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Aborder la maternité des patientes obèses

En 2025, plus de 21 % des femmes du monde entier seront obèses, à en croire certaines projections. En 2011-2012, aux Etats-Unis, la pathologie concernait 31,8 % des femmes âgées de 20 à 39 ans. L’épidémie a gagné le pays rapidement puisque dans les années 1970, moins de 10 % des Américaines du même âge étaient concernées. La France, que l’on a longtemps crue protégée, n’est pas épargnée. En 2012, 15,7 % des femmes étaient obèses. La proportion a presque doublé en quinze ans. « C’est un problème majeur de santé publique, s’inquiète Philippe Deruelle, gynécologue-obstétricien au CHU de Lille. L’obésité maternelle concerne

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À la Maison des femmes de Saint-Denis

«Je n’arrive pas à oublier les souvenirs. Quand je dors, je vois. » Dans cette petite salle de consultation de la Maison des femmes, à Saint-Denis (93), Fatoumata* évoque ses flashbacks avec Mathilde Delespine. « C’est normal. Cela veut dire que vous êtes normale », veut rassurer la sage-femme, qui tient une consultation spécialisée sur les violences sexuelles. « Les situations vécues sont bien intégrées dans notre cerveau, dans la mémoire. Sauf les viols et les violences, qui restent piégés dans le cerveau », poursuit-elle. Arrivée en France voilà deux ans, Fatoumata est « venue par la mer ». Depuis, elle dort dans la rue ou dans un bus de nuit et cherche à obtenir un statut de réfugiée. Elle a subi viol et excision et craint beaucoup pour sa fille de 6 ans, confiée, le temps du grand voyage, à une amie restée au pays. « Mes parents ont dénoncé mon amie et repris ma fille il y a trois mois environ. Chez nous, l’excision a généralement lieu entre 6 et 8 ans. » Dans deux semaines, Fatoumata reviendra consulter une avocate, pour obtenir des conseils pour protéger son enfant. Quelques jours après, elle participera à un groupe de parole dédié aux violences sexuelles et rencontrera une psychologue. Ouverte depuis juillet 2016, la Maison des femmes est un lieu ressource pour les victimes de violences liées au genre. « En tout cas, vous êtes très jolie aujourd’hui », commente la sage-femme, qui connaît sa patiente depuis un petit mois. « C’est grâce à vous », répond, femme forte, Fatoumata.

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La démographie des sages-femmes en questions

Objectiver les besoins futurs en sages-femmes, notamment via des projections démographiques, telle est la mission de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS). Le rapport, intitulé Les sages-femmes : une profession en mutation, part du constat de l’augmentation du nombre de sages-femmes ces dernières années. Progression qui, si le numérus clausus se maintient à son niveau actuel, va se poursuivre. Une question « brûlante » pour Isabelle Richard, nouvelle présidente de l’ONDPS (voir “Entretien” page 18). Y aura-t-il trop de sages-femmes et pas assez d’activité pour toutes ? Telle est l’enjeu central du rapport. La majorité des données publiées portent sur 2014. Déjà obsolètes, elles indiquent certaines tendances.

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Pleins feux sur l’endométriose

«Les règles, c’est naturel. Pas la douleur. » En 2016, ce slogan s’est répandu dans les rues et les magazines via de nombreuses affiches. Lancée par le Gouvernement, la campagne d’information sur l’endométriose a atteint son objectif. Les autorités sanitaires auraient-elles enfin pris en compte l’ampleur du désastre ? L’endométriose toucherait en effet une femme sur dix en âge de procréer. Un chiffre souvent répété, bien que l’épidémiologie de cette maladie inflammatoire chronique soit encore mal connue. Ces dernières années, les travaux de recherche se sont pourtant multipliés. Les conférences aussi. Le dernier congrès du Collège des gynécologues-obstétriciens français (CNGOF), qui s’est tenu en décembre 2016, en a fait un sujet phare. En collaboration avec la Haute Autorité de santé (HAS), il vient de commencer à travailler sur la rédaction de recommandations pour la pratique clinique (RPC), attendues