Éloïse Lequet : « En devenant sage-femme, on découvre la vulnérabilité des femmes, mais surtout leur force  »

Diplômée en juin 2025, Eloïse Lequet vient de publier Je deviens sage-femme, aux éditions Vuibert. Dans ce guide destiné aux lycéens, étudiants et personnes en reconversion, elle raconte les études, les stages, les doutes, les joies, mais aussi les réalités d’un métier trop souvent mal connu. Sage-femme au CHU d’Amiens, très suivie sur Instagram, elle défend une profession médicale à part entière, engagée auprès des femmes, de la ­grossesse au suivi gynécologique.

Sage-femme, était-ce une vocation ?

Pas vraiment. J’ai toujours été passionnée par la périnatalité, la grossesse, l’accouchement, les bébés… Mais quand j’étais petite, ce que je voulais, c’était être juge des enfants, ou avocate. Le problème, c’était que je ne voulais défendre que les « gentils », pas les « méchants ». On m’a expliqué qu’une avocate ne défend pas que les victimes, mais aussi les coupables. Ma carrière au barreau s’est arrêtée là.

Parmi les bébés que vous mettez au monde, certains deviendront peut-être de grands criminels…

Ah ah, c’est sûr. Mais l’avantage, c’est qu’on ne le sait pas encore ! Ils viennent au monde sans casier judiciaire… Pour conclure sur le droit, ça m’aurait sans doute plu, notamment ce qui touche aux violences faites aux femmes ou à la défense des enfants. Ce sont des sujets que l’on retrouve dans nos vies de sages-femmes, particulièrement en PMI. 

Pour ma part, c’est seulement au moment de choisir mon orientation — l’année de ParcourSup — que j’ai choisi de devenir sage-femme. Je me suis renseignée comme j’ai pu et j’ai été séduite. Je n’imaginais même pas y trouver une telle richesse. Dans mon livre, je raconte ce moment où l’on doit choisir alors qu’on ne sait pas encore très bien ce qu’il y a derrière les intitulés de formation. C’est pour cela que je l’ai écrit : donner de la visibilité aux étudiants, un aperçu réaliste, sans filtre, de ce que sont les études et le métier.

Vous avez été diplômée en juin 2025 ?

Oui, le 20 juin 2025. Et j’ai pris mon poste le 1er juillet, au CHU Amiens-Picardie. Amiens est la ville où j’ai fait mes études. J’avais signé un contrat d’allocation d’études (CAE) avec eux.
Le principe, c’est que l’établissement nous rémunère pendant notre dernière année d’études — parfois pendant les deux dernières années selon les endroits — et, en contrepartie, on s’engage à y travailler une fois diplômée, en l’occurrence minimum deux ans dans mon contrat. Pour moi c’était idéal, car c’est précisément là que je voulais me faire embaucher. Amiens est une ville importante, mais à taille humaine, comme sa maternité de type 3, dans un CHU, avec environ 2 600 accouchements par an. Cela signifie un rythme soutenu, mais pas excessif. J’aime cet entre-deux.

J’ai choisi l’hôpital, mais le diplôme n’enferme pas dans une seule voie. Dans Je deviens sage-femme, je détaille les différents lieux d’exercice possibles : hôpital public ou privé, libéral, PMI, enseignement, recherche… L’éventail est large, c’est l’un des attraits de notre profession.


Eloïse Lequet interviewée par Thotis, media leader de l’orientation digitale en France
© D.R.

Vos premiers mois de travail ont été positifs ?

Oui, franchement. Il faut dire que nous étions huit de ma promotion à entrer en même temps au CHU d’Amiens. Du coup, c’était facile. On nous a réparties sur différents secteurs. J’ai fait deux mois aux urgences, deux mois en salle de naissance, deux mois en grossesses pathologiques, deux mois en maternité. Maintenant, je tourne dans tous les services.
Je fais aussi beaucoup de nuits, même plus que de jours, ce qui me convient très bien.
Même si les bébés ne sont pas plus calmes la nuit, surtout en maternité, l’ambiance est différente. Tout est tamisé, il y a moins de monde, pas de visites, moins de personnel. On est entre nous. Je trouve cela plus apaisant. Peut-être que lorsque j’aurai 40 ans, des enfants, je changerai d’avis. Mais j’ai 23 ans et ça me va bien !

La nuit, il n’y a pas de visites, certes. Mais les pères restent auprès des mères, non ?

