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Nathalie Piquée, « remettre les mères debout, j’en ai fait un métier »

Quand on vous demande votre métier, que répondez-vous : sage-femme, Gestalt-thérapeute, formatrice, entrepreneuse ? De cœur, fondamentalement, je suis sage-femme. Quand je suis arrivée à l’école, Miss Humbert accueillait chacune d’entre nous. On avait toutes 18 ans, des gamines. Devant chaque nouvelle promotion, elle disait : « Attention, mesdemoiselles, plus tard, vous n’exercerez pas un métier de sage-femme : vous allez DEVENIR sage-femme, dans tout votre être. Et vous le serez pour toute la vie. » Puis elle ajoutait : « Faites toujours honneur à ce métier ! » Ces mots-là, je ne les ai jamais oubliés. Sage-femme je suis et je reste, dans tout mon être. Il y a bien sûr, tout ce que j’ai vécu, tout ce sur quoi je me suis formée. Mais quand on me demande mon métier, je réponds directement « sage-femme ».  Qu’est-ce qui vous y a conduite ? Je voulais travailler dans le « prendre soin ». J’ai tenté médecine, une première année, mais les études me semblaient interminables et je n’avais qu’une envie : quitter le nid familial. Les études de sage-femme ne duraient alors que trois ans ! C’était un bon timing. Je suis sortie de l’école en 1983… Plus fondamentalement, je pense qu’on ne vient pas à ce métier par hasard. Moi, je crois que je voulais connaître le « secret de la naissance ». Comment on fait un bébé, dans sa tête, dans son cœur, dans sa vie. Comment vient-il s’y s’inscrire, ce bébé-là ? Pourquoi ici et maintenant ? C’est tout ça qui m’intéressait. Et puis… “ Vous n’exercerez pas un métier de sage-femme : vous allezDEVENIR sages-femmes, dans tout votre être ! ” Miss Humbert, enseignante Et puis ? Il y a autre chose ?  Oui… Il y avait aussi un secret autour de ma propre naissance. Je l’ai toujours senti. Dans certains silences, certaines incohérences, des choses qui ne se disaient pas. Je savais sans savoir. Un jour, beaucoup plus tard, il y […]