Au sud, quelle AMP possible ?

15 juillet 2016 0

Depuis l’arrivée de Louise Brown, née en 1978 de la première fécondation in vitro, cinq millions d’enfants sont venus au monde de la sorte. « Soit 0,1 % d’enfants par an, calcule Jan Goossens, qui dirige l’initiative The Walking Egg. Au niveau de la population, c’est une quantité négligeable. Au niveau de la femme ou du couple, cela fait une immense différence. » Alors que la planète étouffe sous le nombre d’humains, que certains militent pour le contrôle des naissances dans les pays pauvres, d’autres, comme Jan Goossens, veulent aider les femmes africaines infertiles à enfanter. « La croissance de la population mondiale n’est pas déterminée par le taux de fécondité, mais par l’espérance de vie », rappelait-il lors d’une journée humanitaire organisée en mars, à Paris, par l’ONG Gynécologie sans frontières. D’ailleurs, la fécondité mondiale a chuté de 5 enfants par femme en 1953 à 2,5 aujourd’hui. L’INFERTILITÉ, UN DRAME AFRICAIN 
Dans les pays du Sud, les conséquences de l’infertilité n’ont en revanche pas reculé : stigmatisation, violence, polygamie...

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En France, un accès à l’AMP pour tous les couples ?

15 juillet 2016 0

En France, les hôpitaux distinguent deux types de patients : les assurés sociaux et ceux qui ne le sont pas. « On n’enregistre pas si les personnes sont étrangères ou non », précise Lise Selleret, gynécologue-obstétricienne spécialisée en médecine de la reproduction à l’hôpital Tenon, à Paris. Difficile donc d’obtenir des données. Mais quelques couples en mal d’enfants font tout de même le grand voyage. Pour s’assurer une descendance, ils n’hésitent pas à migrer pour consulter dans des centres spécialisés en Europe. Ils ne sont pas tous richissimes. « L’accès à l’AMP n’est conditionné à aucune enquête sociale ou investigation sur les revenus, explique le médecin. On demande seulement aux couples de fournir des preuves de vie commune. De ce fait, on ne sait pas vraiment si les personnes sont dans la précarité ou pas. » Les parcours d’AMP étant longs, il arrive que les visas expirent. Les personnes se trouvent alors dans une situation délicate vis-à-vis de l’administration. Et depuis 2011, les examens, produits ou médicaments nécessaires à l’AMP...

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La sexo, c’est d’abord de la physio

15 juillet 2016 0

Dis donc, c’était mieux avant la naissance du deuxième. On ne s’éclate plus trop au lit. Tu n’aurais pas une idée ? » « Heu… Comment dire ? Face à cette patiente, je me suis sentie bien nulle ! », confie une sage-femme. « Lors des consultations de post-partum, je pose la question de la reprise de la sexualité, ajoute une de ses consœurs. Les femmes sont nombreuses à évoquer un trouble du désir. Je demande alors si c’était mieux avant. Et quand on me répond “non, avant non plus ce n’était pas terrible”, je me sens vraiment démunie. » « Si ma patiente se plaint au niveau de sa sexualité, je change sa pilule, je donne des compléments alimentaires, mais… en réalité, je ne peux pas l’aider », reconnaît une troisième collègue. En ce matin du mois de mai, seize sages-femmes libérales, venues des départements du Calvados et de la Manche, s’apprêtent à boire les paroles de Nicole Andrieu pendant deux jours complets. Formée à la sexologie, qu’elle pratique...

