ai hâte de te raconter la suite ! D’abord, ça me plaît beaucoup ! Nous nous sommes bien réparti l’agenda avec mon associée Mathilde et l’entente est vraiment bonne. J’aime beaucoup la relation avec les patientes tout au long de la grossesse. Ce n’était pas possible à la maternité. Et quel bonheur de ne plus faire de nuits de garde ! Bon, il me faut travailler quand même quelques week-ends, en particulier pour les sorties précoces de maternité. — Super ! Je suis contente que le statut de libérale te plaise. C’est vrai que l’on travaille parfois le week-end comme nos consœurs salariées. Ce sont, parfois, un peu les couples qui décident de notre agenda ! Cela permet aussi de faire fonctionner le cabinet et que les patientes puissent avoir un bon suivi. D’ailleurs, as-tu pu proposer une offre de soins qui n’existait pas dans ta région ? — J’avais déjà acté avec Mathilde que je ferais de l’obstétrique, car elle voulait justement développer la gynécologie et la sexologie grâce à son nouveau diplôme universitaire. C’est ce qui a motivé sa recherche de collaboratrice, car elle ne pouvait pas tout faire depuis...

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L’éducatrice de jeunes enfants Christelle Bardez anime un atelier d’apaisement et relaxation de l’enfant avec son parent.
Grand Angle

L’Association 1 000 jours ensemble, espace d’entraide et de soutien à la parentalité 

Créée en 2022, l’Association 1 000 jours ensemble accompagne les familles du début de la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant, en proposant des ateliers thématiques et des temps d’échanges. Le projet est né de la rencontre entre la sage-femme Bertille Sève et d’autres professionnelles de la périnatalité : la psychologue Marie Canteloup-Escure, l’infirmière puéricultrice Alice Gioberti et la kinésithérapeute Estelle Calvo. Ensemble, elles ouvrent d’abord le cabinet périnatal La Chrysalide, pour accompagner les femmes avant et après la grossesse. Mais rapidement, vient l’idée d’aller plus loin en créant une association consacrée à la parentalité.  L’union des compétences pour accompagner les familles « En tant que sage-femme, je proposais à mes patientes les séances classiques de préparation à la naissance, mais j’ai senti que ce n’était pas suffisant. Avec les professionnelles de l’Association 1 000 jours ensemble, on a réalisé qu’on partageait la même envie de faire un accompagnement post-natal, et de créer un espace d’échanges et de soutien pour les parents », explique Bertille Sève, sage-femme et présidente de l’association. Alice Gioberti, infirmière puéricultrice, ajoute : « Il existait déjà quelques associations sur le territoire, mais finalement assez peu de ressources par rapport aux besoins identifiés.Les familles exprimaient le besoin d’être accompagnées, de se rencontrer et de rompre avec l’isolement. De là est née l’idée de créer une association avec des ateliers et des groupes d’entraide. Au fur et à mesure, on a affiné les propositions par rapport aux demandes des familles. » Soutenue par la pédopsychiatre Claire Van den Hove et des médecins, dont la pédiatre Bernadette Lavollay, l’Association 1 000 jours ensemble est lancée en 2022. Des professionnel.le.s aux profils variés (éducateur·rice·s spécialisé·e·s, pompiers, diététicien·ne·s, sophrologues…) ont rejoint les praticiennes de La Chrysalide et aujourd’hui, une grande diversité d’ateliers est proposée, comme l’initiation aux gestes de premiers secours, la santé environnementale, l’éveil psychomoteur, la diversification alimentaire,...

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Verdun, une seule maternité pour tout un département
Grand Angle

Verdun, une seule maternité pour tout un département

Pourtant, avec moins de 1  000 accouchements par an, la petite maternité lorraine pourrait être visée par une fermeture, comme le préconise l’Académie de médecine dans un rapport publié en mars 2023. Comment s’organisent les parturientes et les services de soin dans la situation actuelle ?  Et surtout, pourrait-on voir disparaître le dernier plateau technique de la Meuse ? « Pour mon premier, j’ai accouché au mois de décembre, se remémore Angélique Camus-Noël. On avait de la neige, du verglas, et arrivés à Verdun, on m’a dit que ce n’étaient pas des contractions de travail. J’ai dû rentrer chez moi, alors que j’avais 1h15 de route. » Le lendemain, rebelote ! Elle enchaîne les kilomètres en pensant que le moment est arrivé, avant que l’hôpital ne l’autorise à rester en chambre. Cette Meusienne a mis au monde ses deux enfants à Verdun,sa maternité de secteur située pourtant à une cinquantaine de kilomètres de chez elle. « J’habite dans un petit village près de Montmédy, et pour me rendre à Verdun, je dois passer par le bois des Caures. Cela signifie plusieurs kilomètres boisés, sans réseau… J’appréhendais beaucoup ce moment », se rappelle-t-elle. Une situation stressante, d’autant plus que la jeune femme n’avait à l’époque pas bénéficié de préparation à l’accouchement. « Je n’ai eu aucun cours, car il aurait fallu aller à Verdun. Ça me faisait beaucoup trop de kilomètres et d’essence, juste pour une heure. » « La petite est née dans la voiture » De son côté, Charlène Collet réside à Cheppy, petit village de 156 âmes à un peu moins d’une heure de Verdun. En avril dernier, elle met au monde sa petite fille et vit une expérience semblable.« J’ai commencé à avoir des contractions vers cinq heures du matin. En arrivant à l’hôpital, j’ai fait des examens et ils m’ont dit que le col n’était pas assez ouvert. J’ai...