En salle de naissance, la plupart du temps, les pères sont là. C’est après qu’ils disparaissent, parfois. En maternité, d’après ce que je vois, il n’y a pas toujours un papa sur deux qui reste avec la maman. À chaque fois, cela me rend triste. Parfois, on entend des choses improbables : « Je ne peux pas rester, j’ai mon chien à sortir. » Il n’y a pas longtemps, j’ai même eu : « Je dois sortir mon perroquet ! » Véridique. Ça m’a laissée bouche bée. Nous, on se retrouve avec des mamans en pleurs, qui auraient besoin d’être épaulées. Il n’y a plus de nurserie comme avant : les bébés restent auprès de leur mère, ils ont besoin de proximité peau à peau. Nous essayons d’accompagner au mieux, mais la présence du coparent serait tellement utile.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que si, dès la maternité, le père ne s’investit pas, cela n’augure rien de bon pour la suite. Les dépressions du post-partum ont un boulevard devant elle.

Les pères n’en sont pas conscients ? 

On essaye d’en parler dès la préparation à la naissance, mais très peu d’entre eux viennent aux séances. Ils sont là aux échographies, et encore, pas toujours. Je comprends qu’il y ait la question du travail, de l’organisation, de la garde des autres enfants. Mais bon… Il faut les investir au maximum dès la grossesse, leur dire que leur présence compte pendant l’accouchement, mais aussi pendant tout le séjour. Et pour le chien, on peut demander au voisin, on lui revaudra ça !

Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour devenir sage-femme ?

C’est un métier profondément humain, alors je dirais l’empathie, la bienveillance, l’écoute. Mais le volet technique et administratif est tout aussi important, qui nécessite rigueur et organisation.
Pour qu’une sage-femme marche sur ses deux jambes, elle doit être à l’aise sur ces deux registres. D’ailleurs, le livre s’ouvre avec un QCM à l’adresse des étudiantes, des questions sur leur aptitude à l’écoute, la rigueur, l’empathie, la capacité à gérer la fatigue, la charge mentale, le travail en équipe. C’est léger dans la forme, mais cela dit quelque chose du métier. 

Éditions Vuibert, 196 pages. Date de parution : 16 mai 2026 – Prix : 16 €

Un trait de caractère rédhibitoire ?

Quelqu’un qui n’aimerait pas l’humain, clairement, ce serait compliqué. L’apathie non plus n’a pas sa place chez nous. Quoi d’autre… L’aigreur, même si on la rencontre parfois chez certains professionnels de santé usés, en fin de carrière. C’est rare chez les sages-femmes, mais ça existe. Certaines ont la réputation d’être « aigries » : elles en ont ras-le-bol de l’organisation, des protocoles, de la santé périnatale. 

Côtoyez-vous des profils atypiques, passés par des passerelles ?

Il y en a de plus en plus. Dans ma promotion, il y avait notamment deux mamans de 30 ou 40 ans, avec trois ou cinq enfants. Elles n’avaient pas du tout un profil scientifique. Il y a beaucoup de passerelles infirmières, mais pas seulement. Souvent, ce sont des femmes qui ont découvert le métier lors de leurs propres accouchements, au contact de leur sage-femme. Elles se sont dit : « Voilà un métier qui a du sens. C’est ça que je veux faire. » J’ai connu une femme qui travaillait dans une banque et qui voulait changer d’univers. Sur Instagram, des femmes me contactent aussi : avocates, comptables, personnes venues du monde agricole…

Dans le livre, je consacre tout un passage à ces passerelles, parce que ce sont des parcours qui prennent de plus en plus de place. Ce n’est pas toujours simple : reprendre des études, parfois avec des enfants, se priver de salaire pendant plusieurs années demande une vraie organisation. Mais je trouve ces parcours magnifiques. Certaines femmes arrivent avec une maturité, une expérience de vie, un regard qui enrichissent beaucoup la formation.


Eloïse Lequet sage-femme au CHU d’Amiens
© D.R

Votre livre, Je deviens sage-femme, est-il celui que vous auriez aimé lire avant de vous lancer ?

Oui, vraiment. J’ai essayé de résumer tout ce qui a fait que je suis devenue sage-femme : avant les études, pendant et après. Je voulais qu’une lycéenne puisse se dire : « Voilà ce qui m’attend vraiment. Est-ce que cela me donne envie ? » J’aurais aimé lire ce livre pour pouvoir me dire : « Oui, c’est vraiment ce que je veux faire, je peux foncer. »

Ce livre participe-il à une démarche de reconnaissance du métier ?

