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Allaitement : l’alimentation maternelle jouerait un rôle clé dans la santé future du bébé

Un dialogue entre l’intestin maternel et le sein  Cette hypothèse repose notamment sur l’idée d’une « voie entéro-mammaire » : certaines bactéries de l’intestin maternel pourraient migrer vers la glande mammaire, puis être transmises à l’enfant par le lait. Si ce mécanisme se confirme pleinement, il renforcerait l’idée que le microbiote intestinal maternel influence celui du nourrisson. L’alimentation maternelle en question Les données disponibles montrent qu’une alimentation riche en fibres, fruits, légumes et légumineuses favorise une plus grande diversité microbienne et la production d’acides gras à chaîne courte, associés à des effets anti-inflammatoires. À l’inverse, les régimes riches en sucres raffinés et en graisses sont associés à un microbiote moins favorable. Certaines études suggèrent ainsi un lien entre la qualité de l’alimentation maternelle, la composition bactérienne du lait et certains profils métaboliques ou immunomodulateurs transmis au nourrisson. Des effets possibles à long terme Dans ce contexte, l’alimentation de la mère ne se limiterait pas à ses seuls effets nutritionnels. Elle pourrait aussi façonner le premier écosystème intestinal du nourrisson et, par ce biais, influencer son développement ainsi que sa santé à long terme. La colonisation intestinale précoce est en effet susceptible d’influencer plus tard le risque d’allergies, d’obésité, de maladies métaboliques ou encore de troubles neurocomportementaux. Les auteurs rappellent toutefois que l’allaitement n’est qu’un facteur parmi d’autres : mode d’accouchement, antibiothérapie, environnement familial et déterminants sociaux de santé interviennent aussi. Des données à traduire en soutien concret Le message central de cette étude de 2025 remise en lumière ce mois-ci par The Conversation, n’est donc pas de faire peser une responsabilité supplémentaire sur les mères, mais d’inviter à mieux soutenir leur santé et leur nutrition. Si ces résultats se confirment, ils plaident moins pour une injonction individuelle que pour des politiques publiques favorisant l’accès à une alimentation de qualité, le soutien à l’allaitement et […]

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Prévenir l’incontinence urinaire d’effort pendant la grossesse

Des exercices guidés et progressifs  Le programme utilisé pour cette étude, intitulé Peflow, débutait à 28 semaines de grossesse et se poursuivait jusqu’à l’accouchement. Six semaines après l’accouchement, l’incontinence urinaire d’effort concernait 8,7 % des femmes du groupe Peflow, contre 13,9 % dans le groupe témoin. L’écart restait en faveur du groupe Peflow à trois, six et douze mois après l’accouchement. Peflow associait un entraînement quotidien des muscles du plancher pelvien à deux séances hebdomadaires d’exercices posturaux globaux. Les participantes étaient d’abord guidées par des physiothérapeutes, puis par une application mobile et des vidéos. Aucun événement indésirable lié au programme n’a été observé. Une piste de prévention à confirmer Ces résultats suggèrent qu’un programme débuté au troisième trimestre constitue une piste intéressante pour prévenir l’incontinence urinaire d’effort après l’accouchement chez les primipares. Source : Pelvic Floor Workout for Preventing Stress Urinary Incontinence in Primiparous Women, Jama, 15 avril 2026

Point juridique

Soins de bien-être et profession de sage-femme : deux activités difficiles à concilier

Le Conseil de l’Ordre a toujours veillé à ce que la qualité de sage-femme ne soit pas exploitée à des fins commerciales, et notamment pour le développement d’une activité de bien-être ou d’accompagnements non médicaux. La question peut légitimement être posée de la raison de cette interdiction, surtout au regard de certaines pratiques médicales, comme la médecine esthétique, qui sont tout à fait admises par l’Ordre des médecins, alors que la même interdiction de pratiquer la profession comme un commerce s’applique à la médecine.  Cette interdiction pour les sages-femmes est stricte, comme le démontre la dernière décision du Conseil de l’Ordre publiée récemment sur le sujet, de la Chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des sages-femmes, en date du 25 avril 2024.  Dans cette affaire, un conseil départemental de l’Ordre avait déposé plainte contre une sage-femme, qui proposait en cabinet des activités de bien-être, de type « drainage lymphatique, massage ayurvédique, Madero thérapie, empreinte émotionnelle pour libérer des émotions liées à des peurs et angoisses refoulées, réflexologie plantaire, massage visage Renata, aromathérapie ». Elle avait pratiqué ces activités à partir de 2020, à compter de son arrêt maladie, pour finir par mettre fin à son activité de sage-femme en 2022 afin de se consacrer exclusivement à son activité de bien-être. Elle avait alors demandé sa radiation à l’Ordre, effective en 2023. Tant avant qu’après cette radiation, elle avait présenté ses activités bien-être sur ses comptes Facebook et Instagram, qui portaient son nom, suivi de la mention « sage-femme ». Ces comptes mentionnaient ses différentes prestations bien-être ainsi que sa qualité et ses compétences de sage-femme : consultations prénatales, surveillance de grossesse pathologique, préparation à la naissance physiologique, suites de naissance pour la mère et son bébé, suivi de l’allaitement ou rééducation périnéale. La sage-femme était condamnée en première instance à une interdiction d’exercer de 24 mois, non […]

