Toute l’affaire débute en 2014. Le Remera, ou Registre des malformations en Rhône-Alpes, identifie sept cas d’agénésie des membres supérieurs de nouveau-nés, durant la période 2009-2014, dans un rayon de 17 kilomètres autour d’un village de l’Ain. Dans cette même zone, des veaux naissent aussi sans queue. Pour Emmanuelle Amar, qui dirige le Remera, le taux de malformation enregistré est supérieur au taux normalement attendu, à la fois sur une telle période et dans une si petite zone. Cela signe l’existence d’un agrégat spatio-temporel de cas, dénommé aussi cluster. Le Remera prévient aussitôt ses tutelles, dont Santé publique France. PREMIÈRE ALERTE En décembre 2016, soit presque trois ans plus tard, Emmanuelle Amar publie un éditorial dans la revue Environnement, risques et santé pour dénoncer l’absence de réactivité des autorités sanitaires. Elle rappelle alors l’affaire concomitante de la Dépakine, suite à laquelle la ministre de la Santé Marisol Touraine s’était engagée à renforcer la surveillance des malformations congénitales. Concernant les dégâts provoqués par le valproate de sodium, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait dénoncé dans un rapport de 2015 le fait que les données du Remera avaient été ignorées par les instances sanitaires. L’Igas recommandait aussi de pérenniser les financements des six registres des malformations existants. Car ces structures, souvent associatives, ne bénéficient pas de ressources pérennes. En 2017, le Remera apprenait que plusieurs de ses sources de financement ne seraient pas reconduites, selon les informations rapportées par le journaliste Stéphane Foucart, du Monde. C’est d’abord la région Auvergne-Rhône-Alpes qui annonce mettre fin à sa contribution annuelle de 100 000 euros, soit près de la moitié du budget de l’association….
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L’AMP en 2018, et demain ?
TweetEn 2018, l’AMP concernera toujours très peu de naissances. En tenant compte du pourcentage d’accroissement de ce mode de conception au cours des dernières années, le chiffre des naissances issues d’AMP en 2018 est estimé à 3,4 %, soit 1 enfant sur 30. Surtout, contrairement à ce que l’imaginaire collectif véhicule, la très grande majorité de ces enfants sont conçus avec les gamètes de leurs deux parents, soit 95 %. Élise de La Rochebrochard, de l’université de Versailles-Saint-Quentin, a mené une analyse pour le compte de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Outre un bilan, elle envisage les conséquences d’une ouverture plus grande de l’AMP. LA FIV, REINE DES MÉTHODES Parmi les techniques utilisées en AMP, la Fiv domine largement, représentant 70 % des conceptions, devant les inséminations artificielles. Depuis 1992 et la mise au point de l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), la Fiv permet de pallier tout autant les infertilités masculines que féminines. Sur la période 2012-2015, 2 Fiv sur 3 recourraient à l’ICSI. D’où son essor. « La proportion d’enfants conçus par Fiv progresse de + 0,5 % tous les 7 à 8 ans. En 2011, 2 % des enfants étaient conçus par Fiv, et si la tendance se poursuit, la proportion atteindra 2,5 % en 2018, soit 1 enfant sur 40 (plus de 20 000 enfants) », précise l’étude. NAISSANCES MULTIPLES Dans les premières années de la Fiv en France, les médecins transféraient quatre embryons ou plus à la fois dans l’espoir d’augmenter les chances d’obtenir une grossesse. Cela concernait 39 % des cas en 1988. Fiv et grossesses multiples ont ainsi été associées au début des années 1990, où il naissait 130 enfants pour 100 accouchements suite à une Fiv....




“La profession de sexologue n’existe pas”
TweetLa sexologie est-elle une spécialité ? Officiellement, les diplômes de sexologie, qui sont des diplômes interuniversitaires nationaux, ne sont pas professionnalisants. La sexologie n’est donc pas une spécialité et le métier de sexologue n’est pas ce qu’on appelle une profession initiale. La sexologie est une complémentarité de formation. C’est important de le souligner à l’heure actuelle, où il y a un débordement et où de plus en plus de personnes se déclarent sexologues sans formation spécifique dans le champ de la santé sexuelle. Il faut dire que le titre n’est pas protégé. Dans ce contexte, les personnes ayant suivi un DIU de sexologie ne doivent pas se revendiquer uniquement sexologues, mais décliner leur profession initiale, dont le terme sexologue n’est que le qualificatif. Elles indiquent ainsi qu’elles ont été formées à la sexologie. Pour être membre titulaire de l’Association interdisciplinaire postuniversitaire de sexologie (Aius) et participer à l’évolution de l’association, en plus d’être adhérent de l’association et de participer aux congrès, il faut être médecin, sage-femme, pharmacien, kinésithérapeute, infirmier ou psychologue et avoir été formé à la sexologie. Autrement dit, il faut être un professionnel du soin, de l’éducation ou de l’accompagnement, comme les conseillers conjugaux, les assistantes sociales ou les éducateurs à la santé sexuelle. Tous les professionnels qui peuvent avoir accès au sexe ou à la sexualité des personnes sont concernés....




Les obstétriciens, plus interventionnistes
TweetLes obstétriciens sont plus interventionnistes que les sages-femmes. Ce n’est pas une surprise, mais cette fois, c’est une étude de cohorte qui le montre. Mené en Lituanie auprès de 1384 femmes ayant accouché en 2012 et de 1283 femmes ayant donné la vie courant 2014, ce travail démontre un taux de césariennes doublé chez les femmes dont la grossesse et l’accouchement ont été accompagnés par un obstétricien plutôt que par une sage-femme. Toutes les patientes retenues avaient eu une grossesse à bas risque. Qu’elles soient nullipares ou multipares, leur travail était spontané, avec un fœtus singleton en position céphalique. Les scientifiques ont d’emblée exclu les multipares ayant eu une césarienne auparavant. Seule différence notable entre les deux groupes, les femmes qui avaient choisi un obstétricien dès le début de leur grossesse étaient légèrement plus âgées, avec une moyenne de 29 ans contre 28 ans pour celles qui avaient choisi une sage-femme. Résultat : en 2012, le taux de césariennes de la cohorte s’élevait à 4,4 % dans le « groupe sages-femmes », contre 10,7 % dans le « groupe obstétriciens ». En 2014, la différence entre les deux groupes était du même ordre : 5,2 % dans le « groupe sages-femmes » contre 11,8 % dans le « groupe obstétriciens ». Et il en allait de même pour d’autres interventions observées dans la cohorte. En 2012, les patientes suivies par des sages-femmes avaient moins d’amniotomies (27,5 % contre 36,1 % pour le groupe obstétriciens), moins d’oxytocine (27,3 % contre 33,1 %), moins de péridurales (22,6 % contre 33,8 %). Les données de 2014 sont similaires. En revanche, les auteurs n’ont noté aucune différence significative en termes de durée totale du travail, d’épisiotomie ou de déchirures périnéales....