Oui, complètement. C’est un métier trop peu reconnu et tout simplement mal connu. Pour beaucoup de gens, sage-femme égale accouchement, alors que ce n’est qu’une partie de nos nombreuses compétences. C’est l’un des fils rouges du livre : rappeler que sage-femme est une profession médicale à part entière.

La reconnaissance des femmes, nous l’avons à mille pour cent, et c’est celle qui compte le plus. C’est du côté de la société et des institutions, qu’il reste beaucoup à faire ! À l’école, par exemple, mes cartes étudiantes mentionnaient « école paramédicale », ce qui m’a toujours révoltée. C’était dingue. Et en arrivant à l’hôpital, on m’a expliqué que la partie de nos courriers commençant par « Chers confrères, chères consœurs » devait être supprimée, car certains médecins ronchons s’en plaignaient. Comme si nous n’étions pas du même monde… Moi, je continue en général à la laisser, parce que je trouve cela ridicule…
Les jeunes médecins nous connaissent mieux : ils savent que nous ne sommes pas là pour empiéter sur leur travail, mais pour travailler avec eux. C’est aussi pour cela que j’ai envie de médiatiser et de défendre la profession, et à travers elle, la santé des femmes.

Vous avez connu la réforme PASS/LAS ?

Oui. Ma promo était la dernière année du bac S et la première année de PASS/LAS. Depuis, il y a eu la réforme des études de sages-femmes, en 2024. Dans le livre, j’explique justement les différentes voies d’entrée : PASS, LAS, passerelles, parfois études à l’étranger. La première année de la réforme, rien n’était prêt, personne ne comprenait vraiment bien. Maintenant que les choses sont à peu près en place, on nous parle déjà d’une nouvelle réforme… Ça me paraît hâtif, car ce sont toujours les étudiants qui en pâtissent.

Les sages-femmes seront bientôt docteures en maïeutique ?

Oui. Les étudiantes concernées terminent actuellement leur troisième année. Le décret du dernier cycle n’est pas encore sorti, mais elles pourront écrire à la fin de leur cursus « docteure en maïeutique », puisqu’elles auront un doctorat avec thèse d’exercice, comme les docteurs en pharmacie ou les dentistes. Dans Je deviens sage-femme, la nouvelle organisation en six ans est expliquée : premier cycle, deuxième cycle, puis troisième cycle, avec la thèse d’exercice et le diplôme d’État de docteur en maïeutique. J’espère que cela simplifiera le positionnement des sages-femmes dans la société et dans le système de santé, malgré les réfractaires.

Le cursus est un véritable sacerdoce, non ? 

La première année est très difficile, on travaille presque sept jours sur sept, du matin au soir — je défends l’idée qu’il faut garder au moins une soirée par semaine pour soi. En école de sages-femmes, le rythme reste intense — stages, gardes de douze heures, cours, partiels — mais on respire davantage qu’en PASS. Dans le livre, j’ai mis des plannings types permettant justement de montrer la charge de travail, mais aussi l’importance des pauses, du sommeil et de l’organisation : il ne s’agit pas seulement de tenir, mais de se construire sans s’abîmer. Certains étudiants décrochent, surtout en première année. Dans ma promotion, plusieurs ont arrêté ou redoublé. La santé mentale peut être fragilisée par ce rythme très dense, même si des dispositifs se développent aujourd’hui : référentes bien-être, interventions sur la santé mentale, méditation, yoga… Avec la sixième année, l’idée est de mieux répartir le programme, sans forcément l’alourdir, et de l’organiser par domaines de compétences plutôt que par unités d’enseignement. C’est plus proche de la réalité du métier : il s’agira moins d’apprendre par cœur, mais plutôt de développer le raisonnement clinique, savoir reconnaître une situation, faire des liens et décider de la conduite à tenir. Je pense que c’est positif.

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Quels souvenirs gardez-vous des stages ?

