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Premier enfant après 30 ans : un risque accru de cancer du sein, pourquoi ?

Selon ces travaux, les femmes qui ont leur premier enfant après 30 ans présentent un risque accru de 40 à 45 % de développer un cancer du sein, par rapport à celles qui ont accouché plus tôt. Ce risque concerne surtout le cancer du sein post-partum, une forme souvent méconnue qui apparaît dans les années suivant la grossesse, avant 45 ans. Plus agressif que les autres types, il nécessite une détection précoce et une prise en charge spécialisée. Le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme : 2,3 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le monde en 2022, entraînant 670 000 décès, selon l’OMS. Il touche environ une femme sur 11 dans l’Union européenne et une femme sur sept au Royaume-Uni. Si la majorité des cas concernent les femmes de plus de 45 ans, environ 4 % des décès surviennent chez des femmes plus jeunes. Inflammation et remaniements du sein après la grossesse L’étude du Pr Porter s’intéresse aux mécanismes biologiques expliquant ce risque. Chez les femmes qui accouchent pour la première fois à la trentaine, la période qui suit l’allaitement — appelée involution mammaire— s’accompagne d’un afflux de cellules inflammatoires dans les tissus du sein. Cette inflammation, naturellement liée à la réorganisation du tissu mammaire, pourrait favoriser l’émergence de cellules cancéreuses, selon les chercheurs. Ces recherches montrent que, chez les femmes trentenaires ayant leur premier enfant, le risque de complications s’élève dans les années suivant immédiatement la grossesse, avant de décroître à plus long terme. Allaitement et prévention : un effet protecteur confirmé Une vaste méta-analyse portant sur plus de 50 000 femmes a montré qu’une année d’allaitement supplémentaire par enfant diminuait de plus de moitié le risque de cancer du sein — passant de 6,3 à 2,7 cas pour 100 femmes. Vigilance accrue pour ce public Pour les femmes...

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Grâce à l’IA, prédire le risque cardiovasculaire à partir des mammographies de routine

Les auteurs, menés par Jennifer Yvonne Barraclough (George Institute for Global Health, Sydney), rappellent que le dépistage cardiovasculaire est à la fois peu utilisé et moins performant chez les femmes. Si des travaux antérieurs ont déjà exploité les calcifications artérielles mammaires (BAC) visibles à la mammographie, ces dernières ne suffisent pas à elles seules à prédire correctement le risque, leur valeur étant hétérogène selon les facteurs (par exemple, association inverse avec le tabagisme). Conception et méthode  L’équipe a donc conçu un modèle qui analyse l’ensemble de l’architecture mammaire sur les clichés de dépistage (et non les seules BAC) et y associe l’âge pour produire une signature radiomique* destinée à la prédiction du risque à dix ans. L’étude s’appuie sur une cohorte de 49 196 femmes ayant réalisé au moins une mammographie de dépistage, avec un suivi médian de 8,8 ans. Au cours de ce suivi, 3 392 participantes ont présenté un premier événement cardiovasculaire majeur.  Mammographie + âge Le modèle « mammographie + âge » atteint un indice de concordance (C-index) de 0,72, comparable à celle de scores de référence reposant sur des variables cliniques (comme l’outil néo-zélandais Predict ou les équations Prevent de l’American Heart Association). Les auteurs concluent que leur algorithme permet de « prédire le risque cardiovasculaire avec une performance comparable aux équations traditionnelles de risque cardiovasculaire ». D’une pierre deux coups Un atout majeur de ce dispositif est qu’il n’exige ni recueil supplémentaire des antécédents ni extraction de dossiers médicaux et s’intègre à un parcours de dépistage déjà largement financé et fréquenté par les femmes. « Les évaluations du risque basées sur la mammographie pourraient représenter une opportunité nouvelle pour améliorer le dépistage du risque cardiovasculaire chez les femmes », soulignent les chercheurs. En tirant parti de l’infrastructure existante du dépistage du cancer du sein, cette méthode offre un potentiel d’« évaluation des risques “deux-en-un” » —...

