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Santé des femmes : les chatbots d’IA encore trop peu fiables pour repérer les urgences

Publiée sur arXiv et relayée par SciencePresse et Egora, l’étude a évalué treize grands modèles d’IA à partir de plusieurs centaines de scénarios cliniques relevant notamment de la médecine d’urgence, de la gynécologie et de la neurologie.  Les réponses ont été analysées selon un critère central : la capacité du modèle à identifier un risque sérieux et à orienter clairement vers une consultation ou une prise en charge urgente. Des performances très contrastées selon les modèles Les résultats sont préoccupants : environ 60 % des réponses ne répondent pas aux exigences minimales d’un conseil médical fiable. Parmi les modèles testés, GPT-5 apparaît comme le plus performant, mais reste en échec dans 47 % des cas, ce qui souligne ses limites dans un rôle de triage clinique.Ministral 8B affiche les moins bons résultats, avec 73 % de réponses jugées insuffisantes. Les autres modèles se situent entre ces deux extrêmes, sans qu’aucun ne parvienne à un niveau jugé satisfaisant. Manque de data fiables sur la santé des femmes Les auteurs rappellent que leur objectif n’est pas de qualifier ces IA de dangereuses en soi, mais d’élaborer une norme d’évaluation clinique rigoureuse, volontairement conservatrice.Ces travaux rejoignent d’autres études montrant que l’IA tend à sous-évaluer ou mal contextualiser des symptômes féminins. « Sur les bases de données, il faut être certain que le critère du sexe a bien été identifié et avec tout ce qui va autour, c’est-à-dire le stade du cycle menstruel, etc., car cela peut avoir un impact sur la manière de fonctionner de médicaments ou sur les prises en charge. On commence à s’en rendre compte sur le traitement du diabète chez la femme », estime Juliette Mauro, PDG et cofondatrice de My S life, startup femtech. Selon Jean-Baptiste Hennequin chef de la mission Cité de l’innovation à Sorbonne Université, tant que les données ne seront pas suffisamment...

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Désir sexuel et âge : ce que révèle une vaste étude populationnelle

Les participants ont évalué leur niveau général de désir sexuel, données ensuite croisées avec de nombreux facteurs démographiques : âge, sexe, orientation sexuelle, situation conjugale, nombre d’enfants, naissance récente, niveau d’études et profession. Les auteurs montrent que ces seuls facteurs démographiques expliquent 28 % de la variabilité du désir sexuel, indépendamment des dimensions psychologiques ou relationnelles. Un pic du désir masculin plus tardif qu’attendu L’un des résultats les plus marquants concerne les hommes : contrairement aux idées reçues, leur désir sexuel culmine en moyenne à la fin de la trentaine et au début de la quarantaine, et non à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Chez l’ensemble des participants, le désir tend ensuite à diminuer avec l’âge, mais cette baisse est nettement plus marquée chez les femmes. Effet du genre, des enfants et de l’orientation sexuelle La parentalité apparaît également comme un facteur différencié selon le sexe. Chez les femmes, un nombre plus élevé d’enfants est associé à un désir sexuel plus faible, tandis que chez les hommes, avoir une famille plus nombreuse est corrélé à un désir plus élevé. Par ailleurs, les niveaux de désir les plus élevés sont rapportés par les personnes s’identifiant comme bisexuelles ou pansexuelles. Des résultats pour normaliser les variations du désir En mettant en évidence l’influence des étapes de vie et des contextes sociaux sur le désir sexuel, les auteurs espèrent contribuer à réduire le sentiment de détresse ou d’anormalité ressenti par certaines personnes face aux fluctuations de leur désir. Ces données offrent également des repères utiles pour les professionnels de la relation d’aide et du conseil conjugal, en rappelant que les variations du désir sont souvent des réponses naturelles aux circonstances de vie plutôt que des dysfonctionnements individuels. Source : Scientific Reports, 5 janvier 2026...