Nous avons des stages très variés : soins infirmiers, salle de naissance, maternité, libéral, PMI, néonatologie, centre de santé sexuelle, PMA, échographies… On va partout où il y a des sages-femmes. On y apprend la technique, mais aussi la posture à adopter, l’autonomie, la gestion des difficultés, et beaucoup de choses sur soi. L’accueil dépend des lieux. Par bonheur, je n’ai jamais rencontré ces « sages-femmes dragons », dont parlent la légende et qui terrorisent les étudiantes. En stage infirmier, il arrive que les équipes se demandent pourquoi nous sommes là — par exemple, j’ai fait le mien en rhumatologie, ce n’est pas évident ! Mais cela permet de découvrir l’hôpital et d’acquérir les bases. Ensuite, quand on arrive dans notre domaine, en salle de naissance ou en maternité, on est généralement bien accueillie. Au début, on se contente d’observer, puis on devient autonome. À la fin, on est presque sage-femme.

Le coût des études de sage-femme n’est pas anodin. Qu’en pensez-vous ? 

L’ANESF avait estimé le coût de la rentrée 2025 à 3 192 euros, entre frais spécifiques et vie courante (Cf. QR code). Dans le livre, je détaille les aides possibles : bourses régionales, aides ponctuelles, vacations, rémunération à partir de la quatrième année, contrats d’allocation d’études.
C’est important, parce que l’orientation ne dépend pas seulement de la motivation, mais aussi des ressources financières de chacune. Certaines étudiantes peuvent compter sur leurs parents, d’autres sont en difficulté, en particulier celles qui viennent par passerelle, avec parfois des enfants… En l’occurence, le contrat d’allocation d’études m’a aidée.

Les nouvelles générations sont-elles moins prêtes à sacrifier leur vie au travail ?

Je crois surtout qu’elles cherchent un meilleur équilibre. Les professionnels de santé n’ont pas perdu en énergie : ils la répartissent autrement.
Avant, certains médecins travaillaient jour et nuit, étaient disponibles à toute heure.
Aujourd’hui, on revient aussi à la question de la santé mentale. Quand on est sage-femme, surtout si l’on est passionnée, on peut vite s’oublier et vouloir toujours en faire plus, il faut apprendre à poser des limites. Dans le livre, j’insiste sur l’organisation, les temps de pause, la gestion du stress : ce sont de vraies compétences professionnelles. Demander de l’aide, prendre du recul, savoir prioriser, ce n’est pas un signe de faiblesse.

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Y a-t-il des expertises que vous aimeriez développer ?

Comme je viens de commencer, je n’ai pas encore de diplôme universitaire, mais deux sujets m’intéressent particulièrement : l’allaitement et les violences faites aux femmes. Un DU en lactation me tenterait par la suite, à condition de ne pas être ensuite limitée aux seules consultations d’allaitement. Je veux garder l’activité clinique, les gardes, la salle de -naissance, les urgences.

Des femmes victimes de violences, nous en voyons beaucoup. Certaines situations seulement soupçonnées, se confirment souvent par la suite. À chaque garde en maternité, on sait qu’il y a des patientes concernées, parfois même sans qu’elles en aient pleinement conscience : violences physiques ou verbales, emprise, dénigrement… D’après moi, les chiffres sont largement sous–estimés. J’ai vu La Maison des femmes et j’ai pleuré tout le long. Il en faudrait partout, des maisons comme celle-là, où l’on accompagne les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. 

Quand avez-vous commencé à poster sur les réseaux sociaux ?

Je publie depuis le lycée. Au début, c’était une sorte de journal intime de lycéenne, puis le confinement a vu se développer les StudyGrams, ces comptes d’étudiants qui parlaient de leurs études. Je racontais alors le bac, Parcoursup, puis le PASS, avant de parler davantage de mon entrée en école de sages-femmes, du métier, de la santé des femmes et de l’actualité de la profession. Mon compte Instagram a grandi avec moi : lycéenne, étudiante, stagiaire, jeune diplômée. Le livre en fixe une partie, mais avec plus de recul, plus de structure, et l’aide d’une équipe éditoriale.

Suivre Éloïse Lequet sur Instagram : https://www.instagram.com/sage_femme.elo/

Les réseaux sociaux m’ont aidée à me construire, moi qui étais très timide et introvertie, notamment pour l’aisance orale. Aujourd’hui, j’ai environ 8 000 abonnés. Cela reste modeste par rapport à de gros comptes, mais je peux encore répondre aux messages, échanger avec des lycéennes, des étudiantes, des femmes qui hésitent à faire une passerelle. C’est très humain, et j’aime beaucoup cela. Je suis aussi des sages-femmes comme Anna Roy, Élise Destannes, Charline Gayault, Marion Vallet… Je leur ai envoyé le livre. Marion Vallet m’a félicitée, et j’ai pu la féliciter en retour. C’était chouette. Un livre, c’est figé, contrairement à un post Instagram. Une fois imprimé, on ne peut plus modifier. Mais il y a eu des regards extérieurs et il pourra être révisé plus tard. Je n’ai aucun regret, en tout cas.

