Les sages-femmes, malgré différentes pratiques instaurées, telle que le questionnement systématique des patientes, restent très seules et peu formées face à ces situations sensibles et dramatiques. Le secret professionnel, la crainte d’aggraver une situation déjà difficile, la méconnaissance du système et des intervenants à alerter sont autant de freins pour le signalement de situations de violences. Suite à la libération de la parole, et aux évènements tragiques qui s’enchaînent concernant des violences faites aux femmes et aux enfants, une proposition de loi « visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants » a été déposée en décembre 2025. Cette proposition pourrait être examinée à l’automne 2026, et changerait les règles pour les professionnels de santé vis-à-vis du signalement des violences. Les règles actuelles concernant les sages-femmes Jusqu’à présent, le secret couvrait « tout ce qui est venu à la connaissance de la sage-femme dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’elle a vu, entendu ou compris ». La sage-femme ne pouvait (ce n’était pas une obligation) révéler des informations en principe secrètes aux autorités judiciaires, médicales ou administratives que lorsqu’elle avait connaissance de maltraitances, de privations, de sévices ou de violences sexuelles commis sur un mineur ou sur une personne n’étant pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique. Dans ce cas, l’accord de la victime pour ce signalement n’était pas requis. Pour les personnes majeures, la sage-femme devait obtenir l’accord préalable de la victime avant de signaler, sauf si elle constatait une situation d’emprise et de contrainte morale. Le Conseil de l’Ordre des sages-femmes est aujourd’hui encore régulièrement saisi de plaintes à l’encontre de sages-femmes, déposées par des compagnons de femmes…
