Grand Angle

Maison Simone : un espace santé et bien-être pour les femmes ménopausées

Maison Simone est un nouveau lieu toulousain dédié à la ménopause. « C’est une maison qui a été rafraîchie aux goûts du jour, à la décoration sophistiquée et simple, elle ne ressemble pas à une structure de santé. La salle à manger a été transformée en salle d’attente, mais on a l’impression d’être reçue chez une amie. Je me suis sentie accueillie et bienvenue », raconte Delphine, 52 ans. Cette habitante de Blagnac a poussé les portes de Maison Simone quelques semaines après l’ouverture du lieu, début juin. « Une aubaine » pour elle. « Je commençais depuis plusieurs années à ressentir des symptômes de la ménopause, mais je n’ai pas réussi à trouver d’écoute de la part de mon gynécologue surchargé, ni du côté de ma jeune médecin généraliste. J’ai voulu prendre un rendez-vous au CHU de Toulouse pour ses consultations spécialisées, mais impossible de les joindre, il y a trop de demandes », raconte-t-elle, soulagée d’avoir pu avoir accès rapidement à une consultation en gynécologie à Maison Simone. Situation similaire pour Pascale, 48 ans : « Je parlais de mes symptômes à mon gynécologue qui minimisait en me disant que c’était le lot d’être une femme de vivre avec ces problèmes. A Maison Simone, on m’a prise au sérieux et prescrit un bilan hormonal. » Un accès à des consultations spécialisées La création de Maison Simone répond à un besoin qui commence à être davantage visibilisé ces dernières années. « En échangeant régulièrement avec des soignants et des patientes, je me suis rendu compte qu’il y avait un réel manque de prise en charge lors de la ménopause et que les femmes étaient souvent un peu perdues à cette période de leur vie », a remarqué Marie-Pierre Bisaro, fondatrice de Maison Simone. Elle entrait dans la cinquantaine lorsqu’elle a commencé à penser à ce projet. « En discutant avec d’autres...

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A la Une

Le « parcours ménopause », pour une prise en charge globale

Ménopause et détresse des patientes Les patientes ménopausées ont souvent une prise en charge superficielle et généraliste de leurs symptômes. Pour beaucoup, un traitement hormonal leur est proposé afin de soulager les bouffées de chaleur. Malheureusement, chez certaines femmes ce traitement peut accroître la survenue de maladies cardiovasculaires. Il est donc essentiel de vérifier leurs facteurs de risques en amont et de pouvoir leur proposer des alternatives si nécessaire. Sans réel accompagnement, les patientes peuvent se sentir livrées à elles-mêmes et ne pas comprendre entièrement toutes ces modifications corporelles. En plus des symptômes physiques, la santé mentale des femmes ménopausées peut être altérée. C’est dans ce contexte que plusieurs hôpitaux, mais également des maisons de santé, ont décidé de créer une prise en charge globale de la ménopause. Pourquoi créer un parcours spécifique ? Lorsque l’on questionne les médecins sur l’intérêt de créer un parcours ménopause, une même raison est toujours avancée : les consultations de gynécologie sont trop courtes pour faire un vrai point d’information sur la ménopause. Les patientes ne sont pas suffisamment informées, et bénéficient rarement d’une vision globale et pluridisciplinaire du sujet. « On milite auprès des politiques pour la création d’une consultation ménopause longue, comme il existe une consultation contraception longue » explique le Pr Geneviève Plu Bureau, chef d’unité de gynécologie médicale à l’hôpital Port-Royal. « Il faut que les acteurs de santé aient le temps de bien informer les femmes, et de vérifier l’ensemble de leurs facteurs de risques. » En attendant qu’une telle consultation existe, les parcours ménopause offrent aux patientes une vision d’ensemble sur cette étape de vie. Plusieurs d’entre eux sont nés ces dernières années sous différents noms, comme « circuit ménopause » ou « transition ménopausique ». Mais ils sont majoritairement situés en Région parisienne ou dans des grandes villes comme Lille (à l’Institut cœur poumon du CHU) et Toulouse...

