Maud Meunier : « Le périnée, territoire et carrefour des réalités des femmes »

Sage-femme libérale à Salon-de-Provence, Maud Meunier a fait de la douleur chronique, des dysfonctions pelviennes et de la thérapie manuelle ses principaux champs d’expertise. Son ouvrage Thérapies manuelles des algies et dysfonctions pelviennes reparaît dans une version enrichie, l'occasion idéale pour mettre un coup de projecteur sur une pionnière, passionnée et libre.

© L'Atelier d'Aj-Li

Votre cabinet est installé chez vous, sous les pins de Salon-de-Provence. C’est une chance de travailler dans un tel cadre ? Oh que oui ! Je suis chaque jour reconnaissante pour la chance que j’ai. J’exerce chez moi depuis bientôt quatre ans. Auparavant, j’étais dans une maison de santé à Miramas, dans un quartier très défavorisé : ce n’était pas du tout la même vie. Aujourd’hui, mes voisins sont les pins, les écureuils et, parfois, la Patrouille de France qui dessine des cœurs dans le ciel. C’est beaucoup mieux ! Pourquoi avoir choisi sage-femme ? Je suis entrée en faculté de médecine pour devenir kinésithérapeute. Devenir sage-femme ne m’avait pas effleurée et j’ignorais tout du métier. Je pensais que c’était les gynécologues qui faisaient les accouchements. Une conversation avec ma grand-mère m’a décidée : « Tu sais, kiné, c’est un peu toujours pareil, m’a-t-elle dit. Un accouchement, en revanche, ce n’est jamais pareil. » Cette phrase m’a convaincue, au point que je n’ai présenté que le concours de sage-femme.Par bonheur, ma pratique actuelle se situe à la croisée de ces deux professions.  Vous avez été diplômée à Metz en 2009. Comment êtes-vous arrivée dans le Sud ? Deux ans auparavant, j’avais rencontré celui qui est devenu mon mari et le père de mes enfants. Il avait été muté dans le Sud peu après notre rencontre. J’ai terminé mes études à Metz et, le jour même où j’ai obtenu mon diplôme, je suis partie le rejoindre. Le lendemain, je commençais à la maternité catholique de Puyricard. En tout, j’ai travaillé trois ans à l’hôpital, principalement à la maternité de Martigues. Qu’avez-vous retenu de ces années en maternité ? L’hôpital est un monde complètement différent du libéral. On est dans le cadre de l’obstétrique, à un moment-clé centré sur l’accouchement. C’est une toute petite fenêtre, aussi intense émotionnellement et symboliquement, que fugace…

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