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Lenacapavir : une avancée majeure dans la prévention du VIH, entre promesse scientifique et enjeux politiques

Lenacapavir : une avancée majeure dans la prévention du VIH, entre promesse scientifique et enjeux politiques Le lenacapavir pourrait transformer la prévention du VIH. Cet antirétroviral injectable, administré deux fois par an, agit sur une cible inédite : la capside du virus, une structure protéique longtemps jugée imprenable par les chercheurs. En bloquant plusieurs étapes du cycle viral, le lenacapavir empêche le VIH de se répliquer. Lors d’un essai conduit en Afrique du Sud et en Ouganda auprès de plus de 2 000 jeunes femmes, aucune participante ayant reçu le traitement n’a contracté le virus. Chez les hommes, les personnes transgenres et non binaires, la protection avoisine 96 %. Ces résultats, salués par la communauté scientifique, ont conduit à l’arrêt anticipé de l’étude pour bénéfice manifeste. Depuis son introduction en 2012, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale a démontré une efficacité remarquable dans la prévention de l’infection par le VIH. Elle repose sur la prise quotidienne d’un antirétroviral, garantissant une protection quasi complète en cas d’exposition. Cependant, les contraintes d’observance et les inégalités d’accès limitent son impact à l’échelle mondiale : seules six millions de personnes bénéficient actuellement d’une PrEP, alors que 1,3 million de nouvelles infections surviennent chaque année (Onusida, 2023).Dans de nombreux pays à revenu faible, les difficultés d’approvisionnement et la stigmatisation sociale compliquent encore son usage régulier. Approuvé en 2024 par la FDA, l’Organisation mondiale de la santé et l’Union européenne, le lenacapavir se distingue par sa simplicité d’usage et sa discrétion. Dans les régions où les injections contraceptives sont déjà courantes, notamment en Afrique subsaharienne, cette forme d’administration pourrait favoriser son adoption. Pour la professeure Megan Ranney, doyenne de l’École de santé publique de Yale, « c’est ce que nous avons de plus proche d’un vaccin ». Mais la réussite scientifique ne garantit pas un succès de santé publique. Le programme américain Pepfar, moteur historique de...

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PerigeNoMed : Un projet pilote pour révolutionner le dépistage néonatal des maladies rares

PerigeNoMed : Un projet pilote pour révolutionner le dépistage néonatal des maladies rares Le projet Perigemoned, porté par le CHU de Dijon-Bourgogne et lancé en 2024 pour se terminer en 2028, est une initiative unique en France visant à « révolutionner le dépistage néonatal des maladies rares ». Il s’agit de diagnostiquer plus de 800 maladies rares contre 13 actuellement via une analyse des gènes.  Faisabilité et délais Le professeur Huet, président de la Société française du dépistage néonatal, interrogé sur la radio AirZen le 30 janvier dernier, exprimait sa confiance quant à la réalisation des objectifs : « On sait déjà que la faisabilité est correcte et que les résultats attendus seront à la hauteur de ce qu’on espère ». Il ajoutait : « On n’a aucun doute sur le fait que ça va bien marcher. Les outils sont là pour ça. » L’objectif de Perigemoned ? « Rassurer les parents le plus souvent » et, le cas échéant (environ 1 sur 150) prendre en charge la maladie et accompagner la famille. L’importance de la précocité Le ­professeur Huet insistait sur le point suivant : « On a aujourd’hui des solutions de traitements […] qui ne sont efficaces que s’ils sont donnés très tôt avant que la maladie n’ait fait des dégâts. » Il citait des prises en charge pour des maladies métaboliques ou neurologiques par « médicaments, soit par régime alimentaire, soit par des choses qui sont en train d’apparaître sur le marché du soin, ce qu’on appelle la thérapie hygiénique ». Selon lui, les progrès thérapeutiques permettront d’« empêcher un handicap, voire même pour certains d’entre eux, d’empêcher les décès ». Soutenu par « l’ensemble de la communauté médicale », Perigenomed a pour ambition de « devenir national et de concerner les 650 000 naissances par an que l’on comptabilise aujourd’hui en France ». 30 septembre 2025 : présentation des premiers résultats Perigenomed Les promoteurs du projet ont présenté les premiers résultats concrets au palais...

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L’IA est-elle un remède à l’épuisement des soignants ?

