Une natalité en berne, un enjeu stratégique La Russie fait face à une baisse prolongée de sa natalité, considérée comme un enjeu stratégique par les autorités. Le taux de fécondité est estimé à environ 1,4 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1). En 2023, le pays enregistrait également 8,6 naissances pour 1 000 habitants, confirmant une tendance à long terme. Cette situation s’est aggravée dans le contexte de la guerre en Ukraine, marquée par l’envoi de nombreux hommes en âge de procréer au front et par des départs à l’étranger. Entre incitations et contraintes Au-delà de l’accompagnement psychologique, plusieurs mesures ont été mises en place pour encourager les naissances. Certaines régions proposent ainsi des aides financières aux étudiantes enceintes afin de limiter le recours à l’avortement, dont la législation a été durcie. Si un chèque offert à la naissance de chaque enfant a permis de gonfler un peu les chiffres, l’effet de la mesure est « limité dans le temps : elle accélère le calendrier des naissances mais pas forcément le nombre d’enfants par famille », pointe la directrice du pôle Russie de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il conviendrait plutôt, selon elle, de « créer de vraies conditions économiques et sociales comme des places en crèche ». Des raisons structurelles Car le problème est structurel et ces dispositifs ne répondent pas aux déterminants sociaux plus larges de la fécondité. La diminution du nombre de femmes jeunes en âge de procréer, ainsi que le contexte économique et géopolitique anxiogène, limitent encore davantage l’impact des mesures incitatives. L’Europe occidentale n’est pas à l’abri, loin s’en faut, de ces défis démographiques. En France, la natalité recule également, dans un contexte de transformation des modes de vie et des conditions économiques. Sans présager de trajectoires similaires avec celle de notre voisin…
