Une vaste étude nationale danoise met en évidence une association bidirectionnelle entre la migraine et la pré-éclampsie, suggérant l’existence de mécanismes biologiques communs entre ces deux affections fréquentes chez les femmes en âge de procréer. S’appuyant sur les registres de santé danois, des données de prescriptions, des questionnaires validés et des analyses génétiques, les chercheurs ont suivi près de 260 000 femmes ayant eu au moins une grossesse entre 1997 et 2020. Il en ressort que la migraine est associée à un risque accru de pré-éclampsie lors de la première grossesse (OR 1,32) ainsi qu’à un risque augmenté de récidive. Inversement, un antécédent de pré-éclampsie est lié à une augmentation du risque ultérieur de traitement antimigraineux (HR 1,29). Ces résultats ont été confirmés dans une cohorte par questionnaire. Les analyses génétiques montrent par ailleurs une vulnérabilité génétique partagée, avec une association significative entre le risque de pré-éclampsie et les scores de risque polygénique de la migraine. Ces données suggèrent que la migraine pourrait constituer un marqueur clinique précoce du risque de pré-éclampsie, y compris de récidive. Elles renforcent l’hypothèse de voies physiopathologiques communes, possiblement vasculaires et placentaires, ouvrant des perspectives pour de futures recherches intégrant données génomiques et phénotypage placentaire. Source : The Lancet, janvier 2026…