Les professionnels passent parfois plus de trois heures par jour sur des tâches administratives. « Beaucoup ont le sentiment de ne plus exercer leur métier, mais de nourrir une machine bureaucratique », déplore Axel Pries. L’IA pourrait être une solution. Mais à condition qu’elle soit « vraiment intelligente ». « Les systèmes numériques ont souvent ajouté du travail, car ils exigeaient de multiples validations et clics inutiles », rappelle le directeur du Sommet. Pour être efficace, l’intelligence artificielle doit s’appuyer sur des données fiables, diversifiées et représentatives. « Si l’IA est entraînée avec des données limitées à une population américaine, elle sera inadaptée ailleurs, y compris pour des questions de genre ou d’origine », souligne Pries. Sans une numérisation pensée pour le soin, le risque est grand de reproduire les erreurs du passé — celles d’un numérique censé libérer du temps mais qui, mal intégré, a contribué à l’épuisement des soignants. Autre enjeu : la protection des données de santé. « Je vois une grande différence entre confier mes données à Google et les donner à un institut de recherche publique », nuance-t-il. L’enjeu, selon Axel Pries, est désormais clair : « l’IA doit rendre la médecine plus humaine, pas plus administrative »....

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Europe : l’OMS alerte sur la dépendance aux soignants formés à l’étranger

La majorité de ces soignants viennent désormais de pays situés hors d’Europe : 60 % des médecins et 72 % des infirmiers recrutés en 2023 ont été formés dans des États tiers. Cette tendance, portée par la recherche de meilleures conditions de vie et de travail, crée un déséquilibre : tandis que les pays d’Europe de l’Ouest attirent massivement ces professionnels, certains États de l’Est voient leurs effectifs s’effondrer. Dans des pays comme la Roumanie ou la République de Moldavie, les départs massifs aggravent la pénurie de soignants. À l’inverse, des pays comme l’Irlande comptent aujourd’hui plus de la moitié de leurs infirmiers et 43 % de leurs médecins formés à l’étranger. Avec une pénurie estimée à 950 000 professionnels de santé d’ici 2030, l’OMS appelle à de meilleures conditions dans les pays d’origine et plus d’autosuffisance dans les pays d’accueil, sous peine d’aggraver les inégalités de santé. ...

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Mois de sensibilisation à l’infertilité, dixième édition – Collectif Bamp

Alors qu’un couple sur quatre fait face à l’infertilité aujourd’hui, le Collectif Bamp lance un mouvement de mobilisation nationale, avec son Mois de sensibilisation à l’infertilité.  Conférences avec des experts médicaux et en sciences sociales, des tables rondes avec des personnes concernées, des webinaires informatifs, des capsules vidéo sur différents sujets, un festival de théâtre, des actions en entreprise ainsi que des initiatives festives et artistiques… Des évènements auront lieu partout en France du 2 au 30 novembre 2025, en ligne comme en présentiel. ...

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Paracétamol et grossesse : une vaste étude écarte tout lien causal avec l’autisme ou le TDAH

Une alerte controversée Le débat autour du paracétamol en période prénatale a été ravivé à la suite d’une alerte émise par la Food and Drug Administration (FDA) en septembre 2024, évoquant un risque neurologique potentiel chez l’enfant. Cette mise en garde a été relayée et amplifiée par le président américain Donald Trump qui a livré ses prescriptions de santé avec l’aplomb d’un médecin de famille : « N’en prenez pas ! N’en prenez pas ! » Inquiétude et confusion se sont emparées des patientes et de la communauté médicale, alors même que le paracétamol reste le seul antipyrétique en vente libre recommandé pendant la grossesse.  Une cohorte de 2,5 millions d’enfants suivis sur vingt ans L’étude dirigée par le Pr Brian Lee (université Drexel, Philadelphie) s’appuie sur les registres nationaux suédois couvrant la période 1995–2019. Les chercheurs ont examiné les données de plus de 2,5 millions de naissances et ont comparé le devenir neurodéveloppemental des enfants selon que leur mère avait ou non utilisé du paracétamol pendant la grossesse. Les analyses ont d’abord mis en évidence une association statistique apparente entre l’exposition prénatale et les diagnostics d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle. Des biais méthodologiques évités Le résultat initial montrait une association statistique entre exposition prénatale et troubles neurodéveloppementaux. Mais en utilisant une analyse intrafamiliale sur fratries, les chercheurs ont contrôlé les facteurs génétiques et environnementaux susceptibles de biaiser l’interprétation. Cette méthode, considérée comme l’une des plus robustes pour les études observationnelles, a fait disparaître toute association : les enfants exposés in utero au paracétamol ne présentaient aucun risque accru de trouble du neurodéveloppement comparés à leurs frères et sœurs non exposés. Prudence clinique usuelle, mais pas d’inquiétude fondée Interrogé par la rédactrice adjointe du JAMA, la Dr Linda Brubaker, le Pr Lee rappelle que les principes de prescription demeurent inchangés : « Comme pour tout médicament...