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Point juridique

Violences faites aux sages-femmes

En 2005, l’Observatoire des violences en santé (ONVS) a été créé, au sein de la Direction générale de l’offre de soins. Il recueille, sur la base du volontariat, les signalements de faits de violence (atteintes aux personnes et aux biens, incivilités) commis dans les établissements, sur la voie publique et  depuis 2020 dans le cadre de l’exercice libéral.   Chaque année, l’ONVS publie un rapport sur ces violences et, depuis plusieurs années, près de 20000 signalements de violences à l’encontre des personnels soignants sont enregistrés par an.  La violence en milieu de santé revêt de multiples formes, physiques et verbales ; elle s’exerce à l’hôpital, en cabinet médical, dans les centres de santé, en Ehpad, envers les soignants comme envers le personnel. En ce sens, le rapport publié par l’ONVS en novembre 2022 fait état de chiffres particulièrement alarmants. Alors qu’il recensait 17 598 atteintes aux personnes en 2021, il en dénombrait 17 756 en 2020, des chiffres très probablement sous-estimés. En 2021, la part des violences physiques dans ces atteintes aux personnes représentait 50,9 %, tandis que celle des violences verbales s’élevait à 32,1 %. Selon une enquête réalisée par l’Ordre national des infirmiers en 2023, plus de 66 % des infirmiers ont subi des violences et 75 % ont été victimes d’insultes dans l’exercice de leurs fonctions.  Les rapports constatent également que les professionnels de santé n’effectuent souvent pas les démarches pour dénoncer ces violences, estimant qu’elles sont inutiles, n’aboutissent à rien et ne sont pas soutenues. Face à la hausse de ces violences, un plan national pour la sécurité des professionnels de santé avait été présenté en 2023 par le Gouvernement.  Une proposition de loi, dont l’examen avait été interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, vient d’être reprise et enrichie par les parlementaires et par le Gouvernement. Cette proposition de loi a pour but de mieux lutter contre...

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Pratiques

Infléchissement de courbe pondérale inexpliqué : enquête au cœur d’un allaitement idéal 

Cas clinique Anton* est né à terme, suite à un déclenchement par Syntocinon pour dépassement de terme. À la naissance, il est eutrophe, en bonne santé, et l’allaitement démarre sans difficulté particulière. Mme J.*, sa mère, avait suivi avec assiduité une préparation à la naissance, incluant un accompagnement spécifique à l’allaitement, afin de mettre toutes les chances de son côté. En effet, son premier allaitement avait été marqué par une prise de poids insuffisante à partir de la fin du troisième mois. Cela avait conduit à l’introduction de préparations pour nourrissons, puis au sevrage rapide face à une lactation devenue insuffisante. Pour éviter un nouvel échec, Mme J. a choisi d’être suivie par une sage-femme IBCLC dès le début de sa seconde grossesse. Un accompagnement régulier est donc mis en place dès la naissance, avec l’objectif de soutenir Mme J. et de prévenir toute baisse de lactation.  Les trois premiers mois, tout semble parfait : transfert de lait efficace, succion optimale, aucune douleur lors des tétées. La prise de poids et les autres indicateurs d’une lactation satisfaisante sont au vert. Pourtant, au cours du deuxième trimestre, la courbe de poids d’Anton commence à s’infléchir progressivement, sans qu’aucune cause évidente ne soit identifiée. La lactation paraît toujours efficace. Un ECBU est prescrit pour rechercher une infection urinaire : il revient stérile. Face à la réapparition de cette problématique dans un contexte pourtant optimal, une anamnèse approfondie est reprise. Aucun trouble hormonal n’est détecté (le bilan thyroïdien est normal) et aucune anomalie anatomique (type hypoplasie mammaire) n’est suspectée. La succion d’Anton reste bonne. C’est alors que nous explorons l’alimentation de la mère. Mme J précise qu’elle est végane et qu’elle a cessé sa supplémentation en vitamines après l’accouchement. La reprise d’une complémentation en vitamine B12 est aussitôt recommandée. Un dosage biologique viendra confirmer la...

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Grand Angle

Comment dépister et accompagner les femmes victimes de violences ?