Comment voyez-vous votre avenir ?

Pour l’instant, je me plais beaucoup à l’hôpital, dans des services variés, et je me vois y rester. Après la sortie du livre, j’aimerais aussi prendre un peu de temps pour moi : l’écriture m’a demandé beaucoup de travail.
Je réfléchirai ensuite aux DU que je pourrais entreprendre et pourquoi pas à un second livre. Chaque chose en son temps. Mes stages en libéral et en PMI m’ont laissé d’excellents souvenirs, je sais que les possibilités sont nombreuses sur une carrière. L’enseignement pourrait également m’attirer, mais ponctuellement, ou plus tard, car je ne voudrais pas trop m’éloigner du terrain et des gardes. C’est une profession au sein de laquelle on peut évoluer, se développer constamment, apprendre et grandir. Quelle chance !

© D.R.

Des évolutions positives dans la profession ?

Oui, elles sont nombreuses : la réforme des études, l’évolution de nos compétences, les lois pour la santé des femmes et la santé périnatale. On a aussi le développement progressif des maisons de naissance, des plateaux techniques et des filières physiologiques, par exemple. L’une de ces filières a justement ouvert au CHU d’Amiens, et j’en suis très contente. J’adore les accouchements physiologiques, sans péridurale. C’est ce que je préfère. Et oui, même en maternité de type 3, c’est possible ! Au CHU, nous avons une salle nature, avec baignoire, divan, ballons, etc. On accompagne régulièrement des patientes qui ont ce projet, et on le fait avec grand plaisir.

Que diriez-vous à une lycéenne hésitante ?

« Suis ton cœur, pose-toi les bonnes questions : Qu’est-ce que tu veux vraiment faire tous les jours de ta vie ? Tu veux faire sage-femme ? Alors fonce ! Si tu te trompes, ce n’est pas la fin du monde, il te sera toujours possible de changer ». Je lui dirais aussi : « Arrête d’écouter toutes les petites voix qui sèment le doute en toi. » À cause d’elles, j’ai failli prendre le mauvais chemin, en fin de première année, quand j’avais la possibilité de faire médecine. On me disait : « Tu es vraiment sûre ? Tu ne veux pas plutôt faire médecine ? » Mais non ! Ce n’était pas ce que je voulais faire. Heureusement que je n’ai pas cédé aux sirènes.

Dernière chose, je conseillerais aussi à cette lycéenne d’acheter mon livre, qui répond à beaucoup de questions. Après l’avoir lu, elle pourra se dire : « C’est vraiment ça que je veux faire ! » ou bien « Sage-femme ? C’est pas pour moi ! » Au moins, elle saura de quoi il est question.

— Merci Eloïse et longue vie à Je deviens sage-femme !

Interview réalisée par Stéphane Cadé

PASS/LAS : fin annoncée en 2027

La PASS (Parcours accès spécifique santé) et la LAS (Licence accès santé) sont les deux principales voies d’accès aux études de santé, notamment aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie).

La PASS est une première année centrée sur les matières de santé, avec une mineure dans une autre discipline. La LAS est une licence classique — droit, psychologie, biologie, STAPS, etc. — complétée par une mineure santé. 

Le Gouvernement a officialisé vendredi 17 avril 2026 la fin du système PASS/LAS dès la rentrée 2027, qui sera remplacé par un cursus unique des études de santé dès la rentrée 2027. L’objectif est de simplifier les parcours et de garantir plus d’équité entre les étudiants. 

Outre l’accès via Parcoursup, il y aura désormais de nouvelles modalités d’accès aux études de santé, notamment par des passerelles :

• passerelle élargie pour les titulaires d’une licence complète afin de favoriser les vocations tardives ;

• renforcement des passerelles paramédicales : pour les professionnels ayant validé trois ans de cursus.

Chaque étudiant pourra tenter deux fois d’intégrer les filières MMOPK.