Técarthérapie : une pratique qui gagne du terrain chez les sages-femmes
Grand Angle

Técarthérapie : une pratique qui gagne du terrain chez les sages-femmes

Une patiente qui souffre de dyspareunies persistantes après son accouchement. Une autre qui peine à reprendre une activité physique à cause de pesanteurs pelviennes… Face à ces situations pour lesquelles les outils conventionnels montrent parfois leurs limites, certaines sages-femmes ont intégré un appareil de técarthérapie à leur pratique.  Depuis une dizaine d’années, cette technologie de radiofréquence, venue de la médecine du sport, de la kinésithérapie et de l’esthétique, s’invite progressivement dans les cabinets. La técarthérapie s’est diffusée en France au milieu des années 2000, notamment sous l’impulsion de professionnelles, parmi lesquelles la sage-femme Chantal Fabre-Clergue, en lien avec le Pr Pierre Marès.  Le développement de la técarthérapie s’inscrit dans un contexte d’essor des compétences et de l’exercice libéral des sages-femmes. Environ un tiers de la profession exerce aujourd’hui en libéral ou en activité mixte, selon l’Ordre et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), contre environ une sur cinq au début des années 2010. Les principaux fabricants présents sur ce marché, comme Indiba ou Winback, revendiquent plusieurs milliers d’utilisateurs et plusieurs centaines de sages-femmes formées en France, majoritairement en libéral. “ Lors d’une première séance, une patiente en a pleuré. Le soin, la chaleur…  ” Audrey Horvat, sage-femme libérale Améliorer la qualité de vie des patientes Installée en libéral à Rennes (Ille-et-Vilaine), Audrey Horvat en fait partie. Depuis un an, la praticienne utilise la técarthérapie dans différentes situations de post-partum. Certaines sages-femmes disent également y recourir comme soin de support dans l’accompagnement de douleurs pelviennes chroniques, dysménorrhées ou vulvodynies, en complément d’autres prises en charge. Son appareil combine plusieurs courants (Técar, Hi-Tens et Hi-EMS), illustrant l’évolution du marché vers des dispositifs dépassant la seule radiofréquence. « Je n’avais aucun problème à adresser mes patientes auparavant. Une fois convaincue par une consœur, je me suis rapidement équipée. » […]

Portrait Maud Meunier et livre © L'Atelier d'Aj-Li
A la Une

Maud Meunier : « Le périnée, territoire et carrefour des réalités des femmes »

Votre cabinet est installé chez vous, sous les pins de Salon-de-Provence. C’est une chance de travailler dans un tel cadre ? Oh que oui ! Je suis chaque jour reconnaissante pour la chance que j’ai. J’exerce chez moi depuis bientôt quatre ans. Auparavant, j’étais dans une maison de santé à Miramas, dans un quartier très défavorisé : ce n’était pas du tout la même vie. Aujourd’hui, mes voisins sont les pins, les écureuils et, parfois, la Patrouille de France qui dessine des cœurs dans le ciel. C’est beaucoup mieux ! Pourquoi avoir choisi sage-femme ? Je suis entrée en faculté de médecine pour devenir kinésithérapeute. Devenir sage-femme ne m’avait pas effleurée et j’ignorais tout du métier. Je pensais que c’était les gynécologues qui faisaient les accouchements. Une conversation avec ma grand-mère m’a décidée : « Tu sais, kiné, c’est un peu toujours pareil, m’a-t-elle dit. Un accouchement, en revanche, ce n’est jamais pareil. » Cette phrase m’a convaincue, au point que je n’ai présenté que le concours de sage-femme.Par bonheur, ma pratique actuelle se situe à la croisée de ces deux professions.  Vous avez été diplômée à Metz en 2009. Comment êtes-vous arrivée dans le Sud ? Deux ans auparavant, j’avais rencontré celui qui est devenu mon mari et le père de mes enfants. Il avait été muté dans le Sud peu après notre rencontre. J’ai terminé mes études à Metz et, le jour même où j’ai obtenu mon diplôme, je suis partie le rejoindre. Le lendemain, je commençais à la maternité catholique de Puyricard. En tout, j’ai travaillé trois ans à l’hôpital, principalement à la maternité de Martigues. Qu’avez-vous retenu de ces années en maternité ? L’hôpital est un monde complètement différent du libéral. On est dans le cadre de l’obstétrique, à un moment-clé centré sur l’accouchement. C’est une toute petite fenêtre, aussi intense émotionnellement et symboliquement, que fugace […]

Pratiques

Grimper enceinte : pour un nouveau regard 

Nefis Okan ne s’est pas posé beaucoup de questions. Monitrice d’escalade à Clermont-Ferrand, elle grimpe depuis ses 28 ans et n’avait aucune intention de s’arrêter au début de sa grossesse dix ans plus tard. « J’étais à l’écoute de mon intuition. J’avais peu de copines grimpeuses autour de moi pour me conseiller, alors je m’écoutais, j’essayais de ne pas me laisser influencer. » Elle adapte ses séances, la difficulté et l’intensité au fil des trimestres. Au septième mois, elle se souvient être encore encordée sur la falaise. L’arrêt s’est fait naturellement : « Il faisait chaud, le baudrier n’était plus confortable, le ventre grossissait. C’est ça qui m’a décidée, pas un médecin. » D’un sport déconseillé à une activité recommandée Les femmes avec qui nous avons échangé rapportent la même chose : leurs soignants ne connaissent pas l’escalade. Certains appliquent des restrictions génériques sans tenir compte du niveau de pratique. Des grimpeuses ont essuyé un non catégorique dès la première consultation. Un réflexe que les professionnels de santé spécialisés dans le sport décrivent comme un héritage tenace : pendant des décennies, on a proscrit le sport aux femmes enceintes. Désormais, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande 150 à 180 minutes hebdomadaires d’activité physique pendant la grossesse. Au sein du corps médical s’opère un changement. « J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet », se réjouit Carole Maître, gynécologue et médecin du sport à l’Insep, ainsi que co–auteure du guide ministériel Sport de haut niveau et maternité. « Je travaille sur le sport et les spécificités féminines depuis plus d’une vingtaine d’années, j’ai bien perçu le changement, c’est formidable. » “ J’ai dirigé beaucoup de mémoires de sages-femmes sur le sport-santé. Il y a un engouement à ce sujet “ Carole Maître, gynécologue et médecin du sport à l’Insep  L’escalade : […]