Un besoin né du terrain « Chez certaines femmes qui arrivaient aux urgences, quelque chose ne tournait pas rond. Je me sentais désarmée », relate Maud Bérardier, sage-femme au CHIV. « À l’école de sages-femmes, on nous apprend à être de bonnes techniciennes, mais pas tellement à communiquer. » Partant de ce constat, elle suit d’abord le DU Violences faites aux femmes (VFF), puis un DU Précarité, Santé maternelle et périnatale. De son côté, Solène Cottin, sage-femme de PMI dans le Val-de-Marne, est inscrite au même diplôme universitaire et s’apprête à prendre le poste de sage-femme PMI de liaison à la maternité. La rencontre de ces deux professionnelles engagées se révèle décisive. « L’ARS voulait faire baisser les taux de mortalité dans le 94. Fortes de son soutien, nous avons monté le projet et l’unité SAMa a ouvert en 2025 », précisent-elles. Une unité pensée pour son territoire Le SAMa s’inscrit dans le sillage des UAP (unités d’accompagnement personnalisé), déjà implantées en Seine-Saint-Denis. « On a regardé ce qui existait ailleurs, notamment dans le 93, et on s’est dit que notre territoire avait des besoins très comparables. » Le SAMa constitue ainsi la première UAP du sud de l’Île-de-France. Implantée à la frontière du Val-de-Marne et de l’Essonne, la maternité rayonne sur deux bassins de population. « Les profils diffèrent légèrement selon les départements, mais les besoins existent des deux côtés », soulignent les deux sages-femmes. « Du premier rendez-vous à aujourd’hui, je ne me suis jamais sentie seule » Leila, maman de Lyoran, deux mois, célibataire, qui a fait un déni de grossesse jusqu’à sept mois. (Parents, février 2026) Des vulnérabilités multiples Parcours migratoires, isolement, troubles psychiatriques, violences, deuils périnataux, dénis de grossesse, parcours en aide sociale à l’enfance… les vulnérabilités sont multiples, s’additionnent et s’entrecroisent.En ce moment, les violences conjugales à elles seules concernent près d’une femme sur trois…