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Malgré une dynamique réelle, la femtech se heurte encore aux stéréotypes du monde financier

Les investissements financiers en femtech se concentrent sur la reproduction et les sujets menstruels. C’est important, mais ce n’est pas tout : quid de la maternité, des pathologies féminines comme l’endométriose, des cancers féminins, des maladies auto­-immunes ?  Par bonheur, « des sujets jusqu’ici invisibles sont désormais investis et les entreprises tiennent le cap », se réjouit Marine Darnault, directrice Stratégie à l’AFM Téléthon et ancienne directrice exécutive de PariSanté Campus, dans un webinaire de l’association Donner des Elles à la santé sur le rôle des femmes dans l’innovation en santé.  En 2025, le secteur de la femtech en France compte 170 start-up, soit 30 de plus qu’en 2023. 95 % de ces start-up ont été fondées par des femmes (source : Wavestone x Femtech France). « On le sait, les femmes se tournent beaucoup vers les métiers du care : aide à domicile, ­infirmières, aides-soignantes, sages-femmes… Rien d’étonnant à ce que quand elles créent une entreprise, celle-ci soit tournée vers le soin de l’autre », ajoute-t-elle. Est-ce parce que les femmes y sont surreprésentées que la femtech se heurte à des réserves plus fortes de la part des investisseurs ? Les start-up en santé féminine se voient en effet régulièrement reprocher d’être sur un marché de niche. « Un marché de niche qui touche 50 % de la population, c’est sacrément ironique », s’agace Marine Darnault.  « Entre 2019 et 2023, 11 start-up proposant le traitement de la dysfonction érectile ont levé 1,24 milliard de dollars, tandis que 8 start-up sur l’endométriose ont reçu 44 millions de dollars », Egora Les investisseurs peinent à prendre au sérieux les business models qui leur sont présentés. Au-delà des contraintes financières classiques, ces difficultés traduisent un poids persistant des stéréotypes autour de la santé des femmes. Source : Hospimedia, 9 janvier 2026...

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Migraine et pré-éclampsie : des liens épidémiologiques et génétiques confirmés

Une vaste étude nationale danoise met en évidence une association bidirectionnelle entre la migraine et la pré-éclampsie, suggérant l’existence de mécanismes biologiques communs entre ces deux affections fréquentes chez les femmes en âge de procréer. S’appuyant sur les registres de santé danois, des données de prescriptions, des questionnaires validés et des analyses génétiques, les chercheurs ont suivi près de 260 000 femmes ayant eu au moins une grossesse entre 1997 et 2020. Il en ressort que la migraine est associée à un risque accru de pré-éclampsie lors de la première grossesse (OR 1,32) ainsi qu’à un risque augmenté de récidive. Inversement, un antécédent de pré-éclampsie est lié à une augmentation du risque ultérieur de traitement antimigraineux (HR 1,29). Ces résultats ont été confirmés dans une cohorte par questionnaire. Les analyses génétiques montrent par ailleurs une vulnérabilité génétique partagée, avec une association significative entre le risque de pré-éclampsie et les scores de risque polygénique de la migraine. Ces données suggèrent que la migraine pourrait constituer un marqueur clinique précoce du risque de pré-éclampsie, y compris de récidive. Elles renforcent l’hypothèse de voies physiopathologiques communes, possiblement vasculaires et placentaires, ouvrant des perspectives pour de futures recherches intégrant données génomiques et phénotypage placentaire. Source : The Lancet, janvier 2026...

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Coca et grossesse : repères pratiques

À titre de repères concrets : • Côtécaféine, les autorités sanitaires (notamment l’Autorité européenne de sécurité des aliments, EFSA) recommandent de ne pas dépasser 200 mg/jour pendant la grossesse, toutes sources confondues. Une canette de Coca-Cola 33 cl contient environ 33 mg de caféine (valeur pouvant varier selon les produits). En théorie, cela correspond à environ cinq à six canettes pour atteindre 200 mg, uniquement en l’absence de toute autre source de caféine, ce qui est rarement le cas.C’est pourquoi il est préférable de conseiller de se limiter à un verre ou une canette occasionnelle, en tenant compte du café, du thé, du chocolat ou de certaines boissons énergisantes consommées dans la même journée. • La teneur en sucres est un second point de vigilance : une canette de ­Coca-Cola 33 cl apporte environ 35 g de sucre, soit environ sept cuillères à café. Une consommation régulière peut favoriser une prise de poids excessive et augmenter le risque de diabète gestationnel. Les versions light ou zéro réduisent cet apport, mais restent des boissons à consommer de façon ponctuelle. Dans l’accompagnement, il est essentiel de rappeler que l’eau doit rester la boisson principale, à raison d’environ 1,5 à 2 litres par jour, et de proposer des alternatives simples et acceptables pour les femmes (eau gazeuse aromatisée naturellement, tisanes compatibles avec la grossesse, jus de fruits dilués)....

