Déclenchement : le flou des pratiques

5 mars 2017 0

En France, plus d’une femme sur cinq voit son accouchement déclenché artificiellement. Autrement dit, chaque année, ce sont près de 175 000 femmes qui subissent la douleur des contractions provoquées et l’interminable durée du travail associées au déclenchement, auxquelles s’ajoutent des risques d’asphyxie du fœtus, d’hématome rétroplacentaire, de césarienne en urgence, entre autres. En 2010, 22,7 % des femmes étaient concernées, d’après la dernière enquête nationale de périnatalité (ENP). Au fil des ans, spécialement depuis les années 80, cette proportion n’a cessé d’augmenter. Menée auprès de 18 648 femmes ayant accouché dans 617 maternités entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2014, une enquête du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane) affichait un taux global redressé pour l’ensemble des accouchements de 23,5 %. Aujourd’hui, qui déclenche-t-on ? Pourquoi ? Comment ? Ces derniers mois, plusieurs spécialistes ont tenté de répondre à ces questions lors de divers rassemblements professionnels. LES RAISONS DU DECLENCHEMENT En Europe, le taux de déclenchements varie de 6 % à 33 %, selon les pays, d’après les...

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Déclenchement au misoprostol : le CHI de Poissy condamné

5 mars 2017 1

La maternité du CHI de Poissy, dans les Yvelines, et son assureur viennent d’être condamnés par le tribunal administratif de Versailles à indemniser les parents de Timéo, un enfant né handicapé moteur à la suite d’un accouchement difficile. Rappel des faits : le 13 novembre 2010, l’accouchement d’Aurélie Joux est déclenché par un quart de comprimé de Cytotec®, soit une dose de 50 µg de misoprostol environ. Plus tard, les soignants lui administrent aussi de l’oxytocine en perfusion. Les contractions violentes consécutives engendrent alors une rupture utérine. Suite à une extraction instrumentale, l’enfant, né en état de mort apparente, est transféré vers un établissement parisien doté d’un service de réanimation. En mai 2011, les parents de Timéo saisissent la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI). Dans son rapport rendu courant 2013, elle reconnaît la responsabilité de l’établissement dans le handicap de Timéo. Problème : « La responsabilité de l’hôpital a été reconnue, mais l’assureur a refusé de payer l’indemnisation », explique Anne Loirette, vice-présidente de l’association Timéo et les autres....

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