Une étude fondée sur des données hospitalières américaines a mesuré les conséquences immédiates de cette prise de parole. Dans le mois suivant, les prescriptions de paracétamol aux urgences ont diminué de 16 % chez les femmes enceintes, alors qu’elles sont restées presque stables chez les femmes non enceintes. Elles ont retrouvé leur niveau antérieur environ deux mois et demi plus tard. Les auteurs ont également étudié les prescriptions d’opioïdes, sans mettre en évidence d’évolution corrélée à l’intervention présidentielle. En revanche, ils n’ont pas analysé les prescriptions d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Un éventuel report vers ces médicaments ne peut donc pas être exclu, mais il n’a pas été démontré. Or les AINS exposent à des risques pendant la grossesse. Pris au cours du premier trimestre, ils semblent exposer à des malformations, dont certaines sont graves. En début de grossesse, ils exposent également à des avortements précoces. Aux deuxième et troisième trimestres, ils exposent le fœtus à une fermeture prématurée du canal artériel, à une hypertension artérielle pulmonaire et à une insuffisance rénale. Pour la rédaction de Prescrire, cet épisode illustre la rapidité avec laquelle une communication officielle non étayée par les meilleures données disponibles peut modifier les pratiques et faire perdre à certaines patientes la possibilité de recevoir un médicament de premier choix. La revue souligne également qu’un report vers des AINS, potentiellement dangereux pendant la grossesse, ne peut être écarté. Source : « Désinformation d’État : perte de chance pour les patients », point de vue de la rédaction, revue Prescrire n°512, juin 2026….
