Salwa Aziz : « On peut être sage-femme et entrepreneuse »
Vous exercez depuis dix ans. Devenir sage-femme a-t-il toujours été une évidence ? J’ai toujours su que je voulais aider les femmes, être dans le soin et les accompagner dans leur santé, qu’elles soient jeunes ou ménopausées. Tout ce qui touche à la périnatalité, au soin et au bien-être m’attirait. Forte de cette vocation, je suis allée tout droit, sans me poser beaucoup de questions. Comment avez-vous vécu vos études de sage-femme ? Les stages n’étaient pas faciles. À l’époque, nous n’étions pas forcément bien accompagnées, il existait une forme de maltraitance. Il m’est arrivé d’avoir la boule au ventre en franchissant la porte de l’hôpital. Je serrais les dents, je validais et j’avançais vaille que vaille : c’était « le package », à prendre ou à laisser. Depuis, les choses ont évolué. Récemment, je suis retournée dans mon école à Poitiers, pour présenter L-Med. J’ai vu que le bien-être mental des étudiants était davantage pris en compte, qu’ils semblaient moins sous pression. Je suis heureuse de cette évolution ! À peine diplômée, vous êtes partie travailler à Mayotte. Pourquoi ? Il y avait une offre de CDD d’un an au centre hospitalier de Mamoudzou. J’ai postulé juste après mes études et je suis partie à la découverte d’un autre monde. Nous étions beaucoup de jeunes diplômés venus de métropole. Professionnellement, c’était extrêmement formateur : je suis passée dans tous les services de maternité, y compris en salle de naissance. On apprenait très vite, on n’avait pas le choix. L’expérience a aussi été très forte sur le plan personnel. J’ai rencontré des gens extraordinaires. Je peux dire que cette année à Mayotte m’a transformée. Il y avait beaucoup de pauvreté, des enfants non scolarisés, des familles vivant dans des bangas. En toile de fond, il y avait cette situation conflictuelle entre Mayotte et les Comores. J’ai pris ma […]
