Mais ces repères ont été construits à partir de populations qui ne reflètent plus les réalités actuelles : femmes plus jeunes, moins souvent en surpoids, moins diversifiées sur le plan ethnique, et vivant majoritairement dans des pays à revenu élevé. Aujourd’hui, les profils maternels ont évolué : l’âge à la grossesse augmente, tout comme l’IMC et la prise de poids. Dans ce contexte, une vaste méta-analyse publiée dans le BMJ vient interroger la pertinence de ces standards. Une réalité : des écarts fréquents aux recommandations En analysant 40 études regroupant plus de 1,6 million de femmes, les auteurs montrent que la majorité des patientes ne se situe pas dans les recommandations. 68 % présentent une prise de poids gestationnelle inadéquate : 23 % insuffisante, 45 % excessive. Seules 32 % des femmes ont une prise de poids conforme aux repères actuels. Des risques différents selon que la PPG est insuffisante ou excessive Une prise de poids excessive s’accompagne d’un risque accru de césarienne et de troubles hypertensifs, mais aussi d’un poids de naissance plus élevé, avec davantage de macrosomies et de nouveau-nés grands pour l’âge gestationnel. Elle augmente également les admissions en soins intensifs néonatals. En contrepartie, elle est associée à moins de prématurité et de petits poids de naissance. À l’inverse, une prise de poids insuffisante expose surtout le nouveau-né : prématurité, hypotrophie, faible poids de naissance et détresse respiratoire sont plus fréquents. Elle s’accompagne toutefois d’un moindre recours à la césarienne et d’un risque réduit de macrosomie. Des liens complexes à interpréter Ces associations doivent cependant être interprétées avec prudence, comme le soulignent les auteurs de l’étude. Certaines relations relèvent possiblement d’une causalité inverse. Une prise de poids limitée peut refléter une grossesse écourtée par une prématurité. À l’inverse, une prise de poids élevée peut être majorée par des œdèmes liés à des troubles hypertensifs de la…
