Le CNSF appelle à une réorganisation de la périnatalité centrée sur le niveau de risque 

Face à la dégradation des indicateurs périnataux en France, le Gouvernement a récemment demandé à des experts de formuler des recommandations d’ici juin. Dans ce contexte, le Collège national des sages-femmes de France a publié, le 17 mars, un rapport proposant une refonte globale de l’organisation des parcours de grossesse.

Le CNSF appelle à une réorganisation de la périnatalité © Getty Images

Au cœur de cette proposition : adapter la prise en charge au niveau de risque, renforcer la prévention et redonner toute leur place aux sages-femmes dans le suivi des grossesses physiologiques. Des indicateurs en recul et un système fragmenté Le rapport s’ouvre sur un constat de dégradation des indicateurs périnataux, notamment avec une hausse de la mortalité infantile, estimée à 4,1 pour 1 000 naissances vivantes en 2024. Il décrit un système encore trop fragmenté, marqué par des parcours peu lisibles et une coordination insuffisante entre les acteurs. Il pointe également une surmédicalisation des accouchements, qui ne distingue pas suffisamment les situations physiologiques des situations à risque. Il suggère de mieux adapter les prises en charge aux besoins des patientes, en distinguant plus clairement les grossesses physiologiques des situations à risque. Trois parcours pour mieux coller aux besoins Pour répondre à ces limites, le rapport propose de structurer la périnatalité autour de trois parcours : bas risque, à risque et pathologique. Une approche pragmatique, fondée sur une réalité souvent rappelée mais peu traduite dans l’organisation des soins : environ 80 % des grossesses relèvent du bas risque. Dans ce modèle, les sages-femmes assureraient le suivi des grossesses physiologiques, dans des cadres variés — maternités, maisons de naissance et, selon les situations, domicile. Les situations à risque ou pathologiques seraient, elles, orientées vers des équipes pluridisciplinaires associant gynécologues-obstétriciens, pédiatres et anesthésistes-réanimateurs. Derrière cette organisation, un objectif clair : remettre de la cohérence dans les rôles professionnels, alors qu’aujourd’hui, les frontières restent floues, avec parfois des sages-femmes en première ligne sur des grossesses complexes et, à l’inverse, des obstétriciens mobilisés pour des suivis physiologiques. Prévention et post-partum : des axes à renforcer Autre axe fort du rapport : replacer la prévention au cœur du parcours périnatal. Le CNSF recommande notamment de rendre obligatoire le bilan prénatal et la déclaration…

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