Lancé en France en 2017, le Nutri-Score vise à informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits et à inciter les industriels à améliorer leurs formulations. Pourtant, une idée reçue persiste : les produits les mieux notés seraient plus chers. Une étude menée par Santé publique France, en partenariat avec l’Inrae, vient nuancer cette perception. Basée sur l’analyse de 27 955 produits répartis en 22 catégories, issus de données de distributeurs français entre 2020 et 2023, elle montre que le lien entre Nutri-Score et prix n’est ni systématique ni univoque. Selon les catégories, le prix peut augmenter ou diminuer avec la qualité nutritionnelle. Dans certains cas, les produits les mieux notés sont même moins chers que ceux de moindre qualité nutritionnelle, notamment pour les yaourts ou certaines sauces pour pâtes. À l’inverse, pour d’autres catégories comme les pains de mie ou certaines pizzas, aucune différence significative de prix n’est observée selon le Nutri-Score. Autre enseignement : les produits issus de marques non engagées dans la démarche Nutri-Score sont le plus souvent plus chers que ceux affichant le logo, en partie du fait de l’implication des marques de distributeurs, généralement positionnées sur des prix plus bas. Dans un contexte où 47 % de la population française est en surpoids et 17 % en situation d’obésité, ces résultats rappellent que la nutrition constitue un déterminant majeur de santé. Favoriser l’adoption du Nutri-Score apparaît ainsi comme un levier pour améliorer la qualité des choix alimentaires, sans nécessairement augmenter le coût du panier. * Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement…
