EVAR/EVARS, Éducation à la vie affective, relationnelle… et à la sexualité(à partir du secondaire) : les sages-femmes ont aussi un rôle à jouer

Ludivine Caslot est sage-femme sexologue à Angers, en exercice libéral et mixte. Le 21 mars, elle intervenait au colloque de l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL) à Paris pour parler de son expérience en tant qu’intervenante EVAR dans des écoles maternelles et élémentaires : « Le programme EVAR - sans “S” dans le primaire, car on ne parle de sexualité aux enfants qu’à partir du collège - est structuré autour de trois axes : santé et prévention, sphère relationnelle et construction citoyenne ». Ces cours, obligatoires au nombre d’un minimum de trois séances annuelles sont prévus par la loi depuis 2001. Mais jusqu’en 2025, moins de 15 % des élèves en avaient bénéficié. D’où la nécessité d’un nouveau programme révisé en profondeur et promulgué par arrêté en septembre 2025, plus contraignant pour les établissements scolaires qui ont dû s’organiser comme ils peuvent pour former les enseignants, parfois sur le tas, et malgré les réticences de certaines associations de parents. -

EVAR/EVARS, Éducation à la vie affective, relationnelle… et à la sexualité © Getty Images

Les sages-femmes dans tout ça ?  C’est là que les sages-femmes ont leur rôle à jouer, selon Ludivine Caslot : « Parler d’intimité, c’est quelque chose qu’on sait faire, en plus de la maîtrise de la physiologie et de l’anatomie. Nous sommes aussi des figures de confiance des familles. Et des actrices de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) ». Elle encourage ainsi les sages-femmes intéressées à se tourner vers des établissements scolaires qui auraient besoin de renforts externes : « De mon expérience, il est plus facile de devenir animatrice de séances d’éducation à la vie affective, relationnelle (et sexuelle) en milieu scolaire dans le privé, car les écoles publiques vont moins ou pas avoir recours à une intervention extérieure, ayant déjà une infirmière scolaire qui coordonne les programmes ».  Dès la maternelle La sage-femme précise que ces séances ne sont pas bénévoles : il faut les facturer. Elle souligne l’importance de cette éducation, adaptée à chaque étape du développement de l’enfant.En maternelle, par exemple, on aborde les émotions et le consentement : « Savoir qu’apprendre à dire non à un bisou, c’est différent de la politesse », mais aussi « apprendre les bons termes : “vulve” et “pénis”, ce qui n’est pas de la sexualité, mais un apprentissage important pour verbaliser des choses en cas de VSS, à des âges – de 2 à 6 ans – auxquels les enfants ont de toute façon une curiosité pour les parties génitales ». Les séances sont très courtes – en moyenne vingt minutes – car après, on perd l’attention des élèves.  Ces enseignements nécessitent donc de maîtriser les grandes étapes du développement psycho-sexuel et sont un outil de repérage essentiel des comportements problématiques d’enfants, derrière lesquels se terrent parfois des violences.  Ressources :  • Site du ministère de l’Éducation nationale  • Respectomètre de l’Enfant bleu pour les enfants  • Violentomètre pour les…

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