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Comprendre comment les hommes perçoivent leur participation lors d’un accouchement physiologique

Les chercheurs ont conduit une analyse de contenu qualitative auprès de quinze hommes, à partir d’entretiens individuels. Tous les participants avaient accompagné leur épouse lors du suivi prénatal. L’objectif d’une telle étude est l’identification de structures de sens, de catégories (et non la mesure de leur fréquence).  Mettre des mots sur la perception À l’issue des entretiens, la perception des participants a été regroupée en quatre catégories principales : faiblesses des connaissances concernant leur rôle dans l’accouchement ; peurs de participer ; volonté d’apprendre et de s’impliquer ; stratégies proposées pour améliorer leur participation.  Conclusion et implications  L’étude montre que le manque d’information et les peurs liées à l’accouchement constituent des obstacles majeurs à la participation des hommes, malgré une réelle volonté d’implication. Les auteurs soulignent la nécessité de renforcer l’éducation et la sensibilisation des futurs pères à leur rôle pendant la grossesse et l’accouchement, afin de favoriser une participation masculine plus active et éclairée au processus de naissance.  Source : International Journal of Community Based Nursing and Midwifery, janvier 2026...

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Pénurie Mondiale de sages-femmes

Une nouvelle analyse publiée dans Women and Birth (janvier 2026) estime qu’il manque environ 980 000 sages-femmes pour couvrir les besoins essentiels en santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et adolescente (SSRMN-A) dans le monde. La Confédération internationale des sages-femmes (ICM) s’appuie sur ces résultats pour alerter : la pénurie observée sur le terrain n’est pas une hypothèse future, mais une réalité déjà à l’œuvre dans les systèmes de santé. Les sages-femmes peuvent assurer environ 90 % des services SSRMN-A. Selon la synthèse de l’ICM, un accès universel à leurs soins pourrait prévenir environ deux tiers des décès maternels et néonatals ainsi que des mortinaissances. Toujours selon l’ICM, la pénurie induit également des parcours de soins plus fragmentés, des interventions inutiles, des carences en planification familiale, des violences obstétricales lorsque les équipes sont en sous-effectif et sous pression. Des impacts inégaux selon les régions L’étude et l’analyse montrent des pénuries dans toutes les régions, mais avec des intensités différentes : Afrique : près de la moitié de la pénurie mondiale. Une très large majorité de femmes africaines (environ 90 %) vivent dans des pays en déficit. Méditerranée orientale : 69 % des sages-femmes nécessaires y font défaut, situation aggravée par les conflits. Amériques : proportionnellement à la demande de la population, c’est dans cette région du monde que la pénurie de sages-femmes est la plus élevée : 85 % des sages-femmes nécessaires manquent à l’appel.  Europe : pénurie plus limitée en proportion, mais alimentée par l’épuisement, la faible rétention et les difficultés de déploiement. L’Asie du Sud-Est illustre que des avancées sont possibles : bien qu’elle regroupe environ 28 % des femmes en âge de procréer, elle ne pèse que faiblement dans la pénurie mondiale, grâce à des investissements durables dans la formation, une meilleure intégration des sages-femmes et une planification volontaire des effectifs. De gros écarts demeurent cependant entre les pays. Former ne suffit pas...

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Rappel de lots de laits infantiles