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Les gestes qui blessent

15 juillet 2016 0

« Depuis que je suis installée en libéral, je passe beaucoup de temps à m’excuser pour la profession », raconte Nicole Andrieu, sage-femme spécialisée en sexologie. Nombreuses sont ses patientes à se plaindre de troubles de la sexualité depuis leur accouchement. Pour la professionnelle, les vécus traumatiques liés aux pratiques en salle de naissance et de consultation sont à prendre en compte. Elle a commencé à lister ces gestes qui blessent. En tête arrivent les touchers vaginaux et les poses de sonde sans demander l’accord de la patiente ni utiliser de lubrifiant. Vient ensuite tout ce qui met à mal la pudeur : le port de la blouse qui ne couvre pas les fesses, les portes laissées ouvertes, les examens sur les étriers en présence de multiples intervenants qui entrent et sortent sans même se présenter, l’orientation de la table vers la porte, les vitres sans tain qui donnent l’impression d’être à la vue de tous, etc. « La femme se sent dépossédée de son corps. Comment pourra-t-elle le réintégrer...

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Parents handicapés mentaux : quel accompagnement ?

15 juillet 2016 0

Avoir un handicap mental est-il compatible avec l’exercice de la parentalité ? Jusque dans les années 2000, ce phénomène faisait peur, la déficience intellectuelle des parents rendant leurs enfants vulnérables. Bien souvent, ces derniers étaient placés par les services de protection de l’enfance. Face à un nombre grandissant de parents, plusieurs professionnels de l’accompagnement du handicap ont décidé de réunir leurs connaissances avec les professionnels de l’accompagnement de la grossesse et de l’enfance. Faisant le pari d’une parentalité possible, ils ont fait évoluer leur philosophie et leurs actions, tout en restant vigilants sur la sécurité physique et psychique des enfants nés dans ces familles particulières. SERVICES DÉDIÉS A Saint-Nazaire, au sein de l’association Jeunesse et Avenir, qui gère plusieurs services d’accompagnement, foyers d’accueil ou établissements de service d’aide par le travail [Esat (1)], un Service d’accompagnement et de soutien à la parentalité (Sasp) a été mis sur pied en 2004. « Depuis, le département de Loire-Atlantique en compte trois autres », explique Benoît Lacourt, directeur des structures d’hébergement et d’accompagnement...

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Entretien : « Les parents déficients intellectuels sont d’abord des parents »

15 juillet 2016 0

Combien d’enfants sont nés 
de parents avec une déficience intellectuelle ?
 Une seule étude à visée épidémiologique menée en 1995 par l’Unapei (Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales) recensait 13 000 enfants nés d’un parent avec une déficience intellectuelle (Padi). Depuis les années 1990-2000, nous constatons une augmentation exponentielle de ces parentalités. On peut dire qu’aujourd’hui, plusieurs dizaines de milliers d’enfants ont un parent dans cette situation, malgré l’absence de chiffres officiels. Au niveau politique et juridique, nous sommes passés progressivement d’une ségrégation des personnes handicapées à une volonté d’intégration. Les lois de 1975, 2002 et 2005 ont renforcé leurs droits. Les citoyens côtoient plus souvent des personnes atteintes de déficiences intellectuelles intégrées en milieu ouvert. Même si une méfiance perdure à leur égard, ces personnes apparaissent moins étranges. De leur côté, les institutions ont mis l’accent sur l’autonomie et l’épanouissement. Leurs compétences étant valorisées, ces personnes revendiquent de vivre « comme tout le monde ». Le désir d’enfant s’inscrit dans cette logique. Ce...

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Vers des parentalités partagées ?

15 juillet 2016 0

En 2011, sur 417 enfants nés de parents avec une déficience intellectuelle pris en charge au sein de tous les établissements d’accueil de Seine-Maritime, 11,7 % étaient reconnus porteurs de handicap. Dans la population générale, ils ne sont que 2 %. « La transmission du handicap est rarement génétique », analyse Bertrand Morin, qui a été directeur de deux établissements accueillant des adultes en situation de handicap intellectuel sur la région rouennaise. C’est l’un des nombreux aspects de son livre Accompagner vers la parentalité les personnes en situation de handicap, qui insiste notamment sur la transmission transgénérationnelle occasionnant des troubles d’attachement responsables d’une forme de handicap « acquis ». Pour Bertrand Morin, il n’est évidemment pas question d’empêcher les personnes handicapées d’avoir des enfants, pas plus que de promouvoir ces parentalités, mais de les accompagner au mieux, y compris lorsque l’intérêt de l’enfant n’est pas de rester à temps complet avec ses parents. Constatant qu’environ un tiers des 140 000 enfants pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance a...

