Santé mentale : jeunes et femmes en danger

La seconde enquête FHF-Ipsos sur la santé mentale et la psychiatrie décrit une aggravation préoccupante de la situation depuis 2019, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Plus d’un Français sur deux présente des signes d’anxiété — légère, modérée ou sévère — et près d’un sur quatre une suspicion de trouble anxieux généralisé. Les 18-24 ans sont les plus touchés, avec 42 % de scores évocateurs d’un trouble anxieux généralisé.

Santé mentale : jeunes et femmes en danger © Getty Images

Hausse des hospitalisations pour tentative de suicide Les données hospitalières confirment cette dégradation. Entre 2019 et 2024, les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 16,6 % au niveau national et constituent l’indicateur le plus préoccupant. La hausse est beaucoup plus marquée chez les femmes (+25,4 %, contre +2,5 % chez les hommes). Les femmes représentent désormais 66 % des hospitalisations liées à une tentative de suicide. La progression atteint des niveaux particulièrement élevés chez les filles de 10 à 14 ans (+118 %) et chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans (+76 %) : ces données exigent une mobilisation nationale immédiate. Derrière ces chiffres, ce sont des enfants, des adolescents et de jeunes adultes en grande souffrance, pris en charge quotidiennement par les équipes hospitalières, dans un contexte de moyens insuffisants. La FHF tire le signal d’alarme Cette crise est aggravée par les difficultés d’accès aux soins. Près d’un Français sur deux concerné par un trouble de santé mentale déclare rencontrer des obstacles dans sa prise en charge ; cette proportion monte à 79 % chez les 18-24 ans. Délais d’attente, impossibilité d’obtenir un rendez-vous et renoncement aux soins par crainte du diagnostic dessinent, selon la Fédération hospitalière de France (FHF) une urgence de santé publique. Son président Arnaud Robinet met en garde : « À force de détourner le regard de la santé mentale, nous faisons le lit d’une crise de santé publique sans précédent, en particulier au détriment des jeunes et des femmes. » Et de conclure : « La situation est grave. Ne laissons pas notre jeunesse, en particulier les jeunes filles, sombrer dans une souffrance silencieuse. »…

Ce contenu est réservé aux abonnés.
Je m’abonne
Déjà membre ? Connectez-vous ici