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Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Photos : © Charlotte Hervot
Actus

À Rennes, un « Café papote » pour repenser le vécu du déclenchement 

Jus d’orange, café, cookies… Autour de la table, l’ambiance se veut conviviale. Pourtant, dans ce café du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), c’est une rencontre inédite. Trois patientes, toutes déclenchées pour dépassement de terme, échangent avec trois professionnelles du CHU : Marie Gourdel-Gautier, sage-femme coordinatrice en maïeutique du pôle Femme-Enfant ; la gynécologue Louise Jacquot-Thierry et l’interne Bertille Canton. Ensemble, elles participent au premier « Café papote » consacré au déclenchement. « À quoi vous fait penser le mot déclenchement ? », lance l’interne. Sur les post-it s’affichent : « douleur », « peur de l’échec », « possible sans péri ? » Peu à peu, la parole se libère.Bérangère Dréno se souvient : « La grossesse se passait bien. À J+1, je suis allée au CHU pour un monitoring et j’ai été prise de stress. » Elle s’interrompt. « Je peux tout entendre, c’est même important que vous puissiez vous exprimer », l’encourage Marie Gourdel-Gautier. Alors la jeune femme poursuit : « D’un coup, tout est devenu médicalisé, des femmes branchées partout… » Justine Lebrun acquiesce : « Le premier rendez-vous m’a rassurée, mais je suis sortie du suivant en pleurant. » Identifier les zones grises Pour l’équipe, il s’agit d’identifier ce qui, dans les mots, les gestes ou les procédures, peut générer stress, incompréhension ou sentiment de dépossession.« Le manque d’explications, les temps d’attente, les protocoles perçus comme imposés peuvent être vécus comme une violence, même sans intention », observe Louise Jacquot-Thierry. Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Dresser un état des lieux du vécu du déclenchement pour ajuster l’information donnée aux femmes en est un levier. « On part souvent du postulat qu’un accouchement “naturel” serait forcément bien vécu, tandis qu’un déclenchement le serait moins. Ce n’est pas si simple », souligne la sage-femme. Des pratiques qui évoluent L’initiative intervient alors que les déclenchements augmentent : près d’un accouchement sur quatre en France, et « entre 25 et 30 % des naissances » au...

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Recherche

L’Institut des cancers des femmes

Chaque année, près de 20 000 femmes décèdent en France d’un cancer féminin (12 000 d’un cancer du sein et 8 000 de cancers gynécologiques). L’ambition de l’Institut est de changer cette réalité, avec un objectif affiché : réduire de moitié la mortalité liée à ces cancers d’ici 2040. Son principe repose sur une approche décloisonnée associant recherche, innovation et soins. Scientifiques, médecins et soignants travaillent ensemble pour prévenir davantage, diagnostiquer plus tôt, traiter plus efficacement et mieux accompagner les patientes, qui doivent souvent lutter contre la maladie tout en maintenant leur vie personnelle et professionnelle. En réunissant recherche, innovation et soins dans un même cadre, l’Institut des cancers des femmes entend ainsi changer durablement la donne dans la lutte contre ces cancers....

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Aliments ultratransformés : quelles conséquences sur la santé ?
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Aliments ultratransformés : quelles consÉquences sur la santé ?

Les aliments ultratransformés, tels que définis notamment par la classification Nova, regroupent des produits industriels comportant de multiples étapes de transformation et des ingrédients rarement utilisés en cuisine domestique (additifs, arômes, agents de texture, etc.). Peuvent s’y ajouter des composés « néoformés » et des substances issues des emballages. En France, ils représentent en moyenne 30 à 35 % des apports énergétiques chez l’adulte. Les données épidémiologiques accumulées montrent qu’une consommation élevée d’AUT est associée à un risque accru de plusieurs pathologies chroniques. Les liens les plus documentés concernent les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité, la dépression ou les symptômes dépressifs. Pour les cancers, notamment colorectaux, les signaux sont rapportés comme plus faibles et nécessitent d’autres travaux. Des associations ont également été observées avec une mortalité toutes causes confondues plus élevée. Le Nutri-Score est un logo qui informe le consommateur de la qualité nutritionnelle d’un produit alimentaire. Le Nova-Score informe le consommateur sur le degré de transformation d’un produit alimentaire. Si ces travaux ne permettent pas d’établir formellement une relation causale, la cohérence des résultats entre pays et populations renforce la plausibilité d’un effet délétère. Les risques observés ne semblent pas uniquement imputables à la teneur en sel, en sucres ou en graisses, à la qualité nutritionnelle des produits (Nutri-Score) : même à composition nutritionnelle comparable, le degré de transformation semble jouer un rôle spécifique (Nova). Plusieurs mécanismes sont évoqués : modification de la matrice alimentaire, moindre effet de satiété, consommation plus rapide, présence d’additifs « cosmétiques », d’« effets cocktails » issus des procédés industriels. Ces hypothèses restent en cours d’exploration, mais convergent vers l’idée que l’ultratransformation pourrait, à elle seule, constituer un déterminant indépendant de risque. Source : Ultra-Processed Foods and Human Health, The Lancet, 2025...

