Même si elles consomment globalement moins de substances psychoactives que les hommes, les femmes peuvent développer plus rapidement certaines complications. Le tabac affecte notamment la fertilité et les cycles menstruels. L’alcool expose davantage aux maladies hépatiques, à l’ostéoporose ou au cancer du sein. Les consommations peuvent également perturber les règles et favoriser les rapports non protégés, les grossesses non planifiées et les violences. Pour ne rien arranger, la précarité, les traumatismes et la peur du jugement compliquent l’accès aux soins. L’hypothèse des chercheuses était que le suivi gynécologique des femmes en situation d’addiction est insuffisant au regard des recommandations de la HAS. Restait à le démontrer. 55 patientes passées à la loupe L’étude, observationnelle, descriptive et rétrospective, portait sur 55 femmes majeures ayant rencontré la sage-femme du CSAPA entre le 1er septembre 2023 et le 1er septembre 2024. Les dossiers ont été analysés afin de recueillir des informations sur leurs conditions de vie, leurs consommations, leur contraception, leurs dépistages et leurs antécédents gynécologiques et obstétricaux. Des besoins importants Les participantes avaient en moyenne 36 ans et 31 % vivaient dans une situation de précarité. La principale substance consommée était l’alcool, pour 38 % des femmes, devant la cocaïne — 20 % —, le cannabis — 16 % — et les opiacés — 9 %. Près de la moitié, soit 47 %, n’avaient jamais eu de suivi gynécologique ou n’avaient pas consulté depuis plus de cinq ans. Parmi les femmes en âge de procréer, 42 % n’utilisaient aucune contraception. Au total, 67 % des participantes avaient déjà été enceintes. Parmi elles, 58 % avaient eu recours au moins une fois à une IVG et 24 % avaient connu au moins une fausse couche. La moitié seulement des femmes étaient à jour du dépistage du cancer du col de l’utérus. Parmi celles interrogées sur les violences, 77 % déclaraient avoir subi des violences sexuelles,…