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Mental ou psychique : deux formes de handicap

15 juillet 2016 0

Selon l’OMS, la déficience intellectuelle est « un arrêt du développement mental ou un développement mental incomplet, caractérisé par une insuffisance des facultés et du niveau global d’intelligence, notamment au niveau des fonctions cognitives, du langage, de la motricité et des performances sociales ». La déficience, plus ou moins sévère, peut apparaître dès la conception (maladies génétiques, aberrations chromosomiques…), durant la grossesse (radiation ionisante, virus, médicaments, syndrome d’alcoolisation fœtale…), à la naissance (anoxie cérébrale, prématurité…) ou au cours de la vie (maladies infectieuses, traumatismes crâniens…). Pour l’Unapei, le handicap mental est la conséquence sociale d’une déficience intellectuelle. Cette dernière ne peut être soignée, mais le handicap peut être compensé par un environnement et un accompagnement adéquats.Le handicap psychique est quant à lui la conséquence d’une maladie psychique (psychose, trouble bipolaire, trouble grave de la personnalité ou névrotique). Il n’affecte pas les capacités intellectuelles, mais leur mise en œuvre. Ses manifestations sont variables dans le temps et des soins sont nécessaires...

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Recherche 227

15 juillet 2016 0

L’endométriose à l’origine de fausses couches L’endométriose, une pathologie qui commence enfin à
sortir de l’ombre, est bien à
l’origine de fausses couches.
Déjà soupçonné, ce lien vient
d’être prouvé par une étude
épidémiologique. Elle porte
sur 750 femmes venues
consulter pour une opération
gynécologique bénigne dans
un service parisien. Les chercheurs en ont profité pour
rechercher chez chaque
patiente les lésions caractéristiques que provoque la maladie sur les tissus pelviens. Ces investigations ont montré que 284 femmes sur les 750 souffraient bien d’endométriose. A l’aide d’un questionnaire, les scientifiques ont analysé le déroulé de 478 grossesses pour les femmes du groupe endométriose et de 964 autres pour celles du groupe contrôle. Résultats : 29,1 % des grossesses du premier groupe se sont soldées par un avortement spontané, contre seulement 19,4 % dans le groupe témoin. Pour en avoir le cœur net, les chercheurs ont refait leurs calculs en écartant certains biais. Ils retrouvent bien un sur-risque de fausse couche précoce au premier trimestre chez les femmes endométriosiques. En parallèle, un programme de recherche mené à l’hôpital Cochin a commencé sur...

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L’allaitement maternel se stabilise

15 juillet 2016 0

C’est bien connu : la France n’est pas la championne de l’allaitement maternel en Europe, loin s’en faut ! Un constat de nouveau repris par l’étude d’Annick Vilain de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui compare la situation française à celles de nos voisins scandinaves, érigés en modèles. Complémentaire des études Epifane ou portant sur la cohorte Elfe, l’analyse provient cette fois de l’exploitation des certificats de santé, remplis les premiers jours après la naissance et aux neuvième et vingt-quatrième mois de l’enfant, recueillis par les services départementaux de PMI. Il en ressort que les taux d’allaitement maternel à la naissance sont stables depuis dix ans. UN TAUX D’INITIATION STABLE Vers la fin des années 1990, le taux d’enfants allaités par leur mère à la naissance était inférieur à 55 %. Dix ans plus tard, il dépassait 65 %. En 2013, ce taux reste stable, avec 65 % des nouveau-nés recevant du lait maternel à la naissance en France métropolitaine et 85...

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