Des toxicités avérées, d’autres présumées En 2020, l’Agence a proposé de classer trois sels de lithium comme toxiques pour la reproduction, en raison d’une toxicité avérée pour le développement fœtal et d’une toxicité présumée pour la fertilité. Des effets sur la thyroïde ont été mis en évidence, relevant d’un effet perturbateur endocrinien pour la santé humaine. Les espèces animales et végétales ne sont pas épargnées : les données disponibles montrent en effet une toxicité du lithium pour plusieurs organismes aquatiques, notamment les poissons, les invertébrés, les algues et les amphibiens. Quid de l’exposition environnementale ? À ce stade, les principaux effets ont été mis en évidence dans des études portant sur le lithium utilisé comme médicament, donc à des doses supérieures à celles rencontrées dans l’environnement. L’ANSES recommande de poursuivre les recherches afin de mieux caractériser les effets du lithium à doses environnementales. Les évaluations des risques devront intégrer à la fois ses effets reprotoxiques et perturbateurs endocriniens pour la santé humaine, ainsi que ses effets toxiques pour les espèces de l’environnement. Cela concerne notamment la fabrication et l’usage des batteries, mais aussi la gestion des déchets qui en sont issus. Principe de précaution Dans cette attente, l’ANSES recommande d’examiner l’identification du lithium comme « substance extrêmement préoccupante ». L’objectif est d’inciter les industriels à fournir des données plus précises sur ses usages et sur les expositions, afin de renforcer la protection des travailleurs exposés et, plus largement, celle du vivant….
