Dans les bidonvilles parisiens

5 septembre 2016 0

Debout devant sa cabane, Isabella* conserve un sourire triste. Oui, elle se sent bien. Non, cette semaine, elle n’a pas eu de contraction. C’est vrai, la veille, elle n’a pas été reçue en consultation à l’hôpital. Elle s’y est pourtant bien rendue, mais on lui a répondu qu’elle n’avait pas de rendez-vous. Coutumiers de ces couacs, les bénévoles de l’association parisienne Agir pour la santé des femmes (ADSF) ne s’en étonnent même plus. Depuis quatre mois, ils rendent régulièrement visite aux femmes de ce camp rrom de Saint-Denis (93), en lisière de Paris, à deux minutes à pied d’une station de métro. Objectif principal : assurer un suivi de grossesse minimal, en incitant et accompagnant les patientes à rejoindre le droit commun. A chacune de ses maraudes, l’association compte trois bénévoles : une sage-femme, un gynécologue ou une infirmière puéricultrice, ainsi qu’un travailleur social et un logisticien. Dans ces bidonvilles, les besoins des femmes et des enfants sont énormes. « Sans nous, la grossesse de cette femme ne serait pas suivie », chuchote...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

Accueillir l’autre : l’expérience transculturelle bordelaise

5 septembre 2016 0

« Nous souhaitions être présents de A à Z en périnatalité ! De la préparation à la naissance à l’accueil du nouveau-né, pour contribuer à rompre l’extrême solitude des femmes migrantes qui n’ont souvent ni réseau familial ni amical. » Ainsi témoigne Estelle Gioan, psychologue clinicienne à la consultation d’ethno-psychiatrie du CHU de Bordeaux et membre de l’association Mana, spécialisée dans la clinique transculturelle. DU PRE AU POST NATAL C’est pourquoi, à partir et à côté de leurs consultations hospitalières, instaurées dans les années 2000 en maternité, les thérapeutes de l’association ont développé plusieurs actions à destination des femmes migrantes. Pluridisciplinaire, leur travail repose notamment sur la qualité de l’interprétariat, pour ne pas passer à côté de la parole de femmes que l’exil fragilise et qui se retrouvent perdues dans notre système. Les femmes migrantes enceintes peuvent bénéficier de cours de préparation à la naissance, de causeries autour de la parentalité, d’ateliers sur l’accueil du nouveau-né après l’accouchement et, si nécessaire, de consultations individualisées avec une prise en charge ethno-psychiatrique au CHU de Bordeaux....

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

Mort périnatale : une évolution récente et radicale des pratiques

5 septembre 2016 0

Jusqu’aux années 1990, silence et évitement régnaient en maîtres autour du deuil périnatal. Les IMG et les accouchements d’enfants morts in utero étaient réalisés à l’écart, sous anesthésie générale le plus souvent, derrière un champ pour que la mère ne puisse voir l’enfant. Celle-ci était isolée, renvoyée rapidement chez elle ; la rencontre avec l’enfant était impensable et les rituels funéraires inexistants. « Les soignants pensaient protéger les parents d’une trop grande souffrance et, probablement, s’épargnaient ainsi d’être confrontés à la réalité de la mort à laquelle leur formation ne les avait pas du tout préparés », expliquent les docteures Maryse Dumoulin de la maternité Jeanne-de-Flandre à Lille et Anne-Sylvie Valat du CHRU de Lens [1]. Françoise Damageux, sage-femme cadre au CHI de Poissy-Saint-Germain dans les Yvelines, se souvient : « Au début de ma carrière en 1982, je n’étais pas du tout formée pour appréhender ces situations, raconte-t-elle. L’essor du diagnostic prénatal et du nombre d’IMG pratiquées nous a obligés à faire évoluer nos pratiques, à prévoir ces situations et nous organiser afin d’accompagner...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

« Ne pas psychologiser systématiquement l’accompagnement du deuil »

