Maltraitance en stage : les raisons évoquées

En croisant les articles parus dans la presse, les prises de parole de l’ANESF et les documents publiés par l’association, plusieurs explications récurrentes apparaissent. Elles doivent toutefois être maniées avec prudence : l’enquête décrit les expériences déclarées par les étudiantes et met en évidence certaines associations statistiques, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’établir scientifiquement les causes de la maltraitance.

Maltraitance en stage : les raisons évoquées

Des atteintes surtout morales et verbales En 2026, 55 % des répondantes déclarent un sentiment de maltraitance en stage. Parmi elles, 60,5 % la qualifient de morale, 37 % de verbale et 2,5 % de physique. Les commentaires mentionnent notamment le rabaissement, l’acharnement, les humiliations, l’exclusion et l’isolement. Le stress est également marqué : plus de 20 % des répondantes le situent à 5 ou 6 sur une échelle allant de 1, « pas du tout stressée », à 6, « impossibilité d’aller en stage à cause du stress ». La veille de la première garde et l’arrivée dans le service sont les deux moments les plus souvent désignés comme stressants. Par ailleurs, 87,1 % répondent « oui » ou « plutôt oui » à l’affirmation « j’ai peur de décevoir ». © Getty Images Des encadrantes sous tension Une première explication concerne les conditions de travail dans les maternités. Selon Leïla Jamin, porte-parole de l’ANESF, les sages-femmes encadrantes sont en sous-effectif et surchargées de travail. Elle souligne aussi qu’elles ne disposent pas toujours d’une formation à l’accompagnement et peuvent connaître imparfaitement les attendus du stage ou les modalités d’évaluation. Un décalage peut alors apparaître entre les compétences attendues et celles que l’étudiante est censée maîtriser à son niveau de formation. L’ANESF œuvre pour que le statut de maître de stage universitaire soit également déployé à l’hôpital. La formation associée au statut porterait sur l’organisation du cursus, les apprentissages attendus, la pédagogie clinique, l’écoute, la communication et l’évaluation. Une place de « petite main » L’association relève la persistance d’une hiérarchie hospitalière donnant aux étudiantes le rôle de « petites mains » ; certaines disent ne pas avoir le droit de s’asseoir ou de manger pendant leur garde. Cette représentation n’est pas nouvelle. En 2021, Le Monde rapportait le témoignage de Natacha Fau, ancienne étudiante sage-femme alors en reconversion, qui disait avoir redouté les « sages-femmes dragons » et terminé en burn-out. Une autre…

Ce contenu est réservé aux abonnés.
Je m’abonne
Déjà membre ? Connectez-vous ici