Pénurie Mondiale de sages-femmes

Le monde a besoin d'un million de sages-femmes de plus

Une nouvelle analyse publiée dans Women and Birth (janvier 2026) estime qu’il manque environ 980 000 sages-femmes pour couvrir les besoins essentiels en santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et adolescente (SSRMN-A) dans le monde. La Confédération internationale des sages-femmes (ICM) s’appuie sur ces résultats pour alerter : la pénurie observée sur le terrain n’est pas une hypothèse future, mais une réalité déjà à l’œuvre dans les systèmes de santé. Les sages-femmes peuvent assurer environ 90 % des services SSRMN-A. Selon la synthèse de l’ICM, un accès universel à leurs soins pourrait prévenir environ deux tiers des décès maternels et néonatals ainsi que des mortinaissances. Toujours selon l’ICM, la pénurie induit également des parcours de soins plus fragmentés, des interventions inutiles, des carences en planification familiale, des violences obstétricales lorsque les équipes sont en sous-effectif et sous pression. Des impacts inégaux selon les régions L’étude et l’analyse montrent des pénuries dans toutes les régions, mais avec des intensités différentes : Afrique : près de la moitié de la pénurie mondiale. Une très large majorité de femmes africaines (environ 90 %) vivent dans des pays en déficit. Méditerranée orientale : 69 % des sages-femmes nécessaires y font défaut, situation aggravée par les conflits. Amériques : proportionnellement à la demande de la population, c’est dans cette région du monde que la pénurie de sages-femmes est la plus élevée : 85 % des sages-femmes nécessaires manquent à l’appel.  Europe : pénurie plus limitée en proportion, mais alimentée par l’épuisement, la faible rétention et les difficultés de déploiement. L’Asie du Sud-Est illustre que des avancées sont possibles : bien qu’elle regroupe environ 28 % des femmes en âge de procréer, elle ne pèse que faiblement dans la pénurie mondiale, grâce à des investissements durables dans la formation, une meilleure intégration des sages-femmes et une planification volontaire des effectifs. De gros écarts demeurent cependant entre les pays. Former ne suffit pas…

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