5 septembre 2016 0

La littérature grise autour du deuil périnatal est de plus en plus riche, pourquoi avoir choisi de coordonner cet ouvrage ? Jocelyne Clutier Seguin : J’ai terminé mes études de sage-femme en 1978, juste au moment de la loi Veil qui instaurait le droit à l’IVG et codifiait les conditions d’une IMG. Alors que je commençais ma carrière, ces deux techniques se sont développées de façon très rapide, en parallèle avec l’essor du diagnostic prénatal. Très rapidement donc, j’ai été confrontée au deuil périnatal sans réelle formation. Il fallait inventer des outils pour accompagner les parents. Au fur et à mesure de ma carrière, j’ai vécu les évolutions des pratiques au sein même des équipes dans lesquelles j’ai travaillé, avec les questionnements venant des professionnels de soin comme des parents concernés. Cet ouvrage revient en quelque sorte sur ces trente années. Rose-Marie Toubin : Il existe en effet de plus en plus de livres sur le sujet, écrits par des psychologues, des pédopsychiatres, des psychanalystes, mais aussi des sociologues, des philosophes et même...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

A Paris, une cérémonie pour les « tout petits »

5 septembre 2016 0

Depuis janvier 2009, les services funéraires de la ville de Paris proposent une cérémonie à l’attention des parents concernés par le deuil périnatal et qui n’ont pas pu, ou pas voulu, mettre en œuvre des obsèques. En effet, lorsqu’ils décident de laisser l’établissement de santé prendre en charge le devenir du corps, ils ne peuvent être présents au moment de la crémation. Cette cérémonie collective, qui a été pensée avec l’aide de l’association Petite Emilie, se déroule le premier mardi ouvré de chaque trimestre et accueille une cinquantaine de personnes à chaque fois (parents, familles, amis, mais aussi soignants, bénévoles d’associations…) « Il s’agit de permettre aux parents de s’exprimer sans pour autant tomber dans l’affectif. Et également de laisser une trace pour ces enfants dont il ne reste aucune cendre, explique Jean-Paul Rocle, chargé de mission « Cérémonies et ritualités », sur le site des services funéraires. Ce temps est devenu un véritable rendez-vous indispensable pour des parents en attente d’un vrai signe de reconnaissance de leur parcours : ce n’est pas...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

Trop ou pas assez de frottis cervico-vaginaux ?

5 septembre 2016 0

En 2015, 2800 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été diagnostiqués en France. La même année, 1100 femmes sont mortes des conséquences de cette maladie. C’est trop. Pourtant, l’incidence de ce cancer a fortement reculé depuis la mise en place du dépistage volontaire. Chaque année, dans notre pays, six millions de frottis sont réalisés. Mais seulement 10 % des femmes en bénéficient dans les temps recommandés. Quelles caractéristiques distinguent les 40 % de femmes qui en font trop souvent des 50 % qui passent au travers ? Pour tenter de comprendre, des chercheurs de l’université Pierre-et-Marie-Curie, de l’Inserm et du CNRS, à Paris, ont passé à la loupe la région Ile-de-France. A cet effet, ils ont étudié les données de 2010 de la cohorte SIRS (Santé, Inégalités et Ruptures sociales), conduite dans les quatre départements centraux franciliens. L’examen des quartiers de vie des femmes a été couplé à leurs caractéristiques individuelles (âge, niveau d’éducation, couverture maladie, vie de couple). Et si la réponse venait de la mobilité ?...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.

Retour sur une campagne en demi-teinte

5 septembre 2016 0

« C’est une campagne innovante ! » annonçait Marisol Touraine en conférence de presse le 22 juin, lors du lancement de la campagne d’information sur les compétences des sages-femmes. Côté contenus, la campagne répond bien aux attentes de la profession qui souhaitait médiatiser ses compétences auprès des femmes depuis longtemps. Affiches, micro-trottoir, dépliants, bannières Web… Les outils conçus avec les organisations et associations de sages-femmes soulignent la diversité du champ d’intervention des sages-femmes. C’est bien le minimum. Mais les moyens de diffusion ont été limités, un point sur lequel l’ONSSF a alerté le ministère en amont. PLAN MEDIA REDUIT Interrogé, le ministère de la Santé nous a donné des détails sur son plan media. Une campagne de bannières internet courrait du 22 juin au 6 juillet, soit sur une période très courte. En ciblant des critères de sexe et d’âge et des mots-clés, ces messages auraient été très présents sur des sites féminins (Femme actuelle, Aufeminin, Voici, Gala), généralistes (20 minutes, Libération, Le Monde, Le Figaro, etc.) ou parentaux (Famili, Magic Maman). Sans...

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce contenu est réservé aux abonnés formule numérique.