Assise sur la table de consultation, la patiente a une brûlure dans le dos. « J’ai lâché ma bouilloire », assure-t-elle à sa sage-femme. Cette sage-femme, c’est Claire Laval, plus jeune de quelques années. Ne sachant que dire, que faire, elle n’ose poser plus de questions. Elle sent bien pourtant que ce n’est pas cohérent.  Aujourd’hui, Claire Laval ne réagirait plus de la même manière. Elle est désormais directrice de la Maison de soie à Brive et a intégré le réseau périnatalité Nouvelle-Aquitaine (RPNA) où elle intervient dans le champ des violences faites aux femmes. Avec Sabine Borel, sage-femme à l’hôpital de Bayonne, elles forment, mettent des outils à disposition et font du lien pour que tous les professionnels apprennent à mieux comprendre, repérer et orienter les victimes, y compris les sages-femmes et notamment pendant la grossesse.  Poser la question Sabine Borel rappelle les trois notions clés pour une telle prise en charge : savoir, savoir-être et savoir quoi en faire. « Savoir, c’est se former pour comprendre pourquoi et comment on en arrive là. Dépasser la question qui vient d’emblée : « pourquoi elle reste ? »Ou « elle est déjà partie une fois, alors pourquoielle revient ? » », explique-t-elle.Elle ajoute : « Savoir, c’est comprendre les mécanismes d’emprise et les stratégies mis en place par l’auteur. » Claire Laval rappelle par exemple que les femmes font en moyenne sept allers–retours avant de quitter définitivement leur domicile.« Le savoir-être, reprend Sabine Borel, c’est savoir adopter la bonne posture : on n’est pas là pour être le grand sauveur, ni pour stigmatiser. » Enfin, le savoir quoi en faire consiste à réagir en adéquation avec la situation : faut-il appeler la police ? Faut-il l’orienter vers des associations ?  Tout commence par le dépistage. Les recommandations — à commencer par celles de la Haute Autorité de santé (HAS) qui existent depuis 2020 – préconisent de poser la question systématiquement. Des outils existent...

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A la Une

Construire la confiance, pas à pas : quand la sage-femme devient point d’ancrage

Dans les parcours cabossés par la précarité, les violences ou l’exil, les sages-femmes sont souvent les premières à briser l’isolement. « On entre dans leur intimité, on voit dans quel état est leur logement, on mesure leurs difficultés », raconte Julie Chateauneuf, sage-femme à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, qui accompagne également des femmes migrantes ou en situation de précarité. Elle insiste sur l’importance du lien humain : « Avant de pouvoir parler de contraception ou d’allaitement, il faut déjà qu’elles aient mangé, qu’elles se sentent en sécurité ».  Pour ces femmes qui vivent dans l’errance administrative, la peur du rejet ou le traumatisme d’un parcours migratoire, la sage-femme est parfois la seule figure professionnelle qui ne les juge pas. Certaines patientes n’ont jamais eu de suivi médical ou n’osent plus consulter. Julie Chateauneuf précise : « Il faut expliquer qu’on n’est pas là pour dénoncer, qu’on est tenues au secret professionnel. » Un engagement de terrain au plus près des femmes Dans ces contextes de grande précarité, certaines sages-femmes exercent au sein de structures associatives comme l’ADSF (Agir pour la santé des femmes), qui intervient auprès de femmes sans logement ni couverture sociale. Les consultations ont lieu dans des camions aménagés, des foyers ou même l’espace public. L’objectif dépasse le soin : repérer les souffrances silencieuses et offrir une présence humaine continue. Pour Morgane Revel, sage-femme coordinatrice du staff médicopsychosocial à la maternité Paris Saint-Joseph, la première consultation est décisive. « C’est souvent là qu’elles posent leur histoire. On leur demande si elles ont vécu des violences, si elles ont un logement. Elles se livrent plus qu’on ne le croit. » Ces instants de partage permettent parfois de poser les jalons d’un nouveau départ. Une -parole confiée devient un fil d’Ariane. « Lors d’un premier rendez-vous, une patiente a éclaté en sanglots quand je lui ai simplement demandé comment elle allait. C’était la...