Grand Angle

Accompagner les femmes enceintes et les mères à la rue : l’alliance entre le médical et le social (2e partie)

« L’ESI Georgette Agutte est réservé aux femmes enceintes et aux mères. L’accès à l’établissement est interdit aux hommes. » L’affiche est collée sur la porte d’entrée du lieu d’accueil, situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le message est traduit en plusieurs langues. Ce lieu d’accueil de jour, géré par une association, est autant un lieu de vie qu’un lieu de suivi social. L’équipe fixe se compose de trois accompagnantes éducatives et sociales, trois éducateurs spécialisés (au moment de la rédaction de cet article, ils sont en sous-effectif et sont seulement deux), et une psychologue à temps plein.  Des intervenantes extérieures de la PMI Hors les murs, viennent chaque semaine pour y faire des entretiens, dans une démarche « d’aller vers » : deux sages-femmes pour les mères et une infirmière puéricultrice pour les enfants. Des bénévoles peuvent venir ponctuellement animer des ateliers. L’ESI Georgette Agutte est un lieu de vie accueillant, où les femmes et leurs enfants peuvent non seulement se (re)poser et créer des liens sociaux, mais aussi bénéficier d’un suivi psychomédico-social avec l’équipe en place. Dans quel état psychique se trouvent ces femmes et ces enfants ?  Alexis : Les femmes migrantes se maintiennent car il faut qu’elles amènent leurs enfants à l’école, qu’elles leur fassent à manger, qu’ils prennent leur douche, qu’ils fassent leurs devoirs… Elles ont un rythme de vie. On les appelle « les invisibles ». On ne les voit pas car elles font comme tout le monde. Nous avons eu des femmes seules, de grandes marginales tombées enceintes, ce n’est pas le même profil que les migrantes avec leurs enfants. Pour ces grandes marginales, c’est très difficile, car elles sont dans les schémas de précarisation, ce qu’on appelait avant vulgairement « la clochardisation ». Elles vivent totalement déconnectées de la réalité pour se protéger. Souvent, ces femmes seules se dégradent au niveau de […]

Grand Angle

Devenir maman solo en 2026

« La plupart des futures mamans et mamans qui font le choix de l’AMP (assistance médicale à la procréation) solo, font ce choix de manière très assumée. Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire. » C’est ce qu’observe Hélène François, sage-femme libérale à Marcq-en-Barœul, dans le Nord, où les femmes qui ont ce parcours sont de plus en plus nombreuses à venir la consulter.   « Ce sont des battantes qui ont un courage extraordinaire » Hélène François, sage-femme libérale  Et il en faut du courage pour élever seule des enfants dans une société dans laquelle « cela gêne qu’on puisse faire le choix de se passer d’un homme pour faire famille », constate Chloé Toulet, présidente de l’association Mam’ensolo. Pour elle, ce modèle familial qui est le sien et celui des membres de son asso – de femmes faisant le choix de la maternité en solo, par PMA ou par adoption – ne rentrera jamais dans la norme en raison de cette toute-puissance de la vision patriarcale du couple, qui est inscrite jusque dans la loi.  Pourtant, tout profil de parentalité confondu (seule, après une séparation, etc.), « un quart des familles sont monoparentales en France. Et dans des grandes villes comme Paris, ou encore dans les outre-mer, c’est une famille sur trois, voire une sur deux. On pourrait donc se dire que ce modèle est en train de devenir une norme parmi d’autres », nuance Olivia Barreau, à la tête de l’association de soutien aux familles monoparentales Moi & Mes enfants. Et pour la majorité, il s’agit de familles monomarentales, puisque dans 82 % de ces familles, c’est une femme qui est la cheffe de famille.  Les mamans solos peuvent aussi être les premières !  Et les mères solos qui ont fait le choix de l’être sont les premières pour les demandes enregistrées de dons de […]