Elles reprochent aux fabricants et aux autorités sanitaires une réaction jugée trop tardive dans le retrait de produits destinés à des nourrissons, parfois très jeunes ou prématurés.  Des rappels de laits (Guigoz, Gallia, Picot, Babybio…) ont concerné plus de soixante pays depuis décembre, en lien avec une huile enrichie en ARA identifiée comme source possible de contamination. Si les autorités rappellent qu’aucun lien de causalité formel n’est établi à ce stade, plusieurs enquêtes pénales sont en cours. La Société française de pédiatrie, le Groupe francophone d’hépatologie, gastro-­entérologie et nutrition pédiatriques et la Société française de néonatologie proposent des recommandations en cas de consommation de laits provenant d’un lot concerné par le rappel des laits infantiles Nestlé, Lactalis, Danone et du groupe Vitagermine (liste non exhaustive et susceptible d’évoluer). Liste des recommandations :https://www.sfpediatrie.com/sites/www.sfpediatrie.com/files/medias/documents/Rappel%20de%20lots%20de%20laits%20infantiles_25%20jan%202026_VF5.pdf La Société française de pédiatrie propose également une liste de laits en alternative aux différents laits rappelés : https://www.sfpediatrie.com/sites/www.sfpediatrie.com/files/medias/documents/Alternatives%20aux%20pr%C3%A9parations%20infantiles%20retir%C3%A9es%20du%20march%C3%A9%20version%20SFP%2027.01.26%2017h.pdf...

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Actus

ANSM : confirmation du surrisque de grossesse extra-utérine avec le stérilet hormonal Jaydess 

Risque relatif plus élevé  Si l’efficacité contraceptive globale des DIU-LNG reste excellente, le risque de GEU est significativement supérieur avec le dosage à 13,5 mg (Jaydess) qu’avec les dosages à 52 mg (Mirena, Donasert). Vigilance clinique (ANSM)  Devant toute symptomatologie suspecte ou test de grossesse positif chez une porteuse de DIU Jaydess, la localisation de la grossesse doit être une priorité diagnostique immédiate. Recommandations pour les médecins et les sages-femmes Ne prescrivez pas et ne posez pas Jaydess : sa commercialisation a cessé depuis fin 2024, il ne sera bientôt plus disponible. D’autres stérilets au lévonorgestrel présentent un meilleur rapport bénéfice-risque ; Ne retirez pas le stérilet Jaydess sauf demande de la patiente ou urgence médicale, cela reste une contraception efficace ; Informez vos patientes porteuses d’un stérilet, quel qu’il soit, des risques de GEU et des signes devant les amener à consulter ; Privilégiez les méthodes de contraception de première intention, dont les stérilets au cuivre, en particulier chez les femmes n’ayant jamais eu d’enfant.  Lire la dernière étude sur The New England Journal of Medicine (25 novembre 2025) :  https://evidence.nejm.org/doi/10.1056/EVIDoa2500117...

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Actus

Loire-Atlantique : une sage-femme AAD dans la tourmente

Octobre 2025 : suspension de cinq mois Le point de départ est une suspension de cinq mois, décidée en octobre par l’ARS Pays de la Loire, après des signalements émanant non pas de patientes, mais de maternités, de pédiatres et d’un pharmacien, selon les éléments rapportés. L’ARS évoque des « manquements » susceptibles d’avoir des conséquences graves, « dans le suivi des femmes enceintes et la réalisation d’accouchements à domicile, la réalisation des dépistages néonatals, pouvant entraîner une perte de chance pour les enfants concernés, la prise en charge médicale des nouveau-nés et des suites de couches immédiates, ainsi que dans la prise en charge d’une demande d’interruption volontaire de grossesse médicamenteuse ». « Hors cadre » : la défense d’Elena Le Gal De son côté, Elena Le Gal, qui exerce depuis quinze ans, conteste tout danger pour les femmes ou les bébés. Elle explique être visée parce que ses pratiques sont jugées « hors cadre » et affirme que des fiches d’événements indésirables seraient déclenchées par les maternités dès que son nom apparaît dans un dossier d’AAD ne correspondant pas, à leurs yeux, aux critères habituels.  Elle revendique une approche au cas par cas, quitte à ne pas respecter certaines règles qu’elle juge parfois hors de propos. Elena Le Gal assure ne jamais avoir mis en danger la vie d’un bébé ou d’une maman et les orienter systématiquement vers une maternité quand l’accouchement à domicile est impossible. Elle dit aussi privilégier l’information et le choix des femmes, y compris lorsque les intéressées ne souhaitent pas suivre certaines recommandations, comme le test du buvard par exemple. Fin 2025 : interdiction d’exercer pendant deux ans La procédure s’est poursuivie en décembre devant le conseil de l’Ordre des sages-femmes : elle a écopé d’une interdiction d’exercer pendant deux ans, à compter du 1er février 2026. La sage-femme, qui dit avoir accompagné environ 800 naissances en quinze...

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