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Laurence Fischer, triple championne du monde de karaté, fondatrice de Fight for Dignity 

Laurence Fischer, triple championne du monde de karaté et fondatrice de l’ONG Fight for Dignity, met aujourd’hui sa pratique sportive au service des survivantes de violences sexuelles, en lien étroit avec les équipes soignantes. « Le travail qu’on fait avec les patientes, c’est un travail psychocorporel », résume-t-elle. « Je ne dissocie pas ce qui se passe dans la tête et ce qui se passe dans le corps. » Avec Fight for Dignity, son objectif n’est pas d’enseigner la performance ou la compétition, mais d’offrir un espace sécurisé où les femmes peuvent se réapproprier leur corps et leur estime de soi. En 2005, à la fin de son cursus à l’ESSEC, Laurence Fischer part en Afghanistan dans le cadre d’une mission avec l’ONG Sports sans frontières. Elle découvre la tragique réalité des femmes de ce pays : « l’impossibilité pour les jeunes filles et les femmes d’être, d’exister, l’interdiction de faire du sport, simplement parce que l’on est née avec un sexe féminin ».  Le deuxième déclic survient en 2013, lors du Forum mondial des femmes francophones, quand le Dr Denis Mukwege témoigne de son travail à l’hôpital de Panzi, en République démocratique du Congo : « Il a évoqué longuement le viol utilisé comme arme de guerre, c’est à dire systématique, méthodique, dans le but de déstabiliser la société, de détruire les familles. C’est notamment le cas dans la région du Kivu pour des enjeux miniers. À l’époque, je découvrais cela, je ne savais même pas que c’était possible. » De la self-défense au karaté adapté « Je n’ai pas été victime à titre personnel mais j’ai été profondément bouleversée par le sort de ces femmes et de ces jeunes filles. J’ai créé Fight for Dignity par empathie pour elles. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice. Ma pierre, c’est le karaté. »  En 2014, elle se rend à la Maison...

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Portrait

Jean-Daniel Henry, sage-femme et photographe

Comment es-tu venu au métier de sage-femme ? En classe de seconde, il a fallu décider de mon orientation. Le soin et l’humain, c’était ça le plus important pour moi. J’ai pensé devenir médecin, plutôt pédiatre, en fait. J’aime la relation avec l’enfant. Un enfant, si tu lui dis « ça va pas faire mal » et que ça fait mal, c’est fini : tu ne peux plus le soigner, la relation de confiance est cassée. En découvrant le parcours du combattant que sont les études de médecine, j’ai déchanté : externat, internat, examens, classement… Ce classement qui va déterminer ce que tu vas faire toute ta vie. J’y ai vu surtout le risque d’un gros plantage et d’une grosse déconvenue. Une telle dose d’incertitude était compliquée pour moi. C’est en échangeant avec une amie de mes parents, sage-femme, que la solution m’est venue. À partir de la seconde, j’ai su où j’allais : je serais sage-femme ! J’ai passé mon concours après une prépa en terminale, le dernier concours de Paris, puis j’ai intégré l’école de Saint-Antoine. En général, c’était un homme par promo. Sur la mienne et celle d’après, on était deux, deux mecs dans une classe de 30-35.  Tes études se sont bien passées ? On m’avait dit : « Fais pas tes stages à Saint-Antoine, les sages-femmes sont pas sympas ». Il faut croire que j’ai été chanceux, la plupart étaient très sympas. Et puis les gynécos m’aimaient bien, ils me laissaient faire des trucs que normalement les étudiants ne font pas. Franchement, ça s’est bien passé pour moi. Et une fois ton diplôme en poche ? J’ai bossé trois mois d’été à l’hôpital Antoine–Béclère. Ils n’avaient pas assez de postes à pourvoir, alors je suis allé à Créteil, maternité de type 3 également : de la pathologie, de la pathologie, encore de la pathologie… C’était mon choix, je voulais […]