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Le colostrum : L'OR LIQUIDe au service du nouveau-né
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Le colostrum : L’or liquide au service du nouveau-né

Sur le plan biologique, le colostrum se distingue radicalement du lait mature par une densité nutritionnelle et protectrice exceptionnelle, parfaitement calibrée pour l’adaptation extra-utérine. Riche en protéines à haute valeur biologique, il contient notamment une concentration massive d’immunoglobulines A sécrétoires qui viennent tapisser la muqueuse intestinale encore perméable du nouveau-né. Cette action, souvent comparée à une « première vaccination », est complétée par la présence de lactoferrine et de lysozyme, des agents antimicrobiens puissants qui limitent la prolifération des pathogènes.Par ailleurs, ses facteurs de croissance stimulent la maturation du tractus gastro-intestinal, préparant ainsi le système digestif à traiter le lait de transition. Le colostrum, un laxatif réduisant le risque d’ictère néonatal Au-delà de ses vertus immunitaires, le colostrum joue un rôle métabolique et physiologique crucial dès les premières heures de vie. Son léger effet laxatif facilite l’expulsion rapide du méconium, ce qui permet de limiter la réabsorption de la bilirubine et de réduire significativement l’incidence ainsi que la sévérité de l’ictère néonatal. Pourtant, malgré ces bénéfices documentés, la mise en place de l’allaitement colostral se heurte souvent à des représentations mentales divergentes selon les contextes géographiques et sociaux. Le poids des représentations : entre impureté et manque L’approche culturelle du colostrum révèle, en effet, des disparités frappantes à travers le monde. Dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud (Inde, Pakistan), ou chez certaines populations d’Amérique latine, le colostrum a longtemps été perçu comme un liquide impur, parfois considéré comme du« pus » ou du lait « gâté ». Ces croyances conduisent fréquemment à des pratiques de « pré-lactation », où le nouveau-né reçoit du miel, de l’eau sucrée ou des infusions traditionnelles en attendant la « vraie » montée laiteuse.À l’inverse, dans les sociétés occidentales contemporaines, si la valeur santé du colostrum est globalement admise par le corps médical, c’est le « spectre de l’insuffisance » qui domine. La faible quantité...

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« Les antibiotiques ne soignent pas les maladies virales comme la bronchite. Seul votre médecin peut vous dire s'ils sont nécessaires » (campagne 2022)
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Antibiorésistance : pourquoi la menace s’accélère, et quelles ripostes se dessinent ?

Une problématique de santé publique majeure  L’enjeu est formulé de manière explicite par le CNRS : sans action, la résistance aux antimicrobiens pourrait devenir une première cause de mortalité mondiale à l’horizon 2050, l’OMS alertant dès 2015 sur le risque d’une « ère post-antibiotique » où des infections courantes recommenceraient à tuer. Pourquoi « devenons-nous » plus résistants ? L’usage massif — et parfois inapproprié — des antibiotiques en médecine humaine, en élevage et en agriculture a fortement accéléré ce phénomène, en sélectionnant des populations bactériennes de plus en plus résistantes. La résistance peut aussi être naturelle (mutations spontanées) ou acquise, notamment par transfert de gènes entre bactéries, par exemple via des plasmides. Comment les microbes déjouent-ils les antimicrobiens ? Les bactéries disposent de plusieurs mécanismes pour échapper à l’action des antimicrobiens. Olivier Neyrolles, chercheur à l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS) à Toulouse l’explique ainsi : « La résistance d’un pathogène à un antimicrobien peut avoir différentes origines. Elle peut être liée à une mutation de la cible qui n’est alors plus reconnue par le médicament ou bien à une modification d’une enzyme nécessaire à l’activation de ce dernier. Parfois c’est la membrane du pathogène qui est rendue imperméable aux médicaments ou alors c’est la capacité du pathogène à excréter le médicament qui est accrue. »À ces stratégies s’ajoute la capacité de transférer des gènes de résistance entre micro-organismes, y compris entre espèces différentes, ce qui peut accélérer considérablement la diffusion du phénomène. Réduire l’usage des antibiotiques : un levier central La lutte contre l’antibiorésistance repose d’abord sur la réduction et la meilleure régulation de l’usage des antibiotiques, afin de limiter la pression de sélection qui favorise les bactéries les plus résistantes. Elle implique aussi le développement de diagnostics moléculaires rapides, fondés notamment sur le séquençage, pour adapter les traitements au profil de résistance des souches. Les chercheurs...

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