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Échographies « plaisir » : une pratique désormais illégale

Quand l’échographie devient une « expérience » Depuis quelques années, les échographies « plaisir », « souvenir » ou « affectives » s’étaient multipliées sur internet et dans certaines boutiques. Présentées comme des moments d’émotion, ces séances permettaient aux futurs parents de découvrir leur bébé en 3D ou 4D, parfois entourés de proches, hors du cadre médical.  Proposées comme de véritables prestations commerciales — avec formules, options et effets visuels ou sonores — elles promettaient une « expérience magique » et même de voir « grandir son bébé en temps réel ». Les images pouvaient être retouchées par intelligence artificielle et remises sur clé USB, pour un coût atteignant parfois 200 euros, intégralement à la charge des parents. Mais derrière cette offre séduisante, le monde médical alertait depuis longtemps sur les risques d’une telle dérive. Des alertes sur les risques pour le fœtus Dès 2004, l’Académie de médecine soulignait les dangers potentiels d’une exposition prolongée du fœtus aux ultrasons, recommandant de réserver ces examens à un usage strictement médical. L’année suivante, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) mettait en garde contre les échographies réalisées à des fins purement esthétiques : pour obtenir des images nettes, les praticiens prolongeaient les séances et concentraient les ultrasons sur des zones précises (profil, visage, organes génitaux), sans justification médicale. Bien qu’aucun effet nocif n’ait été démontré à ce jour, ces pratiques faisaient courir un risque inutile au fœtus, sans finalité diagnostique ni thérapeutique. Un encadrement juridique désormais clair Le rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) publié en 2012 marque un tournant. Il qualifie les échographies « plaisir » de prestations commerciales, étrangères à tout objectif médical, et appelle à un encadrement législatif. Ce cadre a été établi en 2017, avec le décret n° 2017-91, interdisant formellement l’utilisation d’échographes destinés à l’imagerie fœtale par toute personne n’exerçant pas la profession de médecin ou de sage-femme. Cette interdiction...

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Une sage-femme sanctionnée pour avoir délivré un certificat de virginité

Une démarche « par empathie », mais illégale En 2022, une sage-femme engagée auprès d’associations de défense des droits des femmes rédige un certificat de virginité destiné à permettre à une patiente de se marier. Elle ignore alors que la loi du 24 août 2021, inscrite à l’article L.1110-2-1 du Code de la santé publique, interdit formellement à tout professionnel de santé d’établir un tel document. La chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des sages-femmes la condamne à trois mois d’interdiction d’exercice, sans sursis. Estimant avoir agi sans mauvaise intention, la professionnelle conteste la décision devant la Chambre disciplinaire nationale, invoquant la méconnaissance d’un texte encore récent. « Nul n’est censé ignorer la loi » La juridiction nationale confirme néanmoins la sanction, ramenée à trois mois d’interdiction assortis d’un sursis. Elle rappelle qu’un professionnel de santé ne peut établir de certificat visant à attester la virginité d’une personne, en application de l’article L.1110-2-1 du Code de la santé publique, et ne saurait se prévaloir de son ignorance de la loi. Certes, le site de l’Ordre des sages-femmes ne mentionnait pas encore cette interdiction au moment des faits. Mais la publication de la loi avait fait l’objet d’une couverture médiatique suffisante pour que les professionnels concernés s’en informent. La Chambre souligne en outre que la sage-femme aurait dû, « en toutes hypothèses, garder une certaine distance à l’endroit d’une telle demande », et rappelle qu’un praticien ne peut établir un certificat de complaisance ni rédiger un rapport tendancieux, conformément à l’article R.4127-335 du Code de la santé publique. Une infraction aux conséquences multiples Cette affaire illustre la portée disciplinaire, mais aussi civile et pénale, de l’établissement d’un certificat de virginité. Outre les sanctions prononcées par l’Ordre, la délivrance d’un tel document expose à des poursuites judiciaires : L’infraction commise peut également déboucher sur des sanctions civiles, avec...

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