En février, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist attribuait cette mission à quatre experts : un gynécologue–obstétricien, une pédiatre, une anesthésiste et Eliette Bruneau, sage-femme libérale exerçant dans un cabinet rural en Maine-et-Loire et présidente de l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL) depuis cinq ans.« Dans ce court délai, on doit analyser les pistes qui permettraient une amélioration de la santé des femmes et des enfants dans la période périnatale en France, à savoir qu’actuellement, on a des chiffres préoccupants, notamment sur les morts infantiles, puisqu’on est passés de la troisième place en 1996-2000, à la 23e sur 27 États de l’Union européenne en 2022 », précise-t-elle. Comment se déroulent ces travaux ? Auditions de professionnels de la périnatalité, mais également d’usagers, analyse de la littérature scientifique, travail de synthèse puis émission d’une feuille de route, in fine.Avec pour première piste, tout ce qui est en lien avec la prévention : « D’où l’intérêt d’être là en tant que sage-femme, puisque cela fait vraiment partie de notre cœur de pratique », observe la présidente de l’ANSFL. Les autres pistes que la maïeuticienne voit déjà se dessiner sont : le maintien en bonne santé tout au long du parcours de grossesse, l’identification des facteurs de risque en amont des grossesses, particulièrement chez les personnes les plus vulnérables et/ou en situation de précarité, sécuriser les parcours, les lieux d’accouchement, actionner de réels leviers d’amélioration pour les soins critiques néonatals, agir pour un meilleur accompagnement postnatal afin de prévenir la dépression du postpartum et le suicide maternel (première cause de mortalité des femmes dans la période périnatale). Et Eliette Bruneau de conclure : « Le but est de coordonner nos actions entre professionnels pour pouvoir sécuriser cette période de la vie des femmes et des nouveau-nés. » …
