Soins de bien-être et profession de sage-femme : deux activités difficiles à concilier
Le Conseil de l’Ordre a toujours veillé à ce que la qualité de sage-femme ne soit pas exploitée à des fins commerciales, et notamment pour le développement d’une activité de bien-être ou d’accompagnements non médicaux. La question peut légitimement être posée de la raison de cette interdiction, surtout au regard de certaines pratiques médicales, comme la médecine esthétique, qui sont tout à fait admises par l’Ordre des médecins, alors que la même interdiction de pratiquer la profession comme un commerce s’applique à la médecine. Cette interdiction pour les sages-femmes est stricte, comme le démontre la dernière décision du Conseil de l’Ordre publiée récemment sur le sujet, de la Chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des sages-femmes, en date du 25 avril 2024. Dans cette affaire, un conseil départemental de l’Ordre avait déposé plainte contre une sage-femme, qui proposait en cabinet des activités de bien-être, de type « drainage lymphatique, massage ayurvédique, Madero thérapie, empreinte émotionnelle pour libérer des émotions liées à des peurs et angoisses refoulées, réflexologie plantaire, massage visage Renata, aromathérapie ». Elle avait pratiqué ces activités à partir de 2020, à compter de son arrêt maladie, pour finir par mettre fin à son activité de sage-femme en 2022 afin de se consacrer exclusivement à son activité de bien-être. Elle avait alors demandé sa radiation à l’Ordre, effective en 2023. Tant avant qu’après cette radiation, elle avait présenté ses activités bien-être sur ses comptes Facebook et Instagram, qui portaient son nom, suivi de la mention « sage-femme ». Ces comptes mentionnaient ses différentes prestations bien-être ainsi que sa qualité et ses compétences de sage-femme : consultations prénatales, surveillance de grossesse pathologique, préparation à la naissance physiologique, suites de naissance pour la mère et son bébé, suivi de l’allaitement ou rééducation périnéale. La sage-femme était condamnée en première instance à une interdiction d’exercer de 24 mois, non...
