Nefis Okan ne s’est pas posé beaucoup de questions. Monitrice d’escalade à Clermont-Ferrand, elle grimpe depuis ses 28 ans et n’avait aucune intention de s’arrêter au début de sa grossesse dix ans plus tard. « J’étais à l’écoute de mon intuition. J’avais peu de copines grimpeuses autour de moi pour me conseiller, alors je m’écoutais, j’essayais de ne pas me laisser influencer. » Elle adapte ses séances, la difficulté et l’intensité au fil des trimestres. Au septième mois, elle se souvient être encore encordée sur la falaise. L’arrêt s’est fait naturellement : « Il faisait chaud, le baudrier n’était plus confortable, le ventre grossissait. C’est ça qui m’a décidée, pas un médecin. » D’un sport déconseillé à une activité recommandée Les femmes avec qui nous avons échangé rapportent la même chose : leurs soignants ne connaissent pas l’escalade. Certains appliquent des restrictions génériques sans tenir compte du niveau de pratique. Des grimpeuses ont essuyé un non catégorique dès la première consultation. Un réflexe que les professionnels de santé spécialisés dans le sport décrivent comme un héritage tenace : pendant des décennies, on a proscrit le sport aux femmes enceintes. Désormais, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande 150 à 180 minutes hebdomadaires d’activité physique pendant la grossesse. Au sein du corps médical s’opère un changement. « J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet », se réjouit Carole Maître, gynécologue et médecin du sport à l’Insep, ainsi que co–auteure du guide ministériel Sport de haut niveau et maternité. « Je travaille sur le sport et les spécificités féminines depuis plus d’une vingtaine d’années, j’ai bien perçu le changement, c’est formidable. » Consulter le guide ministériel Sport de haut niveau et maternité “ J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet “…