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Portrait

Sophie Voignier, sage-femme au pays des cigales 

Pourquoi sage-femme ?  Je voulais travailler dans la santé, celle des femmes. Pas seulement pour combattre les pathologies, mais aussi et surtout pour œuvrer dans la prévention, accompagner la physiologie. Les études à l’école de Bourg-en-Bresse m’ont donné la passion ! Le métier de sage-femme est une boule à facettes : je peux faire de la gynéco, pratiquer des accouchements, faire du yoga prénatal, de la nutrition, etc. La palette est très large et c’est ce que j’aime. Je suis curieuse, j’ai besoin d’apprendre encore et toujours.  Parlez-nous de votre parcours ?  Après l’obtention de mon diplôme en 2009, toute jeune sage-femme, je suis retournée dans ma ville natale, à Saint-Étienne. J’ai passé dix-huit mois au CHU, où j’ai travaillé en salle d’accouchement, au bloc césarienne, en maternité et auprès de grossesses à risque, tout en résidant chez mes parents. Mais j’avais la bougeotte, alors je suis partie en Roumanie, à Constanţa, au bord de la mer Noire. Hélas, je n’ai pas pu y exercer en tant que sage-femme, faute de visa de travail. Mais cette période a été très enrichissante quand même. Grâce à un partenariat entre la faculté de droit et santé de Lille et la faculté locale, j’ai pu valider un Master 2 en Droit, Economie et Gestion, mention Politique et Action publique (l’équivalence Master 1 ayant été obtenu en même temps que mon diplôme de sage-femme). Mon mémoire de fin d’études portait sur la comparaison internationale des systèmes de santé, Roumanie et France, sujet très intéressant et encore d’actualité avec le déficit de la Sécurité sociale… ! En effet, il est nécessaire d’évaluer et de surveiller la performance des systèmes de santé pour maximiser les améliorations de la santé et du bien-être sociétal… Mais mon métier me manquait, j’ai préféré retourner sur le terrain ! De retour en France, j’ai travaillé pendant environ […]

Grand Angle

Comment expliquer que les violences augmentent pendant la grossesse ? Décryptage

Avez-vous déjà imaginé un homme asséner des coups dans le ventre rond de sa compagne ? Image perturbante, n’est-ce pas ? Elle ne colle pas avec celle que l’on se fait d’une grossesse. Pourtant, une femme sur dix déclare subir des violences pendant cette période (les chiffres varient entre 2 et 20 % selon les études internationales). Pour 40 % d’entre elles, ces violences débutent avec la grossesse.  La réalité est encore plus complexe. « La grossesse n’est pas un déclencheur de la violence », assure Mathilde Delespine, sage-femme spécialisée dans la santé des femmes vulnérables et co-responsable des unités de soins à la maison des femmes Gisèle-Halimi de Rennes. La violence est déjà là avant, mais elle peut s’intensifier ou de nouvelles formes peuvent apparaître. « Par exemple, des violences physiques peuvent surgir pour la première fois lors de la grossesse, sur un terrain préparé en amont. Il y avait des violences psychologiques telles que de la dévalorisation, des attaques narcissiques, de l’isolement, etc. », -détaille-t-elle.  Une domination perturbée, du point de vue de l’agresseur  « L’agresseur peut ressentir une sorte de concurrence avec le bébé, explique Mathilde Delespine. Il a mis en place plusieurs processus de domination et l’arrivée du tiers peut être difficile à supporter parce qu’il n’est plus mis au premier rang. » Les personnes violentes présentent « beaucoup d’immaturité psychique avec une grande intolérance à la frustration », selon la sage-femme. Il arrive que leur partenaire, une fois enceinte, « ait envie d’être de nouveau plus en lien avec ses proches ou bien qu’elle se fixe de nouvelles limites ». Elle va peut-être se reposer davantage, réaliser moins de tâches, ce qui va perturber son agresseur et peut déclencher les violences.  L’agresseur peut s’en prendre à ce qui représente l’arrivée prochaine du bébé, par exemple « avec des coups sur le ventre ou en s’attaquant à la matrice : il inflige...

