L’exception ligérienne1 35 400 naissances. Ni une de plus, ni une de moins qu’en 2024. Dans un contexte de recul généralisé de la natalité en France métropolitaine, les Pays de la Loire font figure d’anomalie statistique. L’Insee, dans une étude flash publiée début avril, qualifie lui-même le phénomène d’« exception ligérienne ». La région cumule en effet deux facteurs favorables : une attractivité toujours forte de la façade atlantique, et une proportion de femmes en âge de procréer en hausse de 0,7 %, reflet direct des flux migratoires qui alimentent sa croissance démographique — la population régionale a bondi de 6,1 % entre 2016 et 2026 pour atteindre 3,965 millions d’habitants. Un répit, pas un rebond Mais gare à l’emballement. « Il est beaucoup trop tôt pour extrapoler une dynamique plus large à partir de ce palier », tempère Arnaud Fizzala, chef des projets d’études à l’Insee et co-auteur de l’étude. Et les premiers chiffres de 2026 refroidissent déjà les espoirs : janvier et février semblent pointer vers une reprise de la baisse. La stabilité de 2025 résulte en réalité de deux forces contraires qui se neutralisent : d’un côté, une fécondité en léger recul (l’indicateur conjoncturel tombe à 1,59 contre 1,60 en 2024) ; de l’autre, un nombre croissant de femmes dans la tranche des 20-40 ans. Équilibre précaire. Le solde naturel, lui, continue de se dégrader Les naissances ont beau tenir, les décès progressent : 38 000 en 2025, soit 700 de plus qu’en 2024, notamment sous l’effet d’une sévère épidémie de grippe hivernale. Résultat, le solde naturel régional accuse un déficit de 2 600 personnes — contre 1 900 un an plus tôt. La Loire-Atlantique reste le seul département à afficher un solde positif ; le Maine-et-Loire bascule dans le rouge pour la première fois. C’est le vieillissement des générations du baby-boom qui, structurellement, tire les décès vers le haut. La natalité, un défi…
