Sur le parking des anges…

... Il aura suffi de quelques minutes pour que trois inconnues soient liées pour toujours. Le lundi 1er juin 2026, Laura et Florian quittent leur domicile de Montgibaud, en Corrèze, en direction de la maternité de Limoges. Leur deuxième fille, dont la naissance n’était attendue que quelques jours plus tard, en a décidé autrement. Dans le bourg de Meuzac, les contractions deviennent si fortes que le couple doit renoncer à poursuivre sa route. Dans un état presque second, Florian gare la voiture au hasard, place du 8-Mai-1945.

Sur le parking des anges...

Le hasard, justement, a bien fait les choses : la voiture vient de s’arrêter devant un cabinet infirmier et de kinésithérapie. À l’intérieur se trouvent Élise Roy, kinésithérapeute, et Aurélie Nicole, infirmière libérale. Cette dernière n’aurait même pas dû être là : en repos ce jour-là, elle était simplement venue pour son propre rendez-vous de kinésithérapie. Alertées par les cris provenant du parking, les deux professionnelles sortent du cabinet en courant. Elles pensent d’abord devoir porter secours à une personne victime d’un malaise. Mais lorsqu’elles approchent de la voiture, la tête du bébé commence déjà à apparaître. Tandis qu’Élise reste en contact avec le Samu, toutes deux rassurent les parents, trouvent les mots et les gestes nécessaires et accompagnent la naissance jusqu’à l’arrivée des secours. À 16 h 42, Ava pousse ses premiers cris dans la voiture.  « Tout était bien aligné », raconteront ensuite ses parents, bouleversés par cette arrivée aussi imprévisible qu’heureuse. Aurélie et Élise, jusque-là parfaitement inconnues de la famille, sont devenues en quelques instants les deux fées marraines de leur fille.  Pour graver cette rencontre dans le marbre, Laura et Florian ont choisi de donner à leur fille les prénoms de celles qui les avaient aidés : elle s’appelle désormais Ava Aurélie Élise. « On ne veut pas, on ne peut pas les oublier », explique sa mère. L’histoire réserve encore un dernier clin d’œil. Plus jeunes, Aurélie et Élise avaient toutes les deux rêvé de devenir sages-femmes. La vie les avait conduites vers d’autres métiers du soin, mais, le temps d’un après-midi, elle leur a offert l’occasion d’accompagner une naissance. « Le soir, quand je suis montée dans ma voiture, j’avais les larmes aux yeux », confie Élise. Une semaine plus tard, l’émotion restait intacte : « Quand on en parle, on a la chair de poule », ajoutait Aurélie. Ava aura aussi réveillé l’état civil de…

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