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Recherche

Pas d’écran avant 6 ans : le cri d’alerte pour protéger le cerveau des enfants

Des dégâts bien visibles dans le quotidien Langage en retard, troubles de l’attention, sommeil perturbé, agitation motrice… « les professionnels de la petite enfance constatent les dégâts quotidiennement ». Longtemps, le message était : pas d’écran avant 3 ans. Mais les auteurs de la tribune appellent à étendre cette vigilance jusqu’à 6 ans. Leur message est limpide : « En 2025, le doute n’est plus permis ». Ce n’est ni la technologie de l’écran ni le contenu diffusé — même dit éducatif — qui est en cause, mais bien le principe même de l’exposition à un âge aussi vulnérable. « L’enfant n’est pas un adulte en miniature : ses besoins sont différents. » Le cerveau en développement : une mécanique fine, vite perturbée Le neurodéveloppement repose sur une alchimie subtile entre génétique et interactions multisensorielles avec le monde réel. L’enfant apprend en mobilisant tout son corps, tous ses sens, en lien avec des personnes, des objets, des sons concrets. Or, les écrans, au contraire, imposent un flot d’images rapides, de stimuli sonores et lumineux trop intenses, qui saturent l’attention sans nourrir la compréhension. « Ce flux compromet les connexions neuronales non encore consolidées, pouvant altérer durablement le fonctionnement de son cerveau. » En d’autres termes, l’enfant est sursollicité, mais mal stimulé. L’écran ne propose que des interactions appauvries, en deux dimensions, sans logique sensorielle ni communicative. Moins d’écrans, plus de liens Autre effet collatéral : la diminution des échanges au sein de la famille. Or, c’est dans ces moments partagés que se construisent les compétences langagières, sociales et émotionnelles. En réduisant ces interactions, les écrans « coupent le lien d’apprentissage du langage et des compétences socio-relationnelles ». Des risques physiques tout aussi préoccupants Les conséquences ne sont pas seulement cognitives. Les auteurs alertent aussi sur les effets physiques. L’exposition prolongée aux écrans peut provoquer une myopisation précoce, altérer la rétine en raison de la lumière bleue et...

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Actus

Nathalie Piquée : pour une IA périnatale ancrée dans l’expérience et l’unicité

Mais ces signaux sont difficiles à repérer d’emblée. La souffrance se camoufle souvent derrière un  « ça va » de façade ou dans une posture parentale sur-adaptée qui masque l’effondrement intérieur. Les professionnel-les manquent parfois de repères concrets pour identifier ces zones grises où la parole ne suffit pas. Pour les 3 000 professionnel-les qui la connaissent, c’est dans cette optique que la cartographie Urkind®* a été développée : un outil visuel et relationnel permettant aux parents d’exprimer des états internes difficiles à verbaliser. En révélant l’invisible, cette cartographie ouvre une écoute éthique vers la reconnaissance d’une souffrance parentale.  Mais parfois ce temps d’écoute est bousculé. Par manque de temps, de formation ou parce que les récits maternels résonnent douloureusement avec les propres failles du soignant. Accompagner une mère en souffrance, c’est s’exposer à ses ambivalences, à ses silences. C’est aussi contenir ses projections, tout en restant présent sans se dissoudre, c’est mobiliser des compétences relationnelles et émotionnelles inopérantes dans les grilles d’évaluation classiques. La clinique périnatale engage un haut niveau de présence. Elle requiert une capacité d’accordage à l’autre, mais aussi à soi-même. Et pourtant, peu d’espaces sont offerts aux professionnels pour interroger cette présence, pour affiner leur posture dans les situations complexes, pour éprouver en sécurité ce que réveille l’accompagnement de la douleur psychique. Dans ce contexte, de nouveaux outils émergent. Loin des fantasmes de robotisation du soin, l’IA peut, lorsqu’elle est pensée avec éthique et sens clinique, soutenir chacun dans un travail d’ajustement. Non pas en remplaçant la relation, mais en la préparant. En aidant à reconnaître les signaux silencieux. En renforçant les capacités d’empathie active et de régulation émotionnelle. Une IA immersive au service de l’alliance thérapeutique Dans un contexte où l’IA suscite autant d’espoir que de crainte, la méfiance des sages-femmes est légitime. Comment une machine pourrait